Blocage budgétaire aux Etats-Unis: un accord pourrait être trouvé mardi

Après des jours de blocage, un compromis budgétaire est à portée de main ont affirmé lundi des élus américains. Il pourrait être dévoilé ce mardi.
07 août 2015, 11:54
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
In this Oct. 14, 2013, photo, the U.S. Capitol is seen as a partial government shutdown enters its third week, in Washington. As talks between Republican and Democratic leaders lumber on in Washington, the American public sees an economic crisis looming if Congress is unable to raise the country?s debt ceiling. But the people seem just as conflicted on the issue as their elected representatives.  (AP Photo/J. Scott Applewhite)

Les élus américains ont affirmé lundi qu'un compromis budgétaire est à portée de main. Il pourrait être dévoilé mardi, à deux jours de la date fatidique du 17 octobre à partir de laquelle les Etats-Unis s'exposeront au risque d'un défaut de paiement.

Selon plusieurs médias américains, le compromis négocié inclurait une mesure permettant au Trésor de continuer à emprunter jusqu'au 7 février, et à l'Etat fédéral de rouvrir entièrement jusqu'au 15 janvier. En échange, les démocrates offriraient des concessions sur certains aspects de la loi de réforme du système de santé.

Propos optimistes

Après des jours de blocage, le chef de la majorité démocrate du Sénat, Harry Reid, et le dirigeant de la minorité républicaine, Mitch McConnell, ont multiplié les propos optimistes lundi. Ils ont évoqué une solution rapide à la double impasse sur le budget et le relèvement de la limite légale de la dette.

"Nous avons fait des progrès phénoménaux, nous n'y sommes pas encore mais les progrès sont phénoménaux", a déclaré Harry Reid en conclusion d'une nouvelle journée de négociations infructueuses. "Nous espérons que, peut-être, demain (mardi) sera un grand jour".

Résistances républicaines

Mardi matin, un plan élaboré par les deux hommes devrait être présenté au groupe des sénateurs républicains. Selon l'un d'eux, Bob Corker, rien ne devrait être dévoilé publiquement avant mardi en milieu de journée. "Le cadre d'un accord est fixé, mais il y a encore des détails qui doivent être précisés", a-t-il dit aux journalistes.

L'optimisme était partagé par la Maison-Blanche, selon un responsable sous couvert d'anonymat. Des questions demeurent sur d'éventuelles résistances républicaines au Sénat, mais surtout à la Chambre des représentants où un groupe d'élus du Tea Party s'est montré jusqu'à présent réticent à tout compromis.

Les deux Chambres, contrôlées par des partis différents, devront chacune adopter un texte identique pour qu'il entre en vigueur.

Réunion repoussée lundi

MM. Reid et McConnell ont repris le flambeau des discussions pendant le week-end, après l'échec des contacts entre la Maison-Blanche et le président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner.

Une réunion initialement prévue entre les chefs de file du Congrès et Barack Obama lundi après-midi a été repoussée sine die. Un report décidé "afin de permettre aux chefs de file du Sénat de continuer à effectuer des progrès importants vers une solution pour relever le plafond de la dette et rouvrir les administrations", selon la présidence.

"Conséquences dévastatrices"

Les républicains "peuvent résoudre ce problème dès aujourd'hui", a espéré lundi M. Obama. Il a demandé à ses adversaires de "laisser de côté leurs préoccupations partisanes", faute de quoi "nous courrons un vrai risque de faire défaut".

Un tel défaut "pourrait avoir des conséquences dévastatrices sur notre économie", a-il dit lors d'une visite dans les locaux d'une ONG de Washington.

Sort du dollar

Le Trésor a prévenu qu'il ne pourrait plus emprunter à partir de jeudi. Il risquait dès lors rapidement de ne plus pouvoir assurer tous ses paiements, à une date difficile à pronostiquer mais qui pourrait se situer entre les 22 et 31 octobre, selon le Bureau du budget du Congrès.

Le sort du dollar, monnaie de réserve mondiale, et celui des bons du Trésor, placements réputés les plus sûrs de la planète, pourraient être en jeu, déstabilisant l'économie mondiale.

Mais lundi les marchés ont semblé épouser l'optimisme des élus, Londres et Wall Street clôturant en hausse, et le dollar résistant face à l'euro.