Un plan stratégique pour sauver la race

03 août 2015, 08:50
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39

L'heure est à la remise en question pour la Fédération suisse d'élevage du cheval de la race des Franches-Montagnes (FSFM). Confrontés à une baisse constante des effectifs et à une consanguinité en hausse, les délégués œuvrant pour la seule race indigène suisse ont adopté hier le principe d'une «Stratégie FM 2020». Malgré les enjeux, l'ambiance est restée des plus calmes lors de ces assises annuelles qui ont réuni 118 délégués durant près de quatre heures à Riedholz, juste à côté de Soleure.

«Nous devons suivre des règles précises, bien définies», a défendu le président de la FSFM, Bernard Beuret. «Une stratégie qui nous permette de mener une action cohérente à moyen et long terme.» Face à une concurrence accrue au plan européen, l'objectif final est de s'assurer une clientèle «enthousiasmée» par un cheval franches-montagnes polyvalent, bien formé, sélectionné par des éleveurs motivés, a surenchéri Jürg Zumbrunnen, membre du comité, au moment de présenter ce programme en quatre axes.

Premier souci, la sélection des chevaux. Il s'agira de renforcer les qualités spécifiques des franches-montagnes en réfléchissant aux critères régissant les tests. Le bon caractère du cheval reste une orientation centrale. Mais des objectifs chiffrés ont cette fois été esquissés: augmenter le nombre de juments poulinières de 3400 actuellement à 3800 têtes d'ici à 2020, maintenir en tout cas 200 étalons reproducteurs, tout en assurant une diversité des lignées. «Nous devons éviter la consanguinité», a martelé Jürg Zumbrunnen, à l'heure où ce taux frôle les 7% au sein de la race (lire ci-dessous).

Deuxième axe de développement stratégique: adopter une politique de marketing et de commercialisation moderne et coordonnée. En intégrant le marché extérieur. L'objectif est de garder la part de marché actuelle, soit 25% de l'ensemble des équidés vendus en Suisse. Pour l'heure, les éleveurs le sont avant tout à titre de hobby, mais ils ne parviennent pas à gagner leur vie avec les chevaux. Il faut donc rentabiliser l'élevage. Le troisième axe de développement touche aux compétences des éleveurs et des organes de la fédération. Les filières de formation doivent être encore développées, pour faire des éleveurs «de bons vendeurs», selon Jürg Zumbrunnen.

Quatrième et dernier champ d'action, la FSFM elle-même doit viser une efficience optimale dans sa façon de gérer les affaires. Car même si le Haras national est pratiquement sauvé, les défis sont nombreux. Il faut tenir une ligne de conduite.

Les délégués sont restés d'un calme déconcertant durant cette présentation, qui n'a suscité que deux remarques, dont l'une plutôt vive: un éleveur d'outre-Sarine s'est dit étonné par la passivité ambiante: «Il s'agit de l'avenir de la race, je dois interrompre ce silence. C'est inadmissible! On parle de l'étranger, mais pourquoi on ne parle pas de notre jeunesse avant tout?» Et de relever l'importance d'insuffler la notion de plaisir aux futurs éleveurs. Bernard Beuret a assuré que toutes les remarques seront prises en compte jusqu'à fin mai et que de premières mesures concrètes seront proposées lors de l'assemblée 2012.

Au final, la stratégie a été adoptée sans opposition, mais avec un taux d'abstention non négligeable.

En l'attente de plus de concret.