Après la lourde défaite (0-3) subie dimanche dernier à la Maladière contre Saint-Gall, Pierre-André Schürmann a longuement réfléchi. Hier, lors du traditionnel point-presse d'avant-match, il a insisté sur le fait que ses joueurs d'expérience, ses cadres, devaient «prendre beaucoup plus de responsabilités». «Par intermittence, il y a des moments où l'équipe n'est pas bien organisée», a ajouté le coach. «Certains doivent prendre sur eux et garder une organisation qui tienne. Et ça, ça demande du caractère!»
Neuchâtel Xamax a certes un groupe qui vit bien, on l'a dit et répété. Mais ça ne suffit pas. Comment la situation des pensionnaires de la Maladière est-elle vue de l'extérieur? «Déjà, étant donné que je travaille surtout dans l'observation de matches de juniors, je dois reconnaître que je n'ai pas vu jouer Xamax cette saison», tient à préciser Yves Débonnaire, en charge de l'équipe de Suisse des M16. «Sur un plan plus général, c'est évident que quand une équipe peine à gagner, c'est qu'il y a un manque, que quelque chose ne fonctionne pas. Une mauvaise série est difficile pour les joueurs, l'entraîneur, tout le monde. C'est valable à Xamax, à l'Atletico Madrid, partout.»
«Pour ma part, j'ai pas mal suivi Xamax, mais surtout à la télévision», explique Michel Pont, l'adjoint d'Ottmar Hitzfeld. «Mais franchement, je n'ai pas trop l'impression que l'équipe peine à poser son jeu. L'équipe avait réalisé un supermatch à Zurich et a juste besoin du petit brin de chance nécessaire pour se remettre dans le bon sens. Même si Xamax n'a pas gagné depuis dix rencontres, il ne les a pas toutes perdues non plus, Avec davantage de réussite, il pourrait très bien avoir la moitié de ses victoires en plus!»
A les entendre, on peut même faire une distinction entre leader spirituel et un leader sur le plan du jeu. «Aujourd'hui, certaines équipes jouent sans véritable meneur de jeu», précise Yves Débonnaire. «A Manchester United, dites-moi qui est le meneur? La question n'est pas de dire qu'il faut un meneur. Il faut des leaders sur le terrain, pour transmettre le message de l'entraîneur. C'est ça le football, pas un poste précis.»
«Un leader, ce n'est pas celui qui parle le plus, c'est celui qui parle juste, au bon moment, qui montre l'exemple par son comportement, son investissement», lâche Michel Pont. «Et il n'y a pas qu'une personne qui puisse faire tourner la maniclette!»
Alors, comment peut-on expliquer les «trous d'air» que subissent certaines équipes? «C'est difficile», avoue Yves Débonnaire. «En France, le PSG a connu un superdébut de saison, puis quelque chose s'est cassé et on ne sait pas pourquoi. Dans ces cas-là, vous pouvez amener un sorcier ou un marabout, ça ne changera rien! Il faut vivre à l'intérieur du groupe pour comprendre. Si on prend également l'exemple de Nantes, qui était premier en Ligue 2 après sept ou huit journées avant de connaître une descente aux enfers (réd: le club dirigé par Waldemar Kita, ancien président de Lausanne, était quinzième avant les rencontres d'hier soir), on se rend compte que le football ne s'explique pas toujours! Il faut juste travailler et chercher le déclic.»
La recette semble «simple» pour les «rouge et noir». Et les indices incitent à l'optimisme. «Par rapport à Xamax, je ne m'alarmerais pas trop», tempère Michel Pont. «Il n'y a pas de quoi en faire un trop gros fromage. L'équipe a perdu des joueurs et doit trouver une nouvelle complémentarité. Le club a un président solide, un entraîneur solide, une base solide. Et puis, on ne s'est pas posé toutes ces questions quand Xamax jouait très bien... En plus, Ferro est le même gardien, Besle est un meneur, Nuzzolo m'a très favorablement impressionné contre Zurich et Wüthrich retrouve de l'entrain. Je me fais plus de souci pour Binya, qui est une pièce importante dans l'échiquier neuchâtelois et qui est rentré fatigué de la Coupe d'Afrique des nations, en Angola.»
«Actuellement, Xamax se trouve parmi les équipes qui souffrent, mais peut-être que d'ici peu, les Neuchâtelois vont enchaîner huit victoires de suite», conclut Yves Débonnaire. «Pour tout ce que représente Xamax dans le football suisse, on ne peut que le souhaiter!» /FTR










































