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06.03.10 | 04:15 | L'Express/L'Impartial

FOOTBALL

Question de caractère

ENGAGEMENT
ENGAGEMENT Thierno Bah (ici à la lutte avec le Genevois de Young Boys, Xavier Hochstrasser) montre l'exemple: Pierre-André Schürmann veut que ses joueurs redeviennent les patrons de la Maladière. (ARCHIVES ERIC LAFARGUE)
Demain, à 16h, Neuchâtel Xamax reçoit Young Boys. Les «rouge et noir» veulent gagner pour avancer et que l'on ne leur parle plus de leurs dix matches sans victoire. Mais surtout, Pierre-André Schürmann veut du caractère, de l'envie. Mais qu'est-ce qu'un leader? L'avis éclairé d'Yves Débonnaire et Michel Pont.

Après la lourde défaite (0-3) subie dimanche dernier à la Maladière contre Saint-Gall, Pierre-André Schürmann a longuement réfléchi. Hier, lors du traditionnel point-presse d'avant-match, il a insisté sur le fait que ses joueurs d'expérience, ses cadres, devaient «prendre beaucoup plus de responsabilités». «Par intermittence, il y a des moments où l'équipe n'est pas bien organisée», a ajouté le coach. «Certains doivent prendre sur eux et garder une organisation qui tienne. Et ça, ça demande du caractère!»

Neuchâtel Xamax a certes un groupe qui vit bien, on l'a dit et répété. Mais ça ne suffit pas. Comment la situation des pensionnaires de la Maladière est-elle vue de l'extérieur? «Déjà, étant donné que je travaille surtout dans l'observation de matches de juniors, je dois reconnaître que je n'ai pas vu jouer Xamax cette saison», tient à préciser Yves Débonnaire, en charge de l'équipe de Suisse des M16. «Sur un plan plus général, c'est évident que quand une équipe peine à gagner, c'est qu'il y a un manque, que quelque chose ne fonctionne pas. Une mauvaise série est difficile pour les joueurs, l'entraîneur, tout le monde. C'est valable à Xamax, à l'Atletico Madrid, partout.»

«Pour ma part, j'ai pas mal suivi Xamax, mais surtout à la télévision», explique Michel Pont, l'adjoint d'Ottmar Hitzfeld. «Mais franchement, je n'ai pas trop l'impression que l'équipe peine à poser son jeu. L'équipe avait réalisé un supermatch à Zurich et a juste besoin du petit brin de chance nécessaire pour se remettre dans le bon sens. Même si Xamax n'a pas gagné depuis dix rencontres, il ne les a pas toutes perdues non plus, Avec davantage de réussite, il pourrait très bien avoir la moitié de ses victoires en plus!»

A les entendre, on peut même faire une distinction entre leader spirituel et un leader sur le plan du jeu. «Aujourd'hui, certaines équipes jouent sans véritable meneur de jeu», précise Yves Débonnaire. «A Manchester United, dites-moi qui est le meneur? La question n'est pas de dire qu'il faut un meneur. Il faut des leaders sur le terrain, pour transmettre le message de l'entraîneur. C'est ça le football, pas un poste précis.»

«Un leader, ce n'est pas celui qui parle le plus, c'est celui qui parle juste, au bon moment, qui montre l'exemple par son comportement, son investissement», lâche Michel Pont. «Et il n'y a pas qu'une personne qui puisse faire tourner la maniclette!»

Alors, comment peut-on expliquer les «trous d'air» que subissent certaines équipes? «C'est difficile», avoue Yves Débonnaire. «En France, le PSG a connu un superdébut de saison, puis quelque chose s'est cassé et on ne sait pas pourquoi. Dans ces cas-là, vous pouvez amener un sorcier ou un marabout, ça ne changera rien! Il faut vivre à l'intérieur du groupe pour comprendre. Si on prend également l'exemple de Nantes, qui était premier en Ligue 2 après sept ou huit journées avant de connaître une descente aux enfers (réd: le club dirigé par Waldemar Kita, ancien président de Lausanne, était quinzième avant les rencontres d'hier soir), on se rend compte que le football ne s'explique pas toujours! Il faut juste travailler et chercher le déclic.»

La recette semble «simple» pour les «rouge et noir». Et les indices incitent à l'optimisme. «Par rapport à Xamax, je ne m'alarmerais pas trop», tempère Michel Pont. «Il n'y a pas de quoi en faire un trop gros fromage. L'équipe a perdu des joueurs et doit trouver une nouvelle complémentarité. Le club a un président solide, un entraîneur solide, une base solide. Et puis, on ne s'est pas posé toutes ces questions quand Xamax jouait très bien... En plus, Ferro est le même gardien, Besle est un meneur, Nuzzolo m'a très favorablement impressionné contre Zurich et Wüthrich retrouve de l'entrain. Je me fais plus de souci pour Binya, qui est une pièce importante dans l'échiquier neuchâtelois et qui est rentré fatigué de la Coupe d'Afrique des nations, en Angola.»

«Actuellement, Xamax se trouve parmi les équipes qui souffrent, mais peut-être que d'ici peu, les Neuchâtelois vont enchaîner huit victoires de suite», conclut Yves Débonnaire. «Pour tout ce que représente Xamax dans le football suisse, on ne peut que le souhaiter!» /FTR

FRANÇOIS TREUTHARDT

 

Dernière mise à jour : 06.03.10 | 08:15

 

Les fans se secouent

Comme nous l'avions déjà annoncé, les clubs de supporters xamaxiens - les Fanati'X 03, les Tigers 95 et Vision 3D - encourageront les leurs dès l'échauffement, vers 15 heures. «Certes, dimanche passé, notre équipe a présenté un spectacle peu reluisant, mais celui des supporters ne fut pas flamboyant non plus», expliquent-ils dans un communiqué.

Ils en appellent à l'orgueil des fans des «rouge et noir» - d'autant que les supporters bernois risquent d'être présents en nombre - et entendent remplir à ras bord leur secteur, le D4, situé derrière les buts côté Saint-Blaise.

«Ils ont vraiment envie d'unir leurs efforts pour secouer l'équipe en vue du match de Young Boys», sourit Philippe Salvi.

«Leurs encouragements sont vraiment très importants pour nous», ajoute Pierre-André Schürmann. «Les joueurs les méritent et ont besoin de leurs supporters!» /ftr

De l'aboyeur au social

Si, pour Michel Pont, il n'y a véritablement que deux genres de meneurs, «de personnalité» et «de ballon», Yves Débonnaire, lui, rentre davantage dans les détails. D'abord, un leader peut avoir plusieurs facettes.

«Il y a l'«aboyeur», comme Didier Deschamps, le leader physique, celui qui gagne les duels, comme Carles Puyol à Barcelone», lance l'entraîneur des M16 suisses. «Il y a ensuite le leader naturel, qui impose quelque chose, qui est respecté par tout le monde, un Zidane, Blanc ou Patrick Müller (réd: on peut également citer Tariq Chihab parmi les anciens Xamaxiens). Puis le leader technique, qui met de la folie, comme Messi. Il y a enfin le leader social, celui qui fait rire, qui met de la vie, un rôle que tenait Vincent Candela (réd: celui qui a sorti des tiroirs la fameuse chanson «I will survive») dans l'équipe de France championne du monde en 1998.» /ftr

Le match

tac-tic avec Pierre-André Schürmann

Neuchâtel Xamax - Young Boys

Le souhait du coach «J'attends une réaction de mes joueurs par rapport au match contre Saint-Gall, c'est clair.» Pierre-André Schürmann n'y va pas par quatre chemins et n'a toujours pas digéré le 0-3 de dimanche dernier. «On peut mener 2-0, mais, sur deux erreurs bêtes, on a perdu la maîtrise du match.»

Réaction D'après leur coach, les Xamaxiens ont réagi depuis dimanche dernier. «Cette semaine, l'équipe a bien travaillé. Les joueurs ont fait le maximum, maintenant, il faut le faire aussi en match! Et face à Young Boys, nous voulons gagner. Pour y parvenir, nous ne pouvons pas nous permettre d'être à 98 pour cent. Et on doit gérer certains moments décisifs de manière beaucoup plus conséquente. Nous avons une chance énorme d'oublier notre prestation mitigée de Saint-Gall.»

L'effectif Gilles Binya (cheville) et Frédéric Page - «il a été victime d'un virus qui a mis longtemps à se résoudre» - sont incertains, tandis qu'Ibrahima Niasse poursuit sa rééducation. Côté bernois, Degen est annoncé malade, Marco Schneuwly et Traoré blessés et Mardassi suspendu.

Et Gohou? Paolo Urfer l'a répété lors du point-presse d'hier, la qualification de l'Ivoirien devrait bientôt intervenir. «On attend, il y a des délais à respecter!» Et à l'entraînement, comment cela se passe-t-il? «Cela ne fait qu'une semaine qu'il est là, il lui faut encore s'intégrer», précise Pierre-André Schürmann. «Une chose est sûre, Gérard va nous apporter le poids et la puissance qui nous manquaient.»

La phrase du jour Elle est signée Pierre-André Schürmann et fait référence à une campagne de publicité impliquant plusieurs joueurs xamaxiens - dont Luca Ferro, Laurent Walthert, Frédéric Page et Stéphane Besle - au centre commercial de la Maladière. «J'aimerais que mes joueurs ne montrent pas seulement leur visage sur les affiches, mais aussi sur le terrain!» /ftr

Le point

Super League

Aujourd'hui

17h45 Bâle - Grasshopper

Sion - Bellinzone


Demain

16h Neuchâtel Xamax - Young Boys

Saint-Gall - Aaarau

Zurich -Lucerne


1. Young Boys 22 16 2 4 48-27 50

2. Bâle 22 14 4 4 52-29 46

3. Lucerne 22 11 5 6 42-32 38

4. Saint-Gall 21 8 5 8 31-28 29

5. Sion 21 7 7 7 31-33 28

6. NE Xamax 22 7 7 8 36-32 28

7. Grasshopper 19 8 2 9 33-28 26

8. Zurich 21 6 7 8 33-32 25

9. Bellinzone 21 4 3 14 29-61 15

10. Aarau 21 2 4 15 19-52 10


Challenge League

Aujourd'hui

17h Yverdon - Gossau

17h30 Wohlen - Locarno

19h30 Servette - Schaffhouse


Demain

14h30 Lugano - Stade Nyonnais

Vaduz - Le Mont

15h Bienne - Wil

16h Lausanne - Kriens


Lundi

20h10 Thoune - Winterthour


1. Lugano 17 11 5 1 40-11 38

2. Thoune 17 10 3 4 38-19 33

3. Vaduz 17 8 5 4 31-23 29

4. Winterthour 17 7 6 4 37-30 27

5. Yverdon 18 7 6 5 32-22 27

6. Lausanne 17 6 7 4 21-19 25

7. Schaffhouse 17 6 6 5 26-29 24

8. Bienne 16 6 5 5 36-23 23

9. Locarno 17 5 7 5 29-31 22

10. Wil 17 5 6 6 24-23 21

11. Kriens 17 4 8 5 27-26 20

12. Servette 17 3 9 5 24-28 18

13. Wohlen 17 5 3 9 28-37 18

14. Le Mont 17 5 2 10 20-35 17

15. Stade Nyonnais 17 4 4 9 16-37 16

16. Gossau 17 1 4 12 12-48 7