Swatch Group peut se targuer d'avoir limité les dégâts en 2009, mais aussi de commencer 2010 en fanfare. Le numéro un mondial de l'horlogerie a connu une belle croissance en janvier-février et s'attend à un exercice record.
Les ventes sont en hausse d'environ 40% en comparaison avec les deux premiers mois de l'an passé, marqués par la crise économique. Mais elles surpassent même celles de janvier-février 2008, a souligné le directeur général du groupe, Nick Hayek, aujourd'hui devant la presse à Bienne.
La croissance de ce début d'année affiche «un fort pourcentage à un chiffre» par rapport à janvier-février 2008, ce qui correspond à une progression d'entre 5 et 10%. Le mois de mars se déroule aussi de façon prometteuse.
Ce dynamisme vient de tous les segments et toutes les régions, pas seulement de l'Asie, observe Nick Hayek. En Europe, les marchés britannique, scandinave, français et italien se portent bien. Le Canada et le Mexique évoluent aussi positivement.
En revanche, l'évolution est moins rose aux Etats-Unis, au Japon et en Espagne. Cependant, la marque Swatch elle-même a bien marché partout dans le monde l'an passé - y compris aux Etats-Unis - et continue sur cette voie en 2010.
Effectifs maintenus
L'année s'annonce également fructueuse au niveau de la rentabilité. Le groupe compte dégager une marge opérationnelle d'au moins 20%, un niveau déjà atteint au deuxième semestre 2009.
Swatch Group n'a pas voulu procéder à un plan de licenciements. Cette stratégie a pesé sur sa rentabilité pendant la mauvaise conjoncture, mais lui permet de conserver le volume de personnel et le savoir-faire nécessaires pour aborder la reprise. Le groupe comptait 23'562 employés fin 2009 contre 24'270 fin 2008.
A noter qu'après Universo, Meco a à son tour cessé le chômage partiel, en février, a précisé Béatrice Howald, porte-parole de Swatch Group. Comadur fait encore l'objet de réductions d'horaires, mais en ce qui concerne l'horlogerie uniquement, seule Valdar (qui fournit des entreprises externes au groupe) utilise encore de telles mesures.
Quant à l'arrêt des livraisons de composants horlogers hors du groupe, les discussions sont en cours avec la Commission de la concurrence, mais ce ne sera pas encore pour cette année, selon Nick Hayek.
Achats possibles
Au final, Swatch Group dispose toujours d'une base financière solide. Et le groupe, en général discret sur ses perspectives d'acquisitions, ne cache pas une certaine gourmandise, fort de son matelas de liquidités bien fourni.
A fin décembre, les liquidités se montaient à 1,098 milliard de francs, soit 418 millions de plus qu'à fin décembre 2008. «Nous avons les moyens, alors s'il y a quelque chose d'intéressant à acquérir, pourquoi pas !», dit Nick Hayek.
Pour l'heure, il n'y a encore rien de concret en négociation. Certaines marques intéressantes sont en difficulté mais ne semblent pas être à vendre pour l'instant. «Pourtant, au vu de notre force, une telle opération pourrait être bénéfique pour chacun», estime Nick Hayek.
Comme déjà annoncé, le groupe a dégagé en 2009 un bénéfice net de 763 millions de francs, en baisse de 8,9% sur un an. Le chiffre d'affaires a diminué de 8,1% à 5,421 milliards.
Ce reflux reste bien moindre que celui des exportations de la branche (-22,3%). De plus, l'impact négatif des changes monétaires a coûté 105 millions, a précisé le chef des finances Thierry Kenel. Sans ce facteur, la baisse n'est plus que de 6,3%. /ats



























