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16.06.2012, 15:24 - Montagnes neuchâteloises
Actualisé le 18.06.12, 15:28

Opposés à l'implantation de Cartier

L'usine n'apportera que des nuisances, préviennent les référendaires.

"Sur le projet Cartier, il y a beaucoup de choses que les gens ignorent encore..." Forts de 276 signatures, les opposants au projet Cartier étaient quelque peu dépités à l'issue de la séance d'information à la population du 15 mai dernier. "On a eu l'impression de ne pas être pris au sérieux, on n'a même pas pu obtenir des réponses à toutes nos questions. Et pourtant, beaucoup se posent encore".

Mais foin de clichés tout d'abord: "Cette opposition au projet Cartier, ce n'est pas le combat de propriétaires intéressés par l'avenir de leurs parcelles, ni un frein à l'industrie, ni du racisme envers les Français" , prévient Evelyne Duperthuis, "locataire et binationale! Non, ce que l'on fait, c'est uniquement pour le village, son avenir, nos jeunes..."

Sous ses fenêtres, de bucoliques jardins descendent en terrasses vers le Clos-Ferré. Le lieu, jusqu'ici classé en zone à moyenne densité, a une valeur historique du fait de son point de vue sur la vallée du Doubs ainsi que sur le vieux village et son clocher. La parcelle, d'environ 16 000 m2 appartient à deux propriétaires. Sa vente ne profitera qu'à moitié à la commune. "Peu de gens savent que l'autre partie appartient... à l'architecte du projet, Stéphane Horni, domicilié à La Chaux-de-Fonds".

 

Propriétés privées englobées dans la zone industrielle

Sur ses 16 000 m2, la future manufacture Cartier s'étalerait sur 14 500 m2. Et elle peut bien afficher des normes Minergie et une toiture végétalisée, "une usine de cette taille n'a pas sa place au milieu des maisons. Imaginerait-on qu'à Neuchâtel, on rase le Jardin anglais pour y construire une usine de 15 000 m2!" , illustre Anne-Marie Mora, également référendaire. "Des zones industrielles existent sur le territoire cantonal... Pourquoi ne pas les utiliser, au lieu de passer en zone industrielle le Clos-Ferré, qui aurait dû, pour rappel, devenir zone de verdure, en tant que compensation écologique lors de la création du camping!" , s'étonnent les villageois.

Autre information que peu ont vu passer: "Les modifications exigées par Cartier dépassent excessivement tout ce qui est autorisé aux villageois..." En vrac: la longueur des bâtiments a été portée de 100 à 180 mètres, la hauteur n'est plus limitée à 10 mètres, mais à 12,5 mètres, la distance avec la forêt est réduite de 30 à 20 mètres, voir même à 15 mètres par un amendement au Conseil général... "Si on fait des lois, qu'on les respecte au moins! Là, on a l'impression que Cartier a dit ''Voilà ce que nous voulons!'' et que la commune a fabriqué en un rien de temps un règlement sur mesure pour Cartier!"

 

Ni plus d'emplois, ni moins d'impôts pour les habitants

 

Ce qui fâche également dans le dossier Cartier, c'est le manque de transparence et d'élégance. Les riverains n'ont été prévenus qu'en mars dernier, date à laquelle les forages pour la géothermie commençaient. Rappelons encore que le dézonage du Clos-Ferré a englobé des propriétés familiales et privées! Et ceci, à la grande surprise de la plupart des propriétaires, qui ont dû, pour une demi-dizaine d'entre eux, mandater des avocats pour défendre leurs droits.

"Et pourquoi Cartier ne construirait pas au Crêt-du-Locle? Ou dans une autre commune qui nous envie ce projet, puisqu'il paraît qu'ailleurs, on lui offre carrément le terrain?" , se demandent les opposants.

Lors du Conseil général du 23 avril dernier, les représentants de la marque à la panthère avaient expliqué leur choix en saluant "l'harmonie de ce site magnifique, orienté, avec vue sur le lac" . Doutant, pour leur part, du maintien de cette harmonie après la construction de l'usine, les opposants au projet ont aussi retenu la volonté de Cartier de se rapprocher de la frontière avec la France, où résident deux tiers de ses employés. Ils seront entre 350 et 450 à travailler sur le site.

"Quelles solutions sont prévues pour le trafic et le parcage?" , s'interrogent les opposants, fort sceptiques devant les belles promesses de covoiturage "sachant par expérience que cela ne marche pas!" L'entreprise a prévu de créer 150 places sur son site, et d'en réserver 100 autres sur le parking des Pargots. Sachant que 50 sont déjà réservées à une autre entreprise brenassière, il n'en resterait plus que 30 pour les touristes...

"Ce qui est à craindre, si l'Etat ne fait pas respecter ses propres lois d'aménagement, c'est que l'on crée un précédent. Dès lors, on pourra construire des usines n'importe où, aux Brenets ou ailleurs!", préviennent les référendaires, qui ne voient guère d'avantage à l'arrivée de Cartier dans leur village.

"On nous appâte avec des histoires fiscales, c'est ridicule! Pour rappel, les Brenassiers n'ont pas vu leurs impôts augmenter suite au départ de Comadur... Ils ne les ont pas vus non plus baisser à l'arrivée de HGT et de Baume et Mercier... De toute façon, la commune des Brenets est déjà certaine d'être donneuse à la péréquation. Le surplus des recettes fiscales n'ira donc pas aux Brenassiers, pas plus que les emplois créés par Cartier. Tout ce qu'il y a à gagner, ce sont des dommages et des nuisances. Alors ,c'est peut-être un beau projet pour Cartier et le Canton, mais pas pour les Brenets" .

 

COMMENTAIRE SYLVIE BALMER

 

sbalmer@limpartial.ch

 

La qualité de vie c'est pas du luxe

 

On le traverse sans s'en rendre compte, mais le village des Brenets, c'est une rareté, un exemple. Avec ses 1100 habitants pour 960 places de travail, le petit village est sans conteste un modèle d'intégration industrielle réussi. Jusqu'ici.

Il y a peu, la panthère Cartier est arrivée avec ses gros sabots incrustés de diamants... tel un éléphant dans un magasin de porcelaine. Un projet de manufacture de 14 500 m2 dans la zone historique, devenue industrielle d'un aisé coup de gomme, cela a fait tousser certains villageois. Poliment, ils ont levé le doigt. Timidement presque, comme de coutume face à ces gens bien mis, qui englobent la maison familiale dans la zone industrielle sans même un courrier au propriétaire. Peine perdue. Devant la rhétorique de M. Grosbonnet, appelé en renfort et dépêché dare-dare du Château pour l'occasion, la sauvegarde du paysage est devenue une affaire de has been. "Ailleurs, on déroule le tapis rouge aux entreprises...", a-t-on rappelé aux villageois. "On s'est sentis ridicules, mesquins. Jusqu'ici, le Clos voyait les gamins défiler en bob. On n'a même pas osé le rappeler", ont tristement avoué les villageois après la séance d'information, gênés encore... Dommage. La qualité de vie, c'est pas du luxe.

Par SYLVIE BALMER



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