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10.08.2012, 07:29 - Montagnes neuchâteloises
Actualisé le 10.08.12, 07:30

Déménagement aérien des horlogers

Cette semaine, c'est une grue de 70 tonnes qui a passé de l'Ecole technique à l'ancienne école d'ingénieurs le matériel des horlogers qui déménagent. RICHARD LEUENBERGER
Cette semaine, c'est une grue de 70 tonnes qui a passé de l'Ecole technique à l'ancienne école d'ingénieurs le matériel des horlogers qui déménagent. RICHARD LEUENBERGER
Cette semaine, c'est une grue de 70 tonnes qui a passé de l'Ecole technique à l'ancienne école d'ingénieurs le matériel des horlogers qui déménagent. RICHARD LEUENBERGER

Grosses manoeuvres à l'Ecole technique pour accueillir des filières montées du Bas.

"Nous avons dû sacrifier un bout de nos vacances, mais tout se passe bien. " Sur le parvis de l'Ecole technique (ET) du Cifom (Centre interrégional de formation des Montagnes neuchâteloises) au Locle, son directeur Paul-André Hartmann a le sourire. Sur les chapeaux de roue mais dans les temps, le déménagement des horlogers en face dans l'ancienne Haute Ecole Arc - pour faire de la place aux élèves du CPLN (Centre professionnel du Littoral neuchâtelois) qui monteront au Locle - sera terminé pour la rentrée du 20 août. Notamment grâce au déplacement du mobilier par les airs.

Entre le bâtiment de l'ET et la nouvelle annexe, il n'y a en effet qu'une cinquantaine de mètres. "Le déménagement de fenêtre à fenêtre par grue était la solution la plus intelligente ", dit le directeur. La semaine dernière, c'est une énorme grue de 220 tonnes à bras télescopique qui trônait sur le parking de l'ex-école d'ingénieurs. Elle a été remplacée cette semaine par une plus petite, de 70 tonnes.

Des problèmes? Pas vraiment. Sauf le premier jour, lorsqu'on s'est rendu compte que le transpalette, trop long de 2 centimètres, ne passait pas dans le monte-charge. Mais mobiliers, fournitures et établis ont ensuite traversé vers l'autre rive sans difficultés majeures.

Ce déménagement tout de même assez lourd découle de la volonté politique de transférer une partie des filières techniques du CPLN au Locle, après le départ à Neuchâtel de l'ingénierie de la HE-Arc. L'Ecole technique attend ainsi à la rentrée l'arrivée de 150 élèves (et 14 professeurs) dessinateurs-constructeurs industriels et techniciens en automation et électronique qui viendront gonfler l'effectif de l'école locloise, qui grimpe à 1400 élèves.

 

Bien accueillir ceux du Bas

 

Mais pourquoi sont-ce les horlogers qui doivent quitter le navire amiral? "On sait les fusions difficiles (lire ci-contre) . L'idée est de faire en sorte que ces élèves venus du Bas se sentent accueillis et se fondent dans l'école pour retrouver notre dynamique", explique Paul-André Hartmann.

Mais il y a une autre raison au départ des horlogers. Les praticiens, rhabilleurs et techniciens en restauration et complications rejoignent laboratoires et institut liés à l'horlogerie de la HE-Arc. "Le but est de constituer un pôle qui valorisera les synergies entre les acteurs de la branche" , met en perspective le directeur de l'ET.

Au départ, ces labos et l'institut devaient intégrer le second bâtiment de Neode au Crêt-du-Locle, dont la construction a été différée faute de moyens cantonaux. Les horlogers de l'ET n'occuperont donc qu'une moitié de l'ancienne "école d'ing'". Tous les horlogers? "Malheureusement non. Faute de place, Il restera dans le bâtiment principal un atelier de micromécanique pour horlogers et les futurs techniciens en microtechnique avec spécialisation en conception horlogère", répond Paul-André Hartmann.

 

L'aile reste désaffectée

 

Même s'il date des années 1980, le nouveau bâtiment des horlogers a eu besoin, notamment pour répondre aux normes anti-feu, d'un réaménagement intérieur important mené tambour battant en moins d'un an (crédit cantonal global de 4,2 millions dont 3,9 au Locle). En gros, on a remplacé toutes les cloisons et portes en bois et recâblé l'électricité et l'informatique. A noter que l'aile Est de l'ancienne école d'ingénieurs, en plus mauvais état, restera désaffectée en attendant des jours meilleurs.

Comme dans tout déménagement qui se respecte, il reste pas mal à faire. Au départ, il y a dix jours, manquait la signalétique pour savoir où allait quoi, rapidement griffonnée sur des feuilles scotchées. Aujourd'hui, le directeur se retrouve avec une valise de clés à programmer dont une série n'est pas de la couleur commandée... Est-ce un problème? On ne sait pas encore. Reste une semaine.

 

Après le film sur les Ch'tis du Haut

 

"On a été transférés dans le Haut." "Ne me dis pas que tu vas travailler à La Chaux-de-Fonds?" "Non, au Locle.. ."

En février 2010, le transfert de classes du CPLN au Locle avait fait l'objet d'un pastiche de "Bienvenue chez les Ch'tis", avec Denis de la Reussille et Philippe Gnaegi à l'affiche. Et même d'une montée au château. Le soufflé semble être retombé.

C 'est en tout cas l'avis de Paul-André Hartmann qui n'hésite pas à qualifier le climat de collaboration avec les enseignants qui montent de "hors du commun, presque idyllique" .

Le directeur de l'ET ne cache pas cependant que certains élèves, ou enseignants, seront embêtés et en auront pour largement plus d'une heure de transport, selon d'où ils viennent. Mais c'est déjà le cas pour certains horlogers résidant dans le bas du canton.

Dans certains secteurs comme l'automation et l'informatique, l'ET ne compte pratiquement aucun élève du bas du canton, puisqu'il y a des formations équivalentes sur le Littoral. En revanche, parmi les futurs techniciens en restauration et complications, certains viennent de la vallée de Joux ou de Porrentruy.

Par ROBERT NUSSBAUM



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