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23.05.2012, 07:01 - Transrun
Actualisé le 23.05.12, 10:29

Le Grand Conseil parie sur le RER-Transrun

Les Neuchâtelois voteront sur le projet ferroviaire RER-Transrun le 23 septembre. le Grand Conseil, tard hier soir, a dit oui à une très large majorité (90 oui contre 15 non).

"Acceptez-vous les modifications de la Constitution cantonale relatives à la création d'un RER et à l'équilibre budgétaire?"

C'est à cette question que devront répondre les Neuchâtelois le 23 septembre en votation populaire. Car le Grand Conseil, tard hier soir, a dit oui à une très large majorité (90 oui contre 15 non) au projet de RER-Transrun. Les groupes socialiste et popvertssol avaient annoncé qu'ils l'accepteraient à la quasi-unanimité, comme allait dire oui une majorité de députés PLR. A l'inverse, le groupe UDC, à quelques exceptions près, a fait savoir qu'il refuserait le projet.

La double modification de la Constitution neuchâteloise qui sera soumise aux citoyens illustre bien les discussions qui se sont tenues d'abord dans les commissions parlementaires, puis hier au Grand Conseil: globalement, tout le monde est favorable à la création d'un réseau express régional, qui serait le 13e de Suisse, et dont les vertus économiques, environnementales ou sociales sont incontestées. Preuve en est le développement que connaissent les régions qui se sont dotées d'un tel réseau ferroviaire. Globalement toujours, la qualité du projet neuchâtelois - avec en tête le Transrun - n'est pas contestée, au contraire. Porte-parole de leur groupe, Laurent Debrot (popvertssol/Fontainemelon), Mario Castioni (PS/Neuchâtel) et Pascal Sandoz (PLR /Neuchâtel), appuyé par le conseiller d'Etat Claude Nicati, en charge du dossier, ont dressé la liste de la multitude des bienfaits attendus. Et pas seulement pour les villes de Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds.

 

Finançable ou pas?

 

Mieux encore aux yeux de la majorité des députés: "Au-delà de l'extraordinaire amélioration des transports publics, les autorités cantonales, en disant oui à ce projet, démontrent qu'elles ont foi en l'avenir" , a lancé Mario Castioni. "Ne prenons pas le risque de faire exploser notre canton" , a déclaré Pascal Sandoz en faisant allusion au clivage Haut-Bas. Enfin, selon Laurent Debrot, "dire non, c'est ouvrir la voie à un grand bricolage qui coûtera des centaines de millions au canton" .

La principale divergence portait sur la capacité du canton, et avec lui des communes, de financer cet investissement (570 millions de francs entre eux deux). La droite estimait que non si l'Etat de Neuchâtel ne continue pas de réduire ses dépenses, et cela drastiquement. D'où la solution trouvée approuvée au sein de la commission de gestion et des finances: il n'y a pas que la réalisation du Transrun qui sera inscrite dans la Constitution, mais aussi l'obligation pour le canton d'atteindre l'équilibre budgétaire d'ici 2023 au plus tard. D'autres mesures, dont certaines agendées à fin 2013, accompagnent l'"obligation légale" d'atteindre l'équilibre budgétaire.

La solution trouvée en commission, pourtant acceptée par les deux membres UDC, ne constitue pas une garantie suffisante aux yeux de ce parti : "A un moment, nous devons savoir dire non!" , a lancé Raymond Clottu (La Brévine). "Notre groupe considère qu'il y a de fortes chances pour qu'on ne puisse pas financer ce projet. Et l'UDC ne veut pas assumer cela vis-à-vis de la population." Et de donner l'image suivante: "Notre canton se trouve dans la situation de la famille qui dispose d'une Suzuki 4/4 et qui, hélas, n'a pas les moyens de s'acheter une Porsche Cayenne."

"Comment faire plus qu'une obligation constitutionnelle pour l'équilibre budgétaire?" , lui a répondu Claude Nicati.

Juste avant le vote, le débat s'est conclu par un vibrant - et émouvant - plaidoyer de Jean Studer en faveur du RER, salué par une salve d'applaudissements.

 

DEBATS DANS LES DISTRICTS

 

Le 23 septembre, le peuple votera sur le RER. Pour que les citoyens fassent leur choix en connaissance de cause, le Conseil d'Etat organise des débats dans chaque district. L'occasion d'aborder notamment une question qui, selon le Gouvernement, mérite d'être posée: "Au 19e siècle, nos prédécesseurs ont su faire preuve de courage et d'audace en créant le réseau dont nous bénéficions, n'est-ce pas à notre tour d'investir dans sa transformation?"

Les débats auront lieu aux dates suivantes: lundi 4 juin (18h30 à 20h), Fleurier, salle Fleurisia; mardi 5 juin (18h30 à 20h), Le Locle, aula du Cifom; mardi 12 juin (18h30 à 20h), Saint-Aubin, salle de spectacle; lundi 25 juin (18h30 à 20h), Fontainemelon, salle de spectacle au collège primaire; lundi 20 août (18h30 à 20h), La Chaux-de-Fonds, Club 44; jeudi 23 août (19h à 20h30), Neuchâtel, Cité universitaire. Par ailleurs, une conférence-débat aura lieu le 14 juin à 20h15 au Club 44 de La Chaux-de-Fonds; un forum-citoyen se tiendra le 1er septembre de 9h15 à 13h à l'aula des Jeunes-Rives de l'Université de Neuchâtel. Plus d'infos sur www.agglo-rer.ch ou www.transrun.ch. VGI

 

Quel futur pour la ligne hors service?

 

"Si le Transrun doit malheureusement se faire, il est indispensable de démanteler l'actuelle ligne ferroviaire Neuchâtel-Chambrelien-La Chaux-de-Fonds" , a martelé hier le député UDC Raymond Clottu. "Ce démantèlement doit permettre de récupérer de précieuses surfaces pour l'agriculture et l'industrie. Il est exclu que ces parcelles soient dévolues à l'écologie ou deviennent protégées!"

L'avenir de ces terrains fait débat. Le groupe socialiste a proposé, en cas de mise hors service de la ligne, que les parcelles deviennent propriété de l'Etat, qui les affecterait à la mobilité durable et à des usages d'intérêt public. Une demande similaire a été évoquée par popvertssol. La droite s'est opposée à ces propositions, exigeant que ces terrains soient, comme prévu, vendus pour renflouer les caisses de l'Etat. Par crainte de faire capoter l'ensemble du RER, la gauche a retiré ses propositions. Mais reste-t-il une infime possibilité que la ligne ferroviaire actuelle subsiste? Le conseiller d'Etat Claude Nicati a été catégorique: "Le maintien d'une double liaison est impossible financièrement." Une alternative par bus est donc à l'étude entre le Conseil d'Etat et Corcelles-Cormondrèche. "Il nous appartient, jusqu'au 23 septembre, d'expliquer à la population de Corcelles les nombreux avantages qu'ils tireront de ce RER", ajoute Claude Nicati.

Point rassurant pour les citoyens qui s'inquiètent d'être écartés du réseau: les termes de "suppression de la ligne" ont été remplacés par la notion de "mise hors service" . Objectif des commissions qui ont proposé ce changement: faire en sorte que la ligne ne soit pas démantelée tant qu'une nouvelle solution n'aura pas été trouvée pour les 10 000 habitants concernés.

Et les "oubliés" de l'ouest du Val-de-Ruz, comme les a qualifiés le PLR Jean-Bernard Wälti? Claude Nicati a assuré qu'ils ne seront pas laissés de côté et bénéficieront au contraire d'une nette amélioration des transports publics. VGI

 

MODIFICATIONS DE LA CONSTITUTION

 

RAPPORT Le Grand Conseil s'est penché hier sur la version finale - après consultation - du rapport du Conseil d'Etat intitulé "Agglomération et RER neuchâtelois". Les députés ont également débattu des modifications proposées par les trois commissions parlementaires qui ont planché sur le dossier, ainsi que sur d'autres propositions de changements, déposées hier.

DECRETS Le rapport du Conseil d'Etat s'achève sur trois décrets soumis à l'approbation du Grand Conseil: le premier porte sur le projet lui-même, le deuxième sur la création d'un fonds spécial pour le RER, le troisième sur un projet de réforme des institutions.

VOTATION Le décret sur le RER-Transrun comprend notamment la phrase suivante: "L'Etat réalise un réseau express régional" , y compris "la construction d'une liaison directe entre la gare de Neuchâtel et la gare de La Chaux-de-Fonds, avec une halte à Cernier." Ce décret est accompagné d'une modification de la Constitution cantonale, d'où votation populaire, comme le veulent les autorités. Sans cette modification de la Constitution, les opposants au RER n'auraient pu se manifester que par la voie du référendum.

FONDS Comme son nom l'indique, le décret sur la création d'un "fonds RER" fixe le cadre financier: constitution du fonds (montants versés par le canton, les communes, les CFF et la Confédération), gestion du fonds, remboursement de l'emprunt contracté par le canton (sur 25 ans), etc.

REFORME Le décret sur la réforme des institutions porte sur des mesures qui en accompagnent d'autres: celles sur le redressement des finances cantonales. Le financement du RER et ses conséquences ont donné lieu à plusieurs propositions de la commission de gestion et des finances du Grand Conseil (notre édition de vendredi passé). Elles figurent dans le décret sur le RER-Transrun et modifient elles aussi la Constitution en ajoutant un volet "équilibre budgétaire", avec des objectifs à atteindre fixés dans la loi. PHO

 

Taxer les grosses fortunes pour le RER?

 

Et si l'on taxait les riches pour financer le RER neuchâtelois? Cette proposition, jamais évoquée, est sortie hier du chapeau du député popvertssol François Konrad, soutenu par ses camarades de parti Theodor Buss, Cédric Dupraz et Martha Zurita. Leur intention pour soulager le canton et les communes: faire participer les fortunes de plus d'un million de francs au fonds RER, par l'intermédiaire d'un impôt extraordinaire d'une durée de quatre ans. Une proposition "provocatrice" selon le PLR Jean-Bernard Wälti. A l'heure où nous mettions sous presse, elle n'avait pas été votée. VGI

Par PASCAL HOFER



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