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06.07.2012, 07:14 - Monde
Actualisé le 06.07.12, 07:14

Vols de bébés: les dictateurs argentins condamnés

Jorge Rafael Videla, à gauche, et Reynaldo Bignone, deux anciens dictateurs ont été formellement condamnés pour crime contre l'humanité.
Crédit: KEYSTONE

Huit anciens responsables militaires de la dictature en Argentine (1976-1983) ont été condamnés à de lourdes peines de prison pour avoir volé systématiquement des bébés d'opposants au régime.

 La justice argentine a condamné jeudi à de lourdes peines de prison d'anciens responsables de la dictature (1976-1983), dont les deux anciens dictateurs Jorge Videla et Reynaldo Bignone. Ils ont été sanctionnés pour avoir mis en place "un plan systématique" de vols de bébés d'opposants.

Le tribunal a décidé de "condamner l'ex général Jorge Videla (86 ans) à 50 ans de réclusion (...) et l'ex général Reynaldo Bignone (84 ans) à 15 ans", a lu la présidente du tribunal, Maria Roqueta, devant une salle comble.

Au total, huit anciens responsables militaires étaient jugés depuis février 2011 pour leur participation à ce que la justice a qualifié de "plan systématique" de vols et d'appropriation par des proches du régime de 35 enfants d'opposants nés en détention.

Ont également été condamnés Jorge "Tigre" Acosta (30 ans de prison), Antonio Vañek (40 ans), Juan Azic (14 ans), Jorge Magnacco, un ancien médecin militaire (10 ans), et Santiago Riveros (20 ans). En revanche, l'ancien responsable de la Marine Rubén Franco a été acquitté.

Centre de torture

Jorge "Tigre" Acosta était un responsable de l'Esma (Ecole de mécanique de la marine), centre de torture emblématique situé en plein Buenos Aires, où sont nés et ont été pris à leur mère la plupart des bébés.

Egalement poursuivis, mais pour appropriation d'enfants, Victor Gallo, ex militaire, et son épouse professeur, Susana Colombo. Ils ont eux écopé de 15 et 5 ans de prison. L'ancien policier Eduardo Ruffo, poursuivi dans ce même volet, a été acquitté.

Cris de joie

Le verdict a été accueilli avec des cris de joie, des chants et des larmes sur le parvis du tribunal où des centaines de personnes ont suivi sur un écran géant la lecture de la décision, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Présente dans la salle d'audience, Estela de Carlotto, dirigeante de l'organisation des Grands-Mères de la Place de Mai, à l'origine de la découverte de l'identité de 105 enfants volés, s'est réjouie d'une décision qui "confirme qu'il y a eu en Argentine un plan systématique de vol de bébés".

Son organisation évalue à environ 500 le nombre de "bébés volés" puis "adoptés" sous une fausse identité sous la dictature.

Déjà condamnés

Au pouvoir de 1976 à 1981, Jorge Videla purge déjà deux peines de prison à perpétuité pour crime contre l'humanité. Reynaldo Bignone (1982-1983) purge également deux peines (perpétuité et 25 ans de prison), pour violation des droits de l'homme.

"Toutes celles qui ont accouché, que je respecte en tant que mères, étaient des militantes actives de la machinerie du terrorisme. Elles ont utilisé leurs enfants comme boucliers humains", avait affirmé Jorge Videla la semaine dernière à l'audience.

Le plus souvent, le bébé né en détention était remis à un militaire ou à un proche d'un militaire, tandis que sa mère était peu de temps après jetée à la mer, nue et vivante, d'un avion militaire en plein vol.

"La chose la plus perverse"

Francisco Madariaga Quintela, qui a fêté ses 35 ans ce jeudi, a été adopté par Victor Gallo et Susana Colombo. Fils d'une opposante enlevée et tuée à 28 ans, il a connu sa véritable identité il y a à peine plus de deux ans.

"Le vol de bébés est la chose la plus perverse qu'ait fait la dictature. Dans mon coeur, il y a une tâche noire, mais il faut continuer de le remplir d'amour", confiait-il peu avant le verdict.

Dans son ultime prise de parole devant le tribunal, jeudi, Susana Colombo a elle regretté de "ne pas avoir agi autrement" mais assuré n'avoir su "à aucun moment" que Francisco était un enfant de disparus.

Quelque 30.000 opposants ont été tués ou portés disparus sous le régime militaire argentin, selon les organisations de défense de droits de l'homme.

Par ATS/AFP



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