Des barrages de l'armée à Hama (centre) et Idleb (nord-ouest) de la Syrie ont été attaqués par les rebelles ce samedi.
Les insurgés syriens ont multiplié samedi leurs attaques contre les forces du régime de Bachar al-Assad. Ils ont concentré leurs opérations contre les infrastructures de l'armée de l'air, responsable chaque jour, selon des militants, de dizaines de victimes.
Signe que, près d'un an et demi après le début de la révolte contre le régime, le conflit s'est durci, le mois d'août a été le plus sanglant avec près de 5000 tués, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Les insurgés ont marqué des points en s'emparant vendredi soir du principal bâtiment d'une base aérienne à Boukamal (est), à la frontière irakienne, aussi selon l'OSDH.
Selon des éléments qui n'ont pas pu être vérifiés par l'OSDH, les insurgés ont mis la main sur des missiles anti-aériens.
Soldats tués
A l'issue de cette opération, au moins 16 soldats ont été capturés, encore selon l'ONG. Toujours à Boukamal, les rebelles ont attaqué le bâtiment de la sécurité militaire ainsi que l'aéroport militaire de Hamdane.
Les rebelles, qui tiennent déjà le poste-frontière et plusieurs quartiers de Boukamal, tentent de prendre le contrôle total de cette ville.
A Idleb (nord-ouest), les insurgés tiennent une partie de l'aéroport d'Abou el-Zouhour, l'une des deux plus importantes bases aériennes de la province.
Dans la même région, où plusieurs localités étaient bombardées samedi, ils ont détruit un barrage de l'armée à Harem. Six rebelles et huit soldats ont péri dans les combats.
Plusieurs rebelles tués récemment
Lors de l'attaque d'un autre barrage dans la province de Hama (centre), quatre soldats ont péri, selon l'OSDH.
Alep (nord), où armée et insurgés se livrent une féroce bataille depuis plus d'un mois, connaissait samedi des combats et des bombardements touchant plusieurs quartiers rebelles.
A Damas et sa région, au moins 18 cadavres non identifiés d'hommes sommairement exécutés ont été découverts, selon l'OSDH. Ces découvertes macabres se sont multipliées ces dernières semaines et les exécutions sommaires sont de plus en plus courantes en Syrie, a affirmé cette ONG.
Selon l'agence officielle SANA, les troupes du régime ont détruit de leur côté plusieurs positions de "terroristes" et capturé et tué nombre d'entre eux dans les provinces d'Idleb et d'Alep au cours des dernières 24 heures.
Rencontre évoquée par Ban
L'agence a par ailleurs fait état de la libération 225 personnes arrêtées à Damas et dans sa région affirmant qu'elles "avaient été impliquées dans les récents événements mais que leurs mains n'avaient pas été souillées de sang".
Trente-sept personnes, dont 12 soldats, ont été tuées samedi dans les violences, a rapporté l'OSDH qui a fait état de 125 tués vendredi, jour traditionnel des manifestations contre le régime.
Des violences auxquelles le nouvel émissaire pour la Syrie Lakhdar Brahimi, qui prenait ses fonctions samedi au siège de l'ONU à New York, va tenter de mettre fin, même si l'opposition reste sceptique sur le succès de cette difficile mission.
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a déclaré à Reuters avoir eu une "longue discussion avec les responsables syriens", à Téhéran en marge d'une réunion des non-alignés.
Critique
"La responsabilité première échoue au gouvernement syrien", a-t-il dit après avoir toutefois critiqué l'usage de moyens militaires par chacune des parties.
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a dénoncé les pays arabes et occidentaux qui "disent que le gouvernement doit être le premier à arrêter (le combat) et à retirer toutes ses troupes et ses armes des villes" avant d'"appeler l'opposition à faire de même".
"Cela c'est un schéma totalement irréalisable. Ou bien les gens sont naïfs ou bien il s'agit d'une sorte de provocation", a-t-il estimé.
Plus de 26 000 tués
Aucune issue n'est en vue après plus de 17 mois de violences qui ont fait plus de 26 000 tués, en majorité des civils, selon l'OSDH.
Le Danemark a annoncé qu'il allait débloquer deux millions d'euros supplémentaires pour aider les réfugiés, au lendemain d'un appel à la mobilisation de la France à "tous les donateurs" pour accroître l'aide à ces Syriens qui ont dû fuir à l'étranger.
Et la Jordanie a dit samedi avoir besoin de 700 millions de dollars pour accueillir jusqu'à 240 000 réfugiés. Selon l'ONU, il y a au moins 1,2 million de déplacés en Syrie et près de 229 000 réfugiés officiellement enregistrés dans les pays voisins (Turquie, Jordanie, Liban et Irak).
Source: ats

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