21.10.2012, 19:00 - Monde
Actualisé le 21.10.12, 18:57
Liban: violences manifestations anti-gouvernement
Manifestation
Les manifestants dénoncent le président syrien Bachar al-Assad, qu'ils accusent d'être impliqué dans l'attentat à la voiture piégée.
Crédit: KEYSTONE
Des milliers de personnes se sont rassemblées dimanche dans le centre de Beyrouth pour participer à une manifestation géante contre Damas et le gouvernement libanais.
Les obsèques dimanche à Beyrouth d'un chef de la sécurité libanaise, bête noire de Damas, ont tourné en une manifestation violente contre le premier ministre Najib Mikati.
Ses opposants l'ont accusé de couvrir ce "crime". La police a dû tirer en l'air et user de gaz lacrymogènes.
Des milliers de personnes ont participé à la cérémonie religieuse à la mosquée Amine, au centre de la capitale, à la mémoire du général Wissam al-Hassan, chef des services de renseignement de la police, et de son chauffeur, tués vendredi dans l'explosion d'une voiture piégée.
A l'issue des funérailles, Fouad Siniora, chef du bloc parlementaire d'opposition de l'ex-premier ministre Saad Hariri, a chauffé à blanc les manifestants rassemblés sur la Place des martyrs. "Le gouvernement est responsable du crime qui a tué Wissam et son compagnon. C'est pourquoi, il faut qu'il parte", a-t-il lancé à la foule.
"Mikati, tu ne peux plus rester à ton poste pour couvrir ce crime. Si tu restes, c'est que tu es d'accord avec ce qui s'est passé et avec ce qui se passera", a-t-il encore dit. Il a ajouté qu'"il n'y aura pas de dialogue avant la chute du gouvernement".
Opposition hostile à Assad
Dans le cabinet actuel, le parti chiite Hezbollah, puissant allié de Damas et de Téhéran, occupe une place prépondérante alors que l'opposition est hostile au régime de Bachar al-Assad en Syrie voisine, ancienne puissance tutélaire du pays du Cèdre.
Surexcités, deux cents jeunes ont tenté de prendre d'assaut le Sérail, siège du premier ministre. La police a lancé des grenades lacrymogènes et tiré en l'air pour les faire reculer, a constaté une journaliste de l'AFP. Les manifestants ont jeté des pierres et des bâtons, faisant état de blessés des deux côtés.
Saad Hariri, qui vit hors du Liban, a lancé un appel au calme. Il a indiqué qu'il voulait "la chute du gouvernement, mais de manière pacifique".
Une arrestation en cause
M. Mikati et le président Michel Sleimane avaient fait samedi le lien entre l'attentat qui a coûté la vie au général Hassan et l'interpellation de l'ancien député libanais Michel Samaha, partisan inconditionnel du régime de Damas.
Au cours d'une cérémonie militaire dimanche au QG de la police en présence de la famille du défunt et de M. Mikati, M. Sleimane a demandé à la justice d'accélérer la rédaction de l'acte d'accusation contre M. Samaha.
L'ex-député avait été arrêté par le général Hassan qui l'accusait d'avoir transporté des explosifs pour commettre des attentats afin de créer le chaos à l'instigation du très puissant chef des renseignements syriens, le général Ali Mamlouk.
Le général Hassan avait ensuite défié le général Mamlouk, en étant à l'origine du mandat d'arrêt délivré en août contre lui par la justice libanaise dans le cadre de l'enquête sur Michel Samaha.
Syrie pointée du doigt
Auparavant, le général Hassan avait joué un rôle majeur dans l'enquête sur les nombreux attentats qui ont visé entre 2005 et 2008 des personnalités libanaises anti-syriennes, dont Rafic Hariri, père de Saad Hariri.
L'attentat de vendredi a été attribué à Damas par l'opposition libanaise et les experts. Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a jugé dimanche "probable" l'implication de Damas et a accusé le président Assad "d'essayer d'élargir la contagion" du conflit syrien aux pays voisins. La Syrie n'a jusqu'à présent pas réagi officiellement aux accusations.
Samedi, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a condamné "avec la plus grande fermeté" l'attentat. Le DFAE a réitéré son soutien aux autorités libanaises et au peuple libanais et a appelé "à ce que chacun se comporte de manière à préserver l'unité et à assurer la stabilité".
La colère restait vive dimanche dans les régions à majorité sunnite du Liban. A Tripoli (nord), trois personnes ont été blessées, après cinq samedi. Vendredi, un cheikh avait été tué dans des échanges de tirs.
Source: ATS
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