Le chef de la diplomatie australienne Kevin Rudd a démissionné aujourd'hui sur fond de rivalité avec la cheffe du gouvernement, Julia Gillard. Celle-ci le soupçonne de vouloir l'évincer à son profit de la direction du Parti travailliste, afin de retrouver son poste de Premier ministre.
«La vérité est que je ne peux pas continuer à servir au poste de ministre des Affaires étrangères si je n'ai pas le soutien de la Première ministre», a déclaré Kevin Rudd depuis Washington au cours d'une conférence de presse retransmise en direct par les télévisions australiennes. «C'est pourquoi je crois que la seule option honorable qui me reste est de démissionner», a-t-il ajouté.
En chute dans les sondages, Mme Gillard craint que Kevin Rudd ne convoque prochainement les instances dirigeantes du Parti travailliste pour faire constater la faiblesse de son cabinet et lui ravir la direction par un vote.
Selon The Australian Newspaper, elle pourrait lui couper l'herbe sous le pied en organisant un vote des députés travaillistes dès mardi.
Taxe carbone
M. Rudd avait été Premier ministre entre 2007 et 2010. Contesté notamment pour sa gestion autoritaire, il avait été poussé dehors à l'issue d'un vote de l'exécutif travailliste qui avait désigné Mme Gillard pour prendre sa suite.
En difficulté dans les sondages, critiquée par une partie de sa majorité, en délicatesse avec les milieux d'affaires qui lui reprochent une taxe carbone sur les entreprises polluantes, Mme Gillard a récemment interdit à ses ministres de parler aux directeurs des grands journaux sans son accord.
Un ministre a dénoncé une tentative délibérée de «piéger» Kevin Rudd en créant les conditions de son limogeage s'il enfreignait cet édit.
Mme Gillard espère emmener le Parti travailliste jusqu'aux prochaines élections, prévues en 2013, bien que Kevin Rudd bénéficie actuellement d'une bien meilleure cote dans les enquêtes d'opinion.
Source: ATS

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