10.08.2012, 22:34 - Monde
Actualisé le 10.08.12, 22:51
L'armée marque des points à Alep, l'exode se poursuit
Syrie
Les belligérants ont été appelés à "respecter les lois de guerre" en n'ouvrant pas le feu sur la foule.
Crédit: KEYSTONE
Sous la pression des forces gouvernementales, les insurgés syriens se sont retirés vendredi du quartier stratégique de Salaheddine à Alep, mais les combats se poursuivaient. Sur le plan diplomatique, l'Algérien Lakhdar Brahimi est pressenti pour succéder à Kofi Annan comme émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe.
Des bombardements de l'armée syrienne ont ensanglanté vendredi Alep et Homs. A Homs dans les centre du pays, l'armée a pilonné l'enclave rebelle de Khaldiyé, faisant des «dizaines de morts et de blessés» selon l'OSDH. Au total, les violences ont causé la mort d'au moins 103 personnes, dont 55 civils, 31 soldats et 17 rebelles selon l'OSDH.
Les rebelles ont attaqué l'aéroport d'Alep, mais l'armée syrienne a repoussé l'offensive. Des combats acharnés se poursuivaient entre les deux camps pour le contrôle de la deuxième ville du pays.
Par ailleurs, une manifestation organisée tous les vendredis après la prière depuis le début de la révolte a été violemment réprimée dans le quartier de Nouvel Alep sous contrôle de l'armée. Celle-ci a ouvert le feu sur la foule.
Alors que les positions rebelles sont bombardées par voies terrestre et aérienne, les manifestations se sont déroulées sous un slogan en forme d'appel à la communauté internationale: «Donnez-nous des armes anti-aériennes».
Appel au respect des lois de la guerre
Dans un communiqué, Human Rights Watch a appelé les belligérants à «respecter les lois de guerre» en ne visant pas les civils. Le CICR s'est aussi alarmé de la situation humanitaire à Alep. Plus de 80 écoles servent désormais d'abris à des milliers de personnes qui ont quitté leur domicile, a indiqué sa cheffe de la délégation en Syrie.
Les habitants de la ville ont profité d'une brève accalmie dans les combats pour fuir à bord de voitures où s'entassaient matelas, réfrigérateurs et jouets d'enfants. Selon les Nations unies, près de 150'000 Syriens ont cherché refuge à l'étranger depuis le début de l'insurrection à la mi-mars 2011.
Près de Damas, trois journalistes syriens travaillant pour une chaîne d'Etat syrienne ont été capturés par les rebelles alors qu'ils accompagnaient l'armée dans une opération, selon l'OSDH.
Diplomate accompli pour remplacer Annan
Sur le plan diplomatique, un diplomate chevronné, l'Algérien Lakhdar Brahimi, est pressenti pour succéder à Kofi Annan comme émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe, dit-on de source diplomatique. La décision pourrait être annoncée en début de semaine prochaine.
Lakhdar Brahimi, 78 ans, est un habitué des missions de médiation internationales difficiles pour le compte des Nations unies. Il a été le représentant spécial de l'Onu pour l'Afghanistan, avant et après la fin du régime taliban; pour l'Irak après l'intervention des Etats-Unis qui a renversé Saddam Hussein et aussi en Afrique du Sud quand le pays est sorti du régime de l'apartheid.
M. Brahimi a appelé vendredi le Conseil de sécurité des Nations unies à s'unir. «Le Conseil de sécurité de l'ONU et les Etats de la région doivent s'unir pour permettre une transition politique dès que possible», a-t-il indiqué dans un communiqué commun du groupe des «Anciens».
D'une pierre deux coups
Les Etats-Unis ont par ailleurs annoncé de nouvelles sanctions, visant la compagnie pétrolière Sytrol, détenue par l'Etat syrien. L'administration américaine a lancé ces sanctions contre Damas par l'intermédiaire d'une loi visant originellement le régime de Téhéran.
Cette annonce intervient moins d'une heure après que le Trésor américain eut blâmé dans un communiqué le Hezbollah libanais, déjà classé comme organisation terroriste aux Etats-Unis, pour son «rôle central» dans la répression menée par le régime de Bachar al-Assad.
L'imam de La Mecque, premier lieu saint de l'islam, a exhorté les participants au sommet islamique prévu mardi dans la ville sainte, à faire preuve de fermeté à l'égard du régime en Syrie, qu'il accuse de «génocide».
Source: ATS
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