Coronavirus: perte d'odorat, fatigue ou fièvre... quels sont les symptômes les plus fréquents?

Le Covid-19 contamine chaque jour de plus en plus de personnes dans le monde. Mais quels sont les symptômes caractéristiques à l’heure actuelle? Des spécialistes français font le point sur la question.
31 mars 2020, 11:55
/ Màj. le 31 mars 2020 à 11:55
Les symptômes du nouveau coronavirus sont variables. (Illustration)

Fatigue, fièvre, toux, maux de tête, perte d’odorat et, moins souvent, des atteintes pulmonaires graves. Les symptômes du Covid-19, la plupart du temps bénins, varient d’un patient à l’autre mais semblent bien caractéristiques du nouveau coronavirus que notre système immunitaire ne connaît pas.

La perte brutale de l’odorat

C’est LE signe qui a été récemment repéré, et qui n’avait pas été décrit de manière isolée chez les premières victimes en Chine: l’anosmie, ou perte brutale de l’odorat. Depuis deux semaines, les ORL ont été alertés par de nombreux cas de personnes ne présentant que ce symptôme, sans pourtant avoir le nez bouché.

«Ça semblait bizarre», confie le Dr Alain Corré, ORL à l’Hôpital-Fondation Rothschild à Paris. Avec le Dr Dominique Salmon de l’Hôtel Dieu, ils ont testé une soixantaine de patients anosmiques: 90% étaient positifs. La perte d’odorat semblerait être un symptôme pathognomonique, c’est-à-dire un signe clinique qui, à lui seul, permet d’établir le diagnostic.

Si vous avez une anosmie sans nez bouché, vous êtes Covid positif.
Alain Corré, ORL à l’Hôpital-Fondation Rothschild à Paris

Et à ce stade, c’est la seule présentation spécifique du nouveau coronavirus. «Dans le contexte actuel, si vous avez une anosmie sans nez bouché, vous êtes Covid positif, ça n’est pas la peine d’aller vous faire tester», tranche le Dr Corré, qui a alerté le centre 15 de ce nouveau syndrome.

Il faut donc s’isoler pour ne pas contaminer les autres, mais en soi le symptôme n’a rien de grave. Il survient le plus souvent dans les premiers jours de la maladie.

Pas de perte de goût toute seule

Le virus SARS Cov-2 est attiré par les nerfs: quand il pénètre dans le nez, au lieu de s’attaquer à la muqueuse comme le font les rhinovirus habituels, il attaque le nerf olfactif et bloque les molécules d’odeur, explique le Dr Corré. L’atteinte serait a priori locale.

Et comme 90% de ce que nous mangeons est lié l’odorat, les anosmiques se plaignent d’avoir perdu le goût. Mais la perte de goût seule (agueusie) n’a pas été décrite pour l’instant.

La fatigue

L’asthénie est fréquemment décrite. «J’entends toujours la même chose: des patients épuisés; ils font trois pas et doivent s’allonger», raconte le Dr Pauti. Elle s’accompagne souvent de céphalées, pas forcément reliées à de la fièvre.

La fièvre et les courbatures

Le virus SARS Cov-2 peut entraîner des poussées de fièvre, fluctuantes, et généralement un peu moins fortes qu’avec d’autres syndromes viraux. Beaucoup se plaignent également de courbatures, classiques d’une atteinte virale mais souvent plus douloureuses, et plus localisées.

La toux sèche

Une toux sèche, à laquelle s’ajoutent parfois mal de gorge et nez qui coule, peut aussi être évocatrice de la maladie. Certains patients ont des diarrhées, plus rarement des nausées. Mais «ces seuls symptômes ne suffisent pas à diagnostiquer la maladie», souligne le Dr Pauti.

Des atteintes pulmonaires

Quand le virus touche les poumons, la douleur est variable. Le ressenti le plus rapporté est d’avoir les poumons «dans un étau». D’autres redoutent de ne plus arriver à reprendre de l’air, «ce qui peut être aggravé par l’angoisse, notamment chez les personnes isolées», selon les médecins de ville.

L’infection devient inquiétante quand les personnes «respirent plus rapidement que la normale», rapporte le Dr Pauti, qui dit à ses patients d’appeler les secours dès qu’elle perçoit un essoufflement.