Coronavirus: le Brésil accuse l'OMS de manquer d'indépendance et de transparence

Le Brésil accuse l'OMS de manquer d'indépendance et de transparence dans sa gestion de la pandémie. Le chef de la diplomatie brésilienne a demandé que l'enquête annoncée ait lieu le plus rapidement possible.
10 juin 2020, 07:20
/ Màj. le 10 juin 2020 à 07:23
Le chef de la diplomatie brésilienne a critiqué mardi le "manque d'indépendance, de transparence et de cohérence" de l'Organisation Mondiale de la Santé.

Le chef de la diplomatie brésilienne a critiqué mardi le "manque d'indépendance, de transparence et de cohérence" de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dans le combat contre le coronavirus. Il a demandé que l'enquête annoncée ait lieu le plus rapidement possible.

"Il faut examiner si c'est une question d'influence politique, une question d'influence d'acteurs non gouvernementaux au sein de l'OMS ou une question de méthode et de transparence", a déclaré Ernesto Araujo lors d'une réunion ministérielle.

Il faut examiner si c'est une question d'influence politique, une question d'influence d'acteurs non gouvernementaux au sein de l'OMS ou une question de méthode et de transparence
Ernesto Araujo, chef de la diplomatie brésilienne

Il a notamment pointé un "manque de cohérence" sur les prises de position liées à "l'origine du virus, la contamination, le confinement, l'usage de l'hydroxychloroquine, les équipements de protection et à présent, la transmission par les patients asymptomatiques".

Vendredi, le président Jair Bolsonaro avait menacé de retirer le Brésil de l'OMS - comme l'ont effectivement fait les Etats-Unis fin mai - l'accusant de "parti pris idéologique".

Enquête rapide

M. Araujo a rappelé mardi que les membres de l'OMS avaient adopté le 19 mai une résolution prévoyant une "évaluation indépendante" de la réponse à la pandémie. Mais il a demandé que cette enquête ait lieu le plus rapidement possible. "Les allées et venues de l'OMS portent atteinte aux efforts fournis par les pays", a-t-il estimé.

Nous sommes en train de coordonner avec l'Australie, l'Union européenne et d'autres pays l'évaluation indispensable de ce qui se passe à l'OMS
Ernesto Araujo, chef de la diplomatie brésilienne

"Nous sommes en train de coordonner avec l'Australie, l'Union européenne et d'autres pays l'évaluation indispensable de ce qui se passe à l'OMS", a poursuivi le ministre, pour qui l'objectif est d'engager "un processus de réforme" de l'agence onusienne.

Nouvelle controverse

Lors de cette même réunion ministérielle, M. Bolsonaro est revenu sur la dernière controverse en date, une déclaration de Maria Van Kerkhove, haute responsable de l'OMS, qui avait affirmé lundi que la transmission du nouveau coronavirus par des personnes asymptomatiques semblait "très rare".

"Si on dit que la transmission par des personnes asymptomatiques est pratiquement nulle (...), cela peut être un signe de réouverture plus rapide du commerce", a déclaré M. Bolsonaro, qui a toujours fortement critiqué les mesures de confinement prises par les gouverneurs des différents Etats de son pays.

Mais l'OMS a tenu à clarifier mardi un "malentendu". "J'ai utilisé l'expression 'très rare' mais c'est un malentendu de dire que les transmissions asymptomatiques sont globalement très rares, je faisais référence à un petit groupe d'études", a précisé Mme Van Kerkhove

Le Brésil est l'un des principaux foyers de la pandémie, avec plus de 37'000 morts, le troisième bilan le plus lourd au monde. Lundi, l'OMS lui avait demandé plus de "transparence" dans la diffusion des chiffres de la pandémie, rendus publics dans la plus grande confusion ces derniers jours.