Yves Hirschy, un artisan sellier aux doigts d'or

03 août 2015, 08:50
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39

Personnage atypique qui semble sorti tout droit des plaines de l'Ouest américain, Yves Hirschy est pourtant bien un Tramelot pure souche. A 27 ans, ce sellier de profession vit éveillé son rêve américain. L'Ouest, les cowboys et surtout les chevaux sont ses passions qu'il cultive depuis sa tendre enfance, baignée dans cet environnement western que pratiquaient déjà ses parents sur les Bises…

Le cuir de bovin, matière noble qui a un lien très fort avec la culture western (vêtements, bottes, selles de chevaux, ceintures, etc.), Yves Hirschy s'y est intéressé dès l'enfance en le travaillant comme d'autres gosses jouent aux Lego. Pas étonnant dès lors qu'à l'âge de l'apprentissage, il embrasse la profession de sellier.

Chez les maîtres western

Son apprentissage de sellier, Yves Hirschy l'a effectué chez Hess à Montfaucon, spécialiste des harnais d'attelage. Son CFC en poche, il s'est spécialisé sur la confection des selles western de chevaux à Berne chez le maître Pablo Ulla durant une année. L'appel de l'Ouest se faisant de plus en plus fort, Yves débarque aux States où durant plusieurs mois, il se perfectionne encore sur le métier, parallèlement à l'apprentissage du débourrage de chevaux. Ces expériences nouvelles acquises, il rentre au bercail et ouvre sa propre entreprise à Tramelan en septembre 2003. Très vite, il se fait un nom et une renommée dans le milieu de la monte western, en plein développement dans la région et surtout en Suisse alémanique.

Début 2007, il déménage aux Reussilles et y ouvre un nouvel atelier avec magasin. Une échoppe qui propose toute la gamme de purs produits western au label USA. Mais la fabrication de selles western est devenue la spécialité de la maison. De véritables œuvres d'art tout en cuir qu'Yves Hirschy conçoit et crée de A à Z excepté, le bât en bois sur lequel il vient façonner la selle en cuir. Que du cuir de bovin de 12 mm d'épaisseur qu'il faut réduire pratiquement de moitié en le travaillant dans l'eau. Découpage, coutures, décoration, gravage tout est fait à la main. Les commandes affluant de partout en Suisse, de France, d'Allemagne et même du Canada, imposent à l'artisan des Reussilles de se mettre à l'ouvrage tôt le matin dès 5h30.

Il faut compter un mois de travail pour réaliser une selle, voir d'avantage selon les désirs du client. C'est toujours du sur-mesure et aucun modèle n'est pareil. Tout cela à un prix: de 4500 francs à presque le double suivant les finitions. Prix qui n'est de loin pas surfait au vu du travail d'orfèvre et du produit fini exceptionnel. Et les chiffres grimpent encore ensuite sur le marché des collectionneurs.

Dans l'échoppe western des Reussilles, l'odeur du cuir et la musique country sont les compagnons de travail d'Yves Hirschy, qui une fois sa journée d'artisan terminée, va ensuite s'occuper des chevaux chez son père. Les week-ends durant la belle saison, il sillonne, avec son épouse Cynthia, les places de concours western pour promouvoir ses créations.

Le succès aidant, ses clients doivent désormais patienter un délai de 18 mois pour obtenir une selle western Swiss made by Yves Hirschy. Tout récemment, un nouveau local d'exposition est venu compléter l'atelier et le magasin. mbo