Les accusés blanchis

02 août 2015, 19:52
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39

M. Paul* et M. Michel* ne sont pas des escrocs. Le Tribunal régional, qui siégeait depuis lundi dans une affaire de vente de machines à épiler (notre édition de jeudi), a acquitté les deux prévenus. La fin de dix années de procédure. Petit rappel des faits. Entre 1998 et 2002, 49 esthéticiennes ont acheté - généralement pour 30 000 fr. - une machine laser censée éradiquer totalement les poils. Mais cet appareil, dont le coût de fabrication s'élève à 1400 fr., n'a pas donné pleine satisfaction. Une arnaque!

M. Paul et M. Michel comparaissaient pour escroquerie par métier et, s'agissant du second, éventuellement pour abus de confiance. Mais c'est une autre personne qui s'est trouvée au premier plan du procès: M. Bernard*, l'inventeur français de la machine, qui s'appuyait sur des revendeurs dans plusieurs pays (M. Paul en Suisse). Déjà jugé en France, il n'était pas à Moutier. Condamné, il a fait appel.

Pour le Tribunal présidé par Gabriel Zürcher, il ne fait aucun doute que M. Bernard est le «cerveau» de cette affaire et qu'il est «l'auteur des machinations». Il ne fait également aucun doute que M. Paul n'a jamais voulu tromper qui que ce soit: il «est une victime de M. Bernard, comme le sont les esthéticiennes et les clientes.» L'homme recevra une indemnité pour perte économique et une autre pour tort moral, chacune de 3000 francs.

M. Michel, qui gérait un fonds constitué des primes d'assurance en lien avec l'achat des appareils, était accusé d'avoir effectué des retraits d'argent supposés illégaux. Le Tribunal estime que M. Michel n'était pas au courant de la machination et qu'il était de bonne foi. Libéré des deux accusations, il touchera les mêmes indemnités que M. Paul.

Seules les esthéticiennes ayant participé à la procédure en France peuvent espérer toucher quelque chose d'un compte actuellement bloqué et doté de 134 000 euros. /mba

* Noms d'emprunt