07.04.2016, 00:01  

Un nouveau pilote pour Cointrin

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Un nouveau pilote pour Cointrin

 07.04.2016, 00:01   Un nouveau pilote pour Cointrin

Par ats

Rachel Richterich

Le nom n’a fuité que peu avant l’annonce officielle. Et il en a surpris plus d’un. André Schneider, 56 ans, actuel vice-président de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) prendra la direction générale de l’aéroport de Genève cet automne. Inconnu des milieux de l’aviation, «c’est un homme de défi, qui saura apporter un regard neuf», s’enthousiasme Corine Moinat,...

Rachel Richterich

Le nom n’a fuité que peu avant l’annonce officielle. Et il en a surpris plus d’un. André Schneider, 56 ans, actuel vice-président de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) prendra la direction générale de l’aéroport de Genève cet automne. Inconnu des milieux de l’aviation, «c’est un homme de défi, qui saura apporter un regard neuf», s’enthousiasme Corine Moinat, présidente du conseil d’administration de l’institution, devant la presse hier. Et des défis, il y en a.

A commencer par succéder à celui qui aura incarné les dix années de croissance spectaculaire de l’aéroport, Robert Deillon. En termes de fréquentation d’abord, passant de 10 millions de passagers en 2006, à 15,8 millions l’an dernier, selon le bilan présenté hier à la presse (voir ci-dessous). Un chiffre qui devrait avoisiner les 25 millions en 2030. Les retombées économiques pour la région sont estimées à 7,2 milliards de francs, faisant de la plateforme «l’épine dorsale de toute une zone transfrontalière», rappelle Corine Moinat.

Colocation difficile

Et c’est sans doute là que réside le plus gros challenge, dans la gestion de cette évolution. Les attentes sont grandes, notamment du côté de l’aviation privée. «Nous espérons pouvoir poursuivre les discussions constructives entamées il y a un an avec les dirigeants de la plateforme», relève Walter Chetcuti, président de l’Association genevoise de l’aviation d’affaires (AGAA).

Il n’en a pas toujours été ainsi à Cointrin, deuxième aéroport d’affaires européen, derrière Londres mais devant Paris. L’industrie de jets privés, qui contribue largement à la croissance de la région, drainant diplomates de la Genève internationale ou cadres des puissantes multinationales installées sur les rives du Léman, se trouve freinée par les capacités limitées de l’infrastructure aéroportuaire.

Son talon d’Achille, c’est cette unique piste pour les atterrissages et décollages – une trentaine par heure -, qu’il faut partager entre tous les aéronefs: vols privés, commerciaux, charters et fret. Avec certains jours des pics de plus de 70 000 passagers. Dont beaucoup voyagent avec easyJet, premier utilisateur de la plateforme avec plus de 43,2% de parts de marché. Félicitant André Schneider pour sa nomination, Thomas Haagensen, directeur commercial de la compagnie low-cost pour l’Europe du nord s’est dit «persuadé que cette collaboration fructueuse et constructive perdurera». Une façon très diplomatique de formuler les attentes qui pèsent sur le nouveau patron de Cointrin.

Vastes chantiers

Charge à lui de mettre tous ces intérêts au diapason, tout en ménageant les sensibilités environnementales et en développant les liaisons directes stratégiques, comme avec Pékin, commente un acteur du milieu aéronautique de premier plan, qui souhaite rester discret. «Une liaison qui pourrait fonctionner mieux», a concédé Robert Deillon. «La desserte, ces 48 liaisons directes que nous offrons, c’est sans doute la plus grosse valeur de cet aéroport», a rappelé le futur retraité.

Une exigence à laquelle devrait répondre du moins en partie l’aile Est, destinée aux gros-porteurs. Lancée en 2009 et devisée à 620 millions de francs, «la construction va s’accélérer cette année» pour s’achever vers 2020, a assuré Robert Deillon. Un vaste chantier auquel s’ajoutent les rénovations de l’étage de check-in et du hall à bagages, «dès cet été».

Sans oublier une possible entrée au capital des aéroports de Lyon (Saint-Exupéry et Bron), à laquelle la régie publique autonome est candidate. «Nous attendons la réponse de l’Etat français», qui a décidé de privatiser la plateforme dans laquelle il détient une part de 60%, a annoncé Robert Deillon.

Pour conduire ces projets, André Schneider semble être la personne toute trouvée, ayant contribué à la mise en œuvre du Swiss Tech Convention Center de l’EPFL, et piloté celle du Rolex Learning Center. «Il a l’habitude des grands chantiers», se félicite Corine Moinat. Quant au principal intéressé, absent à l’annonce de sa nomination qui n’a été validée que le matin même par l’exécutif genevois: «je ne m’exprimerai pas sur l’aéroport et ses défis avant d’avoir pu commencer à me faire une vue d’ensemble de tous les dossiers».

L’aéroport de Genève a dévoilé hier le nom de son nouveau directeur. André Schneider aura à gérer la forte croissance de l’institution, épine dorsale de tout un pan de l’économie.

Genève Aéroport a accueilli un nombre record de 15,8 millions de passagers en 2015. Au premier trimestre, la fréquentation a encore augmenté de 7,2% par rapport à celle enregistrée lors des trois premiers mois de l’an dernier.

Le chiffre d’affaires n’est pas en reste. Il s’est établi à 423,7 millions de francs en 2015. Genève Aéroport a ainsi pu dégager un bénéfice de près de 75 millions de francs, dont la moitié sera reversée à l’Etat de Genève. Des investissements de 112 millions de francs ont aussi été consentis sans alourdir la dette.

L’aéroport propose plus de 140 destinations. La compagnie à bas coûts easyJet reste de loin le principal transporteur actif sur la plate-forme, avec une part de marché de 43,2%. Il est suivi par Swiss (15%) et British Airways (4,7%), qui ne cesse de gagner en importance. Londres est d’ailleurs la destination la plus priée. ats

Des codes, des partitions, mais pas d’avions André Schneider (photo: Alain Herzog/EPFL), né en novembre 1959 et père de quatre enfants, assure pour l’heure la vice-présidence de l’EPFL chargée des ressources et des infrastructures. Docteur en sciences informatiques de l’Université de Genève et du CERN, il a démarré sa carrière dans le conseil informatique, avant d’œuvrer entre 2003 et 2010 à l’organisation du rendez-vous annuel des puissants de ce monde, le WEF (World Economic Forum).

Aucune expérience dans l’aéronautique

Il a en parallèle développé une société de conseil – André Schneider Global Advisory SA – pour aider des entreprises à s’implanter, dans une optique de développement durable. Plus surprenant, André Schneider a également été musicien professionnel. Après avoir étudié le tuba à Munich, il a joué dans des orchestres prestigieux, tels que le Berliner Philharmoniker et le Lucerne International Festival Orchestra.

Il n’a en revanche aucune expérience dans l’aéronautique. Mais c’est justement ce qui plaît à Corine Moinat, présidente du conseil d’administration de Genève Aéroport. «Nous avons assez de compétences aéroportuaires à l’interne. André Schneider, doté d’une grande ouverture d’esprit, apportera un regard neuf, qui ne pourra que nous aider», souligne celle qui a pris la gouvernance de l’institution l’an passé, sans avoir jamais non plus travaillé dans les milieux de l’aviation.

Croissance record

Genève Aéroport a accueilli un nombre record de 15,8 millions de passagers en 2015. Au premier trimestre, la fréquentation a encore augmenté de 7,2% par rapport à celle enregistrée lors des trois premiers mois de l’an dernier.

Le chiffre d’affaires n’est pas en reste. Il s’est établi à 423,7 millions de francs en 2015. Genève Aéroport a ainsi pu dégager un bénéfice de près de 75 millions de francs, dont la moitié sera reversée à l’Etat de Genève. Des investissements de 112 millions de francs ont aussi été consentis sans alourdir la dette.

L’aéroport propose plus de 140 destinations. La compagnie à bas coûts easyJet reste de loin le principal transporteur actif sur la plate-forme, avec une part de marché de 43,2%. Il est suivi par Swiss (15%) et British Airways (4,7%), qui ne cesse de gagner en importance. Londres est d’ailleurs la destination la plus priée. ats

Des codes, des partitions, mais pas d’avions

Des codes, des partitions, mais pas d’avions André Schneider (photo: Alain Herzog/EPFL), né en novembre 1959 et père de quatre enfants, assure pour l’heure la vice-présidence de l’EPFL chargée des ressources et des infrastructures. Docteur en sciences informatiques de l’Université de Genève et du CERN, il a démarré sa carrière dans le conseil informatique, avant d’œuvrer entre 2003 et 2010 à l’organisation du rendez-vous annuel des puissants de ce monde, le WEF (World Economic Forum).

Aucune expérience dans l’aéronautique

Il a en parallèle développé une société de conseil – André Schneider Global Advisory SA – pour aider des entreprises à s’implanter, dans une optique de développement durable. Plus surprenant, André Schneider a également été musicien professionnel. Après avoir étudié le tuba à Munich, il a joué dans des orchestres prestigieux, tels que le Berliner Philharmoniker et le Lucerne International Festival Orchestra.

Il n’a en revanche aucune expérience dans l’aéronautique. Mais c’est justement ce qui plaît à Corine Moinat, présidente du conseil d’administration de Genève Aéroport. «Nous avons assez de compétences aéroportuaires à l’interne. André Schneider, doté d’une grande ouverture d’esprit, apportera un regard neuf, qui ne pourra que nous aider», souligne celle qui a pris la gouvernance de l’institution l’an passé, sans avoir jamais non plus travaillé dans les milieux de l’aviation.


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