14.09.2017, 00:01  

Alcool en libre accès sur l’autoroute

Abonnés
chargement
La loi en vigueur autorise bien les stations-services situées à proximité des autoroutes, mais pas sur des aires officielles, à commercialiser de l’alcool.

 14.09.2017, 00:01   Alcool en libre accès sur l’autoroute

Par Philippe Boeglin

COMMERCE - Le Parlement l’a décidé: les magasins autoroutiers pourront vendre de la bière et du vin.

Vous avez déjà été irrité par l’absence d’alcool dans les aires d’autoroute? Si la réponse est oui, vous pouvez désormais déboucher le champagne: le Conseil des Etats s’est rallié hier au National et a adopté, par 26 voix contre 14, une motion en faveur de la vente de boissons alcoolisées dans les échoppes en bord d’autoroute.

Le parlement charge...

Vous avez déjà été irrité par l’absence d’alcool dans les aires d’autoroute? Si la réponse est oui, vous pouvez désormais déboucher le champagne: le Conseil des Etats s’est rallié hier au National et a adopté, par 26 voix contre 14, une motion en faveur de la vente de boissons alcoolisées dans les échoppes en bord d’autoroute.

Le parlement charge ainsi le Conseil fédéral d’élaborer un projet de loi, ou de modifier l’ordonnance correspondante. La première voie aurait pour conséquence d’ouvrir la porte à un éventuel référendum des opposants.

Prévention menacée?

Ces derniers sont issus de la gauche rose-verte, et leurs motifs relèvent avant tout de préoccupations liées à la prévention. «Un accident est toujours un accident de trop. Si un accident mortel est évité grâce à une alcoolisation diminuée, c’est une vie de gagnée», a plaidé le sénateur Claude Hêche (PS, JU).

Un avis partagé par le Bureau de prévention des accidents. Le centre national de compétences craint en effet que «cette décision ne provoque une augmentation du nombre d’accidents liés à l’alcool sur les autoroutes. (…) Des études prouvent qu’une forte densité de débits va de pair avec une consommation élevée d’alcool et les problèmes qui en découlent, comme les accidents».

Et d’appuyer: les statistiques démontrent que l’alcool est, directement ou indirectement, en cause dans 13% des accidents graves survenus sur les autoroutes (moyenne 2011-2015).

Il en faut néanmoins bien plus pour inquiéter la majorité bourgeoise du parlement. «Il revient à chaque conducteur de prendre ses responsabilités», assène Werner Hösli, conseiller aux Etats (UDC, GL). Sinon, dans le même ordre d’idées, «il faudrait bloquer les voitures à 120km/h, pour éviter tout dépassement de la vitesse réglementaire».

Doris Leuthard confiante

Le Conseil fédéral lutte dans le même camp. Ministre des Transports, Doris Leuthard ne détecte aucune menace pour la sécurité: celle-ci s’est surtout améliorée depuis le rabaissement de la limite d’alcoolémie de 0,8 à 0,5 pour mille. «Cela a lancé le débat dans l’opinion publique et les jeunes automobilistes se montrent fort disciplinés dans leur consommation. Le rapport à l’alcool a évolué. Le Conseil fédéral estime donc que ce n’est pas la disponibilité de l’alcool qui est déterminante, mais bien le comportement de chacun.»

Dans ce sillage, la branche des restoroutes ne cache pas sa satisfaction. «On remet enfin l’église au milieu du village, et tout le monde sur un pied d’égalité», salue Guy Pernet, directeur des opérations à Autogrill Suisse. Car finalement, la loi en vigueur autorise bien les stations-services situées à proximité des autoroutes, mais pas sur des aires officielles, à commercialiser de l’alcool. «C’est une vraie hypocrisie suisse.»

Pas destiné au chauffeur

Le dirigeant étaie. «Prenons l’exemple des cars. Le chauffeur ne doit évidemment pas boire en service, mais pourquoi prohiber aux dizaines de passagers de s’acheter de la bière ou du vin? Et regardez autour de nous, en Europe: de nombreux pays autorisent la vente d’alcool.»

Egalement président du restoroute de la Gruyère, l’homme se souvient. «Cette interdiction date des années 1960. Elle ne nous a bien sûr pas empêchés de vivre jusqu’à aujourd’hui, mais n’est pas justifiée. La population est suffisamment sensibilisée, et je peux vous rassurer: aucun restaurateur ne veut inciter ses clients à consommer excessivement!»

Qui a raison? L’avenir et, surtout les statistiques des accidents le diront.

Pas de contrôle obligatoire pour les conducteurs avant 75 ans

Les conducteurs âgés échapperont pendant cinq ans de plus à l’examen médical obligatoire. Après le National, le Conseil des Etats a soutenu hier par 34 voix contre 4 un projet visant à relever l’âge minimal à 75 ans. Il prévoit aussi des mesures d’accompagnement.

Le projet se base sur une initiative parlementaire du conseiller national Maximilian Reimann (UDC/AG), qui vient d’avoir 75 ans. «Aujourd’hui, les seniors sont en meilleure santé et plus en forme qu’autrefois», a argumenté Damian Müller (PLR/LU).

Les personnes âgées sont beaucoup moins impliquées dans les accidents graves que les jeunes, a noté Werner Häsli (UDC/GL). Mais selon une étude, le risque augmente nettement à partir de 70 ans par rapport à la tranche 60-70 ans, lui a rétorqué en vain Daniel Jositsch (PS/ZH), un des rares sénateurs opposé au projet. ats


Vous avez lu gratuitement
une partie de l'article.

Pour lire la suite :

Profitez de notre offre numérique dès Fr 2.- le 1er mois
et bénéficiez d'un accès complet à tous nos contenus

Je profite de l'offre !
Top