19.05.2017, 00:01  

Une montagne suédoise trop haute

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Par laurent kleisl

HOCKEY SUR GLACE - La Suisse sortie avec les honneurs en quarts de finale du championnat du monde.

Jamais l’équipe de Suisse n’a battu la Suède en match à élimination directe dans le cadre du Mondial. Eh bien, il faudra revenir! Hier, malgré une performance de choix, la sélection de Patrick Fischer s’est inclinée 1-3 face au mastodonte scandinave. Le défi était simplement trop grand, la montagne trop haute. Sans rougir et le torse bombé, elle sort en quarts de finale d’une compétition franco-allemande qu’elle boucle au sixième rang final.

C’est avec l’assurance d’avoir rempli sa mission jusqu’au bout que les Confédérés peuvent rentrer aujourd’hui au bercail. Partis de travers, avec des débuts timorés face aux nations les moins relevés de son groupe – deux points perdus contre la Slovénie, défaite face à la France –, ils ont terminé leur tour préliminaire en alignant les morceaux de bravoure contre le Canada, le Finlande et la République tchèque, avant de bousculer le Tre Kronor en quarts. Respect. Du bon boulot.

Gaëtan Haas le détonateur

Hier soir, en conclusion du volet parisien du Mondial 2017, un espoir fou est né d’un malentendu. En conclusion d’un rush rageur, Gaëtan Haas s’est servi du patin d’Oliver Ekman-Larsson pour montrer la voie de la réussite. L’autogoal du défenseur étoile des Arizona Coyotes provoqué par l’attaquant du HC Bienne (12’53), homme qui avoue sans ambages son désintérêt pour les paillettes de la NHL, a grandement contribué à détendre une équipe de Suisse un brin sur la retenue dans les premières minutes.

Car l’inébranlable machine scandinave, ce rouleau compresseur mélangeant adroitement talent et puissance, s’est mise en marche dès les premières secondes. Dans ce contexte, la rapide ouverture de la marque de Niklas Backström (4’45), principal fournisseur en caviars d’Alexander Ovechkin aux Washington Capitals, est tombée comme un fruit mûr, au cœur d’une critique entrée de cirque helvétique.

Arrivé mercredi en provenance de Cologne, le Tre Kronor n’a pas paru perturbé par la découverte de son éphémère nouveau lieu de travail et de son ambiance feutrée digne du Hallenstadion de Zurich. Dans l’après-midi, les Russes, également débarqués d’Allemagne la veille, avaient connu quelques soucis à l’allumage contre la République tchèque. «On a senti que les Tchèques connaissaient la patinoire, avaient leurs habitudes», dira l’attaquant CSKA Moscou Sergei Andronov. «Ils sont rapidement entrés dans le match alors que nous avons connu des problèmes en première période.» Un tiers tout de même bouclé sur la marque de 2-0 en faveur de la Sbornaja, finalement vainqueur 3-0. Passons.

Des occasions de revenir

Plus belle invention suisse à Paris, l’attaque de paupière a une nouvelle fois provoqué des effets miraculeux. Patinant sur au faux rythme, les hommes de Patrick Fischer ont acquis la merveilleuse faculté d’endormir l’adversaire, de le clamer. Cette tactique pas forcément consciente a conduit à la victoire face au Canada 3-2 (ap). Hier, elle a permis un retour à niveau inespéré durant la période inaugurale, tant la Suède semblait inatteignable.

Cette stratégie singulière rogne les limites de la sélection nationale face à des nations du calibre supérieur. Mais contrairement aux Nord-Américains, bouffis de suffisance, les Scandinaves n’ont pas pris les petits Suisses de haut. Sous le choc après la réussite de Haas, ils ont continué leur travail de sape pour reprendre une unité d’avance par William Nylander (33’15) au milieu d’un tiers médian de haute tenue, peut-être le meilleur du tournoi côté helvétique. L’intenable Haas en infériorité numérique (29e), Puis Suter (33e) et Denis Hollenstein (37e) se sont ménagé des occasions assez chaudes pour franchir la garde d’Henrik Lundqvist, sans doute ce qu’il se fait de mieux actuellement en matière de gardien européen.

Il faudra patienter pour mater la Suisse disputer la troisième demi-finale de son histoire, après 1992 en République tchèque et 2013 en Suède. L’année prochaine? Avec cette équipe, avec ce coach, avec quelques stars de NHL, tout est possible!

Les affiches des demi-finales sont royales avec Suède - Finlande et Canada - Russie.

Suisse - Suède 1-3 (1-1 0-1 0-1)

Paris: 8417 spectateurs. Arbitres: Iverson/Kubus (CAN/SVK), Otmakhov/Suchanek (RUS/CZE).

Buts: 5e Backström (Lindberg, Nylander) 0-1. 13e Haas 1-1. 34e Nylander (Ekman-Larsson) 1-2. 44e Edler (Joel Lundqvist) 1-3.

Pénalités: 2 x 2’contre la Suisse; 3 x 2’contre la Suède.

Suisse: Genoni; Diaz, Furrer; Loeffel; Genazzi; Schlumpf, Kukan; Marti; Rüfenacht, Almond, Schäppi; Praplan, Haas, Hollenstein; Ambühl, Malgin, Herzog; Bodenmann, Suter, Suri; Brunner.

Suède: Henrik Lundqvist; Stralman, Hedman; Brodin, Ekman-Larsson; John Klingberg, Edler; Lindholm, Rask, Landeskog; Nylander, Backström, Lindberg; Everberg, William Karlsson, Soderberg; Eriksson Ek, Kruger, Joel Lundqvist; Nordström.

Notes: la Suisse sans Untersander (blessé), Hiller et Richard (surnuméraires) ni Schlegel (gardien remplaçant). La Suède sans Carl Klingberg ni Linus Omark. 56’20’’ temps mort de la Suisse. Genoni, Praplan et Ambühl désignés meilleurs joueurs suisses du tournoi.


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