12.10.2017, 00:01  

Questions pour un barragiste

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Peu utilisé en club, Haris Seferovic (en blanc) a déçu face au Portugal, même si ici il devance Joao Moutinho.

 12.10.2017, 00:01   Questions pour un barragiste

Par stéphane fournier

FOOTBALL L’équipe de Suisse doit se remettre en question pour aller à la Coupe du monde.

Une seule soirée suffit à ébranler les certitudes acquises par l’équipe de Suisse depuis douze mois. Elle ramène au pays une confiance fortement fissurée au lendemain du revers concédé contre le Portugal, le seul de l’ensemble des qualifications. Valdimir Petkovic silencieux, le sélectionneur décline toutes les sollicitations des journalistes à l’aéroport de Lisbonne avant le voyage retour, la parole...

Une seule soirée suffit à ébranler les certitudes acquises par l’équipe de Suisse depuis douze mois. Elle ramène au pays une confiance fortement fissurée au lendemain du revers concédé contre le Portugal, le seul de l’ensemble des qualifications. Valdimir Petkovic silencieux, le sélectionneur décline toutes les sollicitations des journalistes à l’aéroport de Lisbonne avant le voyage retour, la parole revient à Claudio Sulser. «Il ne faut pas tout remettre en question», lance le délégué aux équipes nationales en message préventif face aux interrogations générées par cette défaite. Le propos fait écho à ceux prononcés par le sélectionneur au terme de la rencontre.

Plus que le résultat, la manière dont s’est concrétisé l’échec confronte une nouvelle fois la Suisse à son incapacité de faire basculer les quitte ou double des événements majeurs dans son camp. Il intervient dans la lignée des échecs enregistrés face à l’Argentine en huitièmes de finale de la Coupe du monde brésilienne en 2014, puis celui contre la Pologne au même stade de la compétition lors de l’Euro 2016.

Le revers portugais percute le moral suisse avec plus de force encore. Accepter un statut de barragiste avec un total de vingt-sept points pris en dix matches demandera de grandes ressources morales.

Shaqiri et Xhaka ne font pas la décision

Xherdan Shaqiri et Granit Xhaka, attendus en hommes décisifs, ne l’ont pas été au Portugal. Evoluant dans un rôle similaire à Bernardo Silva, le premier a souffert de la comparaison avec le Monégasque mardi soir. Capable de gestes exceptionnels, comme son but face aux Polonais à l’Euro, le joueur de Stoke City peine à se montrer influent et constant contre des oppositions plus relevées que la Lettonie ou la Hongrie.

Dans un autre registre, le milieu de terrain d’Arsenal apparaît trop dépendant du collectif pour s’exprimer à son meilleur niveau quand les joueurs placés devant lui se montrent aussi peu mobiles que mardi. Heureusement, l’opposition devrait être moins relevée que celle des champions d’Europe lors des barrages.

Le retour de Valon Behrami devrait partiellement combler le manque de caractère fatal sur la pelouse lisboète. Il n’effacera pas les carences dans la production du jeu dont Xhaka et Shaqiri demeurent les principaux dépositaires. «Offensivement, nous n’avons rien produit. Nous n’avons pas réussi à trouver les espaces», déplore Admir Mehmedi.

Une hiérarchie ébranlée

La hiérarchie du groupe suisse pourrait aussi subir quelques modifications lors des barrages. Admir Mehmedi, Blerim Dzemaili et Haris Seferovic n’apparaissent plus comme intouchables après leurs performances sans relief face aux Portugais. Les deux premiers bénéficieront d’un mois pour redonner à leurs jambes le rythme et l’intensité qui leur ont fait défaut contre les champions d’Europe. Dans le cas contraire, Steven Zuber, Fabian Frei, Denis Zakaria ou Remo Freuler sont des candidats crédibles pour pallier leur déficit.

Le cas de l’attaquant du Benfica Lisbonne, de plus en plus en retrait avec son club après un début de saison tonitruant, demeure plus complexe. Breel Embolo se montre plus à l’aise sur les côtés ou dans une position de soutien qu’en élément de pointe dans le dispositif dessiné par le sélectionneur. De son côté, Josip Drmic reprend les entraînement après une convalescence de six mois suite à une blessure au genou droit. Sa capacité de prendre la profondeur aurait été plus utile que les efforts vains, mesurés également, de Seferovic à Lisbonne. Le déficit de compétition de l’attaquant du Borussia Moenchengladbach fait de Dimitri Oberlin une alternative sérieuse à l’évanescent titulaire actuel du poste.

admir mehmedi n’a pas de préférence

Les Suisses connaîtront leur adversaire des barrages de qualification pour la Coupe du monde mardi. La confrontation sur le terrain se jouera au début du mois de novembre. Vladimir Petkovic ne s’exprimera pas sur ce quitte ou double en deux manches avant de connaître l’adversaire de son équipe. Marco von Ah, responsable de la communication de l’Association suisse de foootball (ASF), transmet le message aux journalistes présents à l’aéroport de Lisbonne hier. Une indiscrétion lâche que le «Mister» aimerait jouer la deuxième manche à domicile.

Unique titulaire de la rencontre face au Portugal à embarquer pour le vol de retour vers Bâle, Admir Mehmedi se colle à la corvée médiatique. «Les deux Irlandes sont des adversaires particulièrement coriaces et difficiles à jouer, on le sait», confie le joueur du Bayer Leverkusen. «Mais la Grèce ou la Suède sont aussi de bonnes équipes. Je n’ai pas de préférence. Nous devrons simplement battre l’une d’elles si nous souhaitons participer à la Coupe du monde.»


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