20.01.2017, 00:01  

Une nouvelle compétition pour briser les codes

chargement
Par ats

ATHLÉTISME - Les prochains Nitro Athlétics veulent faire évoluer ce sport vers de nouvelles formes de compétitions.

L’Open d’Australie à peine terminé, Melbourne accueillera dans quinze jours une nouvelle compétition qui doit, elle, contribuer à «révolutionner» l’athlétisme: les Nitro Athletics, une manifestation d’un nouveau genre combinant des disciplines inédites, à laquelle la présence d’Usain Bolt conférera un éclat particulier.

Le cachet du nonuple champion olympique se monte à environ 1 million de dollars pour participer aux trois journées des Nitro, les 4, 9 et 11 février, au «champêtre» Lakeside Stadium. Une somme énorme, même pour la superstar du sprint, rendue possible notamment par l’aide de l’Etat de Victoria, qui soutient la manifestation avec l’agence de marketing IMG. La Fédération internationale (IAAF) roule également pour l’événement, même si celui-ci rompt avec la tradition de l’athlétisme.

Pour preuve: il s’agit d’une compétition par équipes (Grande-Bretagne, Australie, Japon, Chine, Nouvelle-Zélande et le All-Star Team de Bolt), qui s’affronteront dans des épreuves inédites comme des relais mixtes en sprint ou de haies, sur 60 m, sur une course de trois minutes ou encore un mile à élimination, à quoi s’ajoutent des épreuves traditionnelles modifiées (avec un système de points bonus) comme la longueur, la perche ou le javelot.

Une épreuve paralympique est également au programme, pour un total de douze disciplines combinant «endurance, technique, vitesse, puissance et esprit d’équipe». Chaque équipe sera composée de douze hommes et douze femmes, avec un système de points en fonction des rangs mais aussi de bonus par exemple si le javelot atterrit dans une zone prédéterminée par l’équipe ou de points de pénalité pour faux départ. Bref, on brise les codes.

«Elle a sa place»

«Cette compétition a sa place, mais en parallèle de l’athlétisme traditionnel et hors saison. Il faut bien différencier les deux choses», estime Jacky Delapierre. Le patron d’Athletissima est bien conscient, à l’image de l’IAAF, que son sport doit évoluer pour toucher un nouveau public, se rapprocher encore des jeunes et favoriser l’esprit ludique. «L’athlétisme doit faire une réflexion de fond, nous avons besoin de nouvelles idées pour le promouvoir. Mais des questions se posent: que seraient les Nitro sans Usain Bolt? Et le modèle est-il transposable hors d’Australie?»

A Lausanne, à l’instar du meeting Weltklasse qui délocalise en gare son concours de la perche, on songe à éventuellement déplacer en ville l’épreuve du lancer du poids. De plus en plus, l’athlétisme cherche à aller à la rencontre du public, à sortir des stades, un peu à l’image du ski de fond qui a dépoussiéré son image avec les sprints en ville ou le Tour de Ski, des disciplines ayant fait bondir d’abord les puristes avant d’acquérir leurs lettres de noblesse.

«L’athlétisme dans sa forme actuelle reste la pierre actuelle des Jeux olympiques, et nos Mondiaux restent un événement incroyablement fort et attractif. Cependant, nous avons besoin d’innovation, et que nos athlètes aient plus d’opportunités d’interagir avec les supporters», souligne Sebastian Coe, le président de l’IAAF.

Bref, l’athlétisme veut avancer, au-delà de la «mini-réforme» de la Ligue de diamant. ats


  Vous devez être identifié pour consulter cet article

Top