17.02.2017, 00:01  

Virus amené sur les pistes de ski

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Les joies du camp de ski se sont terminées mercredi en queue de poisson pour les élèves du collège du Mail à cause d’une épidémie.

COLLÈGE DU MAIL - Camp de ski arrêté net à cause d’une épidémie de gastro.

L’hôtel Central Résidence, à Leysin (VD), ne porte aucune responsabilité dans l’épidémie à norovirus qui a touché 22 élèves du centre du Mail (notre édition d’hier). Face aux recherches menées par l’équipe du médecin cantonal vaudois, tout porte à croire que c’est un des 108 élèves, ou l’un des accompagnants, qui est responsable de la transmission du virus. Selon toute vraisemblance, il ou elle serait parti déjà malade de Neuchâtel. «Ce n’était pas lié à l’hôtel ou à la nourriture; des quatre groupes qui logeaient dans le même établissement, seuls les Neuchâtelois étaient malades», souligne Joël Broye, directeur du département Sports de l’Eoren, l’Ecole obligatoire région Neuchâtel.

Neige, soleil, hôtel au pied des pistes leysenoudes... Le décor était parfait pour les petits Neuchâtelois. Mais cela n’a pas duré. Dans la nuit de mardi à mercredi, des enfants ont commencé à se plaindre de vomissements et diarrhées. Et cela n’a cessé d’empirer au fil des heures. «A neuf heures mercredi matin, j’étais sur place, car c’était la première fois que nous étions confrontés à une épidémie», relève François Visinand. Le directeur du centre du Mail précise que deux enfants ont été transportés à l’hôpital d’Aigle, car ils souffraient de déshydratation. «Ils ont heureusement pu quitter l’hôpital rapidement», précise-t-il.

Etat de fatigue généralisé

Le médecin cantonal vaudois a pour sa part délégué à Leysin une infirmière de son service. «Elle nous a rassurés en indiquant que les symptômes disparaissaient après deux ou trois jours. Cependant, les malades ne pouvaient pas sortir de l’hôtel en raison des risques de contagion», note François Visinand. Qui a dû se déterminer rapidement sur la suite du camp. Et la direction a choisi de rapatrier tout le monde à Neuchâtel. Une décision sans a priori médical, qui tient simplement du bon sens. «Nous avions six classes à gérer», reprend François Visinand. «Nous avons confiné la trentaine de malades dans une salle pour qu’ils ne contaminent pas les autres.» Il a fallu prendre en considération l’état de fatigue des accompagnants: «Ils n’ont pas dormi de la nuit», relate le directeur, certain d’avoir agi dans l’intérêt des élèves en prenant la décision de ramener tout le monde à Neuchâtel.

Hôtelier rassuré

Restait à aviser les parents. «Nous prenons les téléphones portables des élèves toutes les nuits. Mercredi, nous ne les avons pas rendus, pour ne pas paniquer les parents», relève le directeur du Mail. Deux secrétaires ont alors avisé les parents pour leur expliquer ce retour précipité. «Nous avons réservé un car pour les bien portants et un autre pour les malades. Les caristes étaient équipés de seaux et de nombreuses bouteilles d’eau», note Joël Broye.

«Cela fait vingt ans que je reçois des camps de ski. J’ai déjà vu des cas de contagion. Mais là, j’étais certain des conditions d’hygiène de mon établissement. Nous avons même des pare-haleine sur nos buffets», explique le directeur de l’hôtel. Jean-Claude Bonelli précise que son établissement est contrôlé tous les mois par le service cantonal d’hygiène, car «je me soucie aussi de la santé de mes employés.» Quant aux chambres des Neuchâtelois, elles ont été ripolinées. «Nous avons utilisé un produit spécial recommandé par le médecin cantonal pour tout désinfecter», conclut l’aubergiste.

Lundi, ce sera au tour des élèves du Cercle scolaire des Cerisiers de dormir à Leysin

Lundi, ce seront les élèves du cercle scolaire les Cerisiers, à Gorgier, qui se rendront à Leysin. Ils logeront à l’hôtel Central Résidence, comme leurs camarades du Mail et dans un deuxième établissement de la station géré par la même direction. Ils ne courront aucun risque de contagion: «On m’affirme que l’hôtel n’y est pour rien», expliquait hier matin déjà Laurent Schüpbach. Le directeur des Cerisiers explique que, sitôt avisé de la situation, il a pris contact avec la direction de l’hôtel, le Service de la santé publique vaudoise et la direction du Mail afin d’y voir clair. Totalement rasséréné, Laurent Schüpbach a évidemment maintenu les camps programmés.

Une décision qui a été immédiatement expliquée aux élèves concernés ainsi qu’à leurs parents. «Ce matin (réd: hier), nous avons vu tous les élèves de dixième et onzième années pour les tenir informés et nous leur avons remis une circulaire à l’intention des parents», détaille le directeur des Cerisiers. En parallèle, les chefs de camps (les 9e année se rendent à La Lenk et La Fouly, notamment) ont procédé à un rappel des règles élémentaires d’hygiène. Le directeur du cercle scolaire des Cerisiers précise encore que, en prévision du camp de ski, il demande aux parents dont les enfants présenteraient des symptômes de gastro-entérite de prendre contact avec la direction de l’établissement.

Le même phénomène que l’épidémie du Locle

«La présence des norovirus a été confirmée dans les selles des deux enfants hospitalisés», indique Claude-François Robert. Le médecin cantonal neuchâtelois n’est pas autrement surpris par cette épidémie: «Hors contexte épidémique, je reçois toutes les années plusieurs déclarations à cette saison, dont celles de homes pour personnes âgées. C’est la même situation qui a prévalu au Locle», en juillet 2015 et qui se traduit par vomissements et diarrhées. Les symptômes sont violents durant 24 heures. La transmission épidémique est le fait d’une mauvaise hygiène. Dans ces conditions, il est important de se laver les mains avec du savon ou une solution hydroalcoolique (qui a été distribuée aux 108 élèves du Mail pour le retour à Neuchâtel). Et de se réhydrater aussi, avise le médecin cantonal. Le mieux est de boire des soupes salées ou des boissons isotoniques. «Dans ces cas-là, on perd beaucoup de molécules de sel. Dès lors, la tension artérielle baisse», et les complications peuvent survenir, rappelle Claude-François Robert, qui insiste sur la nécessité de se laver les mains avant, notamment, de passer à table.


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