27.09.2017, 17:55  

Un clitoris géant à la gare de Neuchâtel: l'artiste explique sa démarche

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Le photomontage réalisé par l'artiste.

 27.09.2017, 17:55   Un clitoris géant à la gare de Neuchâtel: l'artiste explique sa démarche

Art - Cette oeuvre d'art ne devrait pas passer inaperçue à la gare de Neuchâtel. En tout cas, l'annonce de son dévoilement samedi ne laisse pas les internautes indifférents. Les explications de l'artiste et des autorités de la Ville.

Leçon d’anatomie, curiosité ou provocation, un clitoris géant se dressera à la gare de Neuchâtel. La sculpture d’un jeune artiste genevois sera vernie samedi à 18h et visible durant trois semaines au rond-point de l’espace de l’Europe.

"C’est une idée du collectif et surtout de l’artiste", explique Fabian Boschung. "Je connaissais son travail, que j’apprécie beaucoup. Mathias Pfund s’intéresse aux sculptures dans l’espace public de manière assez critique."

Le collectif d’artistes neuchâtelois Smallville, qui a ouvert...

Leçon d’anatomie, curiosité ou provocation, un clitoris géant se dressera à la gare de Neuchâtel. La sculpture d’un jeune artiste genevois sera vernie samedi à 18h et visible durant trois semaines au rond-point de l’espace de l’Europe.

"C’est une idée du collectif et surtout de l’artiste", explique Fabian Boschung. "Je connaissais son travail, que j’apprécie beaucoup. Mathias Pfund s’intéresse aux sculptures dans l’espace public de manière assez critique."

Le collectif d’artistes neuchâtelois Smallville, qui a ouvert son espace d’exposition à fin 2015, avait la volonté de sortir de ses murs. "Pour s’exposer au regard de personnes qui côtoient peu l’art contemporain", relève Camille Pellaux. Pour "élargir le public", rebondit Fabian Boschung.

Avec ses pendulaires et autres usagers en nombre, la gare s’est imposée. Comme le giratoire, lieu de passage par excellence. "Nous voulions nous confronter à cette culture du rond-point."

Fabian Boschung et Camille Pellaux, du collectif Smallville. Crédit: David Marchon

"Ludique et sarcastique"

Le centre du carrefour, un puits surplombant une conduite d’eau, entrait aussi en résonance avec la sculpture intitulée "Instant Pleasure (Clitoris)". Une première variante avait en effet la forme d’une sculpture-fontaine.

"Ce n’est pas plus mal si l’œuvre est moins frontale et a une forme de subtilité", retient Fabian Boschung. Car la démarche n’a pas pour but de choquer. Pour Camille Pellaux, "c’est un peu ludique, sarcastique" tandis que, selon son camarade, "la sculpture dans l’espace public est souvent très phallique". Enfin, "c’est une forme que peu de gens connaissent", souligne Fabian Boschung. "Je l’ai moi-même découverte dans son entier grâce à ce projet."

"Pas anodin, évidemment"

L’auteur de l’œuvre confirme que "l’idée n’est pas simplement de choquer ou de créer une polémique". Mathias Pfund, 25 ans, précise "qu’un clitoris dans l’espace public n’est évidemment pas anodin. Cela témoigne d’une volonté de donner de la visibilité à cet organe du plaisir", longtemps "escamoté". Mais qui ressort de l’oubli, notamment avec le "clitoris 3D" de la chercheuse française Odile Fillod et sa présence dans des manuels scolaires.

"Cependant, cette proposition est également informée par mon intérêt pour la sculpture moderne (en bronze notamment), propositions qui parsèment l’espace public avec une paradoxale discrétion, comme un mobilier urbain abstrait et familier. Amusé par la ressemblance entre certaines formes issues de cette histoire de la sculpture, représentées à Neuchâtel par André Ramseyer ou Claudine Grisel, et l’anatomie complète d’un clitoris, ‘Instant Pleasure (Clitoris)’ s’est imposée comme une évidence."

Ce projet puise aussi dans un dessin antérieur de Mathias Pfund. Son "Projet de fontaine publique" avait été publié dans un hors-série consacré au clitoris par le magazine féministe français "Causette".

Mathias Pfund devant l'une de ses oeuvres. Crédit: SP

Les précisions du délégué culturel

"En tant que délégué culturel de la Ville, je regrette que l’on n’utilise pas davantage ces podiums que sont les ronds-points pour mettre en valeur des artistes", note Patrice Neuenschwander. A Neuchâtel, les giratoires sont plutôt un terrain de jeu pour les Parcs et promenades.

L’aménagement en question a été "dûment autorisé par la Sécurité urbaine". Car il s’agit de respecter des "règles assez strictes liées à la circulation routière. Il ne faut pas que la concentration du conducteur soit trop perturbée".

Dans le cas précis, Patrice Neuenschwander pense que la sculpture, pour ce qu’il en a vu jusqu’ici, "ressemble à une orchidée. Je ne suis pas sûr que les gens vont faire directement le lien avec l’organe féminin du plaisir..." Cela dit, "l’art d’aujourd’hui est aussi là pour provoquer". Le délégué culturel relie cette démarche à celle, sur les Jeunes-Rives, du Mât, "symbole phallique par excellence".

La Ville a récemment confirmé son soutien aux activités de l’espace d’exposition Smallville. La subvention annuelle est passée de 3000 à 4000 francs. L’espace d’exposition est également soutenu par la Loterie romande, la fondation Bonhôte pour l’art contemporain et la fondation Sandoz.


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