28.01.2017, 00:01  

SolarStratos pourrait enfanter de nombreux petits drones

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La délicate opération d’intégration et de connexion des cellules photovoltaïques sur les ailes de SolarStatos est réalisée à Hauterive.

 28.01.2017, 00:01   SolarStratos pourrait enfanter de nombreux petits drones

PROTOTYPE - Les ailes de l’avion solaire prêtes à tutoyer les portes de l’espace.

Ce qui se construit actuellement dans les locaux d’Innoparc, à Hauterive, pourrait se trouver bientôt au-dessus de nos têtes. C’est du moins l’un des projets de l’éco-explorateur Raphaël Domjan, qui entend développer des drones solaires stratosphériques destinés à rester en position géostationnaire. Télécommunications, images, internet et autres services seraient alors transmis par une constellation de drones à une altitude...

Ce qui se construit actuellement dans les locaux d’Innoparc, à Hauterive, pourrait se trouver bientôt au-dessus de nos têtes. C’est du moins l’un des projets de l’éco-explorateur Raphaël Domjan, qui entend développer des drones solaires stratosphériques destinés à rester en position géostationnaire. Télécommunications, images, internet et autres services seraient alors transmis par une constellation de drones à une altitude entre 20 et 36 kilomètres (soit bien plus bas que les satellites actuels).

Auparavant, le Neuchâtelois doit prouver que son avion solaire sera bel et bien capable d’atteindre la stratosphère. Or, le projet SolarStratos entre dans une de ses phases les plus complexes: l’intégration des cellules photovoltaïques sur les ailes de l’appareil. «Nous avons étudié durant une année et demie la meilleure façon d’encapsuler les 1468 cellules photovoltaïques sur les ailes et les ailerons de profondeur de l’avion. Cela n’a jamais été fait auparavant avec des modules si grands», indique Laure-Emmannuelle Perret-Aebi, cheffe cheffe de secteur Module Technology du Centre suisse d’électronique et de microtechnique (CSEM). «L’intégration des modules, qui comptent chacun 54 cellules, est calculée au millimètre près afin de ne pas affecter l’aérodynamique de l’avion», précise Pierrick Duvoisin, chargé de cette délicate et prometteuse tâche.

Du sur mesure

Prometteuse, car il aura fallu auparavant créer de toutes pièces une machine capable de fabriquer les modules. Sans cette chaîne de production pilote, «nous n’aurions pas obtenu la précision voulue», souligne le technicien en microtechnique, par ailleurs pilote de ballons à air chaud. L’encapsulage terminé, l’équipe du PV Center du CSEM procède actuellement aux mesures de courant, complète l’ingénieur Jordi Escarre.

Lorsque SolarStratos volera dans la stratosphère (en 2018), à quelque 25 000 mètres au-dessus de nos têtes, les modules solaires devront continuer de fonctionner malgré des températures négatives de 70 degrés. «Nous utilisons des chambres climatiques pour sélectionner et tester les matériaux. Car nous devons nous assurer de leur comportement par rapport à la température, aux rayons ultraviolets ou à l’humidité et par rapport à la combinaison de ces paramètres entre eux», remarque Laure-Emmannuelle Perret-Aebi. «Nous sommes partis d’une feuille blanche. La solution retenue permet de remplacer facilement un module qui viendrait à présenter des faiblesses. Ils sont fixés à l’aile avec du velcro, un procédé très utilisé dans l’espace sur les satellites», note l’aérostier. Qui a également travaillé à la réalisation de connecteurs spéciaux entre les modules; les connecteurs standards s’étaient révélés trop lourds.

«A la limite de la science-fiction»

Cette capacité à proposer de nouveaux produits, c’est la carte de visite du CSEM. Et les développements réalisés pour répondre au cahier des charges imposé par Raphaël Domjan pour s’envoler dans la stratosphère ne resteront pas sans lendemain. «Le projet SolarStratos nous offre une visibilité unique, nous avons déjà de nouveaux clients avec lesquels nous allons envisager un transfert de technologie, ce qui est la mission du CSEM», salue la cheffe de secteur. «C’est hypermotivant pour nous, parce qu’il s’agit de sciences appliquées à la limite de la science-fiction», s’extasie Pierrick Duvoisin.


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