04.05.2013, 00:01  

Naufrage sur scène maîtrisé

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Dans cette mise en scène les comédiennes endossent le rôle des hommes avec leurs fausses bedaines en point de repère. 
SP

En préparation d'une tournée européenne, le Groupe de théâtre antique de l'Université de Neuchâtel (GTA) joue sa nouvelle pièce "Rudens: les naufragés" à La Maison du Concert, à Neuchâtel. La première a eu lieu mercredi, jour de la fête du travail, et les théâtreux n'ont pas chômé!

Le credo du GTA consiste à reprendre des textes originaux et à les traduire à nouveau pour les adapter au grand public par le biais d'une mise en scène très efficace et d'un travail de modernisation qui se ressent dans l'ensemble du spectacle. Il se trouve que la mécanique est plutôt bien huilée. Cette première aura vu passer quelques bafouillages et imprécisions que l'on pardonne volontiers à la troupe tant le divertissement est bon. Le GTA présente un événement rare en cette actualisation de comédie latine.

Trois draps, deux matelas et une toile constituent le décor. Les costumes eux aussi sont simples: quelques fripes, pantalons déchirés et hauts transparents font l'attirail des avatars d'esclaves, de maîtres, de prêtresses, du proxénète et des filles qu'il recherche. L'histoire que la pièce nous conte est celle d'un voyage vers la Sicile qui tourne mal. Son but étant l'exode de deux filles de joie vers une terre où les profits sont aussi abondants que les dangers, l'étoile veillant sur ces deux filles entreprend de couler le navire et de sauver ses protégées. S'ensuit un jeu de chat et de souris aux abords d'un temple vénusien et de la bâtisse d'un vieil ermite qui se trouve être le père d'une des filles. Cette version de la comédie de Plaute réussi la prouesse de faire jouer un théâtre d'hommes à une majorité de femmes (7 sur 9 comédiens). "Ça a été un de nos plus grands défis et nous avons choisi de le régler en faisant porter des faux ventres aux personnages masculins. Ce qui a induit une sorte de double couche dans la pièce en rendant perceptible la dualité acteur /personnage" , déclare Guy Delafontaine, metteur en scène.

Ce procédé renforce la loufoquerie de certains tout en ajoutant une dimension caricaturale à la pièce. Le contraste entre l'antique et l'actuel permet de rendre compte de quelques aspects d'une société qui n'était vraiment pas comme la nôtre et ce spectacle ose l'inédit en liant des monuments de la culture populaire comme Johnny Hallyday et "Gangnam Style" aux vénérables mythologies d'un autre âge. À voir! MHO

"Rudens: les naufragés", à voir à la Maison du Concert les 4, 7 et 8 mai à 19h30, ainsi que les 5 et 9 mai à 18h30..


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