16.02.2017, 00:01  

Mises en garde croisées sur fond de bouquins disparus

chargement
La fondation des Moulins du Col-des-Roches a voulu racheter le stock de livres consacrés au musée loclois. Mais les 340 exemplaires restants n’ont pas été retrouvés.

TRIBUNAL - La vente du stock de livres des Editions Attinger SA débouche sur un nouvel épisode. Dénouement proche.

Irréconciliables! L’avant-dernier propriétaire des Editions Attinger SA, à Hauterive, et son nouveau propriétaire continuent de coucher sur des positions totalement opposées au sujet des derniers pas de la transaction concluant le rachat de ce commerce, à la fin de l’année 2011. Le différend porte sur une somme de 280 000 francs, soit le montant que le repreneur de la maison d’édition devrait payer au vendeur pour la vente du stock de livres anciens. Des invendus laissés en dépôt pour que le nouveau propriétaire, faute de liquidités nécessaires, puisse finir de payer la transaction à mesure qu’il écoule les bouquins.

Hier, le Tribunal de police, à Neuchâtel, a tenu sa troisième audience pour démêler l’écheveau. L’ancien propriétaire – plaignant – n’a pas varié dans sa vision de la situation: il estime que le repreneur – prévenu d’abus de confiance, gestion déloyale et contrainte – n’a pas fait preuve de l’allant qu’on pouvait espérer de lui pour vendre rapidement les milliers de livres qui n’ont pas encore trouvé leurs lecteurs. A son sens, les termes de la convention qui lie les deux parties n’ont pas été respectés: le nouveau propriétaire n’aurait pas marqué l’intérêt voulu pour dynamiser les ventes, sur internet notamment.

L’avocat du plaignant a enfoncé le clou en constatant que des centaines de livres sont introuvables. «Vendredi, nous sommes allés au dépôt, car la fondation des Moulins du Col-des-Roches voulait acquérir des exemplaires sur son musée. Elle touche 15% de royalties sur chaque vente», a expliqué Nicolas Stucki. Et l’avocat de constater: «Nous n’avons pas trouvé les 340 exemplaires figurant à l’inventaire! Qu’en est-il de la tenue de la comptabilité? Doit-on considérer qu’il y a dommage à la propriété?»

L’avocat de la défense n’a pas manqué de relever que son mandant n’est pas seul à posséder les clés de l’entrepôt. David Freymond a matraqué que le plaignant n’a rien perdu. Son mandant a par contre payé une employée pour gérer le stock, a supporté la location de l’entrepôt pendant des années et aurait dédommagé un auteur qui n’avait pas été désintéressé pour sa prestation. En comptant les 20 000 francs que le prévenu avait versés au plaignant pour les première ventes, l’avocat calcule a quelque 200 000 francs les coûts supportés par son mandant. «En plus, il a injecté 450000francs dans l’entreprise depuis 2012, sans aucun salaire», a relevé Me Freymond, en concluant à la relaxe de son client.

Agressif, l’avocat du prévenu a ensuite assuré qu’une plainte civile suivrait contre le plaignant. Celui du prévenu a répliqué que son client finirait par en faire de même. Le jugement, pénal, est attendu sous dizaine. ste


  Vous devez être identifié pour consulter cet article

Top