27.11.2015, 00:01  

Marie, Joseph et le petit Jésus délogés

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Sculptés à la tronçonneuse et offerts au Conseil fédéral par le Chaumonnier Marc Rinaldi, Marie, Joseph et le petit Jésus dans son berceau ne sont restés que vingt-quatre heures à l’abri du sapin de la Ville de Neuchâtel. L’exécutif ne veut être associé à aucun symbole religieux.

NEUCHâTEL - La Nativité n’a pas sa place sous le sapin de Noël de la Ville. La crèche installée mercredi a été enlevée hier déjà. Le Conseil communal ne veut pas être associé à une croyance.

Indissociables des fêtes de Noël, les crèches disparaissent des espaces publics. Leur installation se heurte au politiquement correct que s’imposent toujours plus fermement les tenants d’une ligne laïque aseptisée.

Le dernier exemple en date vient d’être servi par la Ville de Neuchâtel. Celle-ci a ordonné, hier, de retirer les grandes figurines représentant Marie, Joseph et le petit Jésus, installées sous le sapin de Noël dressé en face de l’hôtel de ville. Cette scène de la Nativité avait été installée là vingt-quatre heures plus tôt, sans que le Conseil communal en soit formellement avisé.

«La démarche partait d’une bonne intention. L’idée était de mettre en valeur cette crèche qui avait été offerte l’an dernier au Conseil fédéral (réd: lire ci-contre)», note le conseiller communal Olivier Arni. Il a néanmoins immédiatement ordonné de retirer l’objet de discorde. «Je l’ai vue, nous en avons parlé avec le président de la Ville pour clarifier la situation et avons pris la décision de demander au Service forestier de l’enlever», commente le conseiller communal en charge des forêts de la Ville de Neuchâtel.

Endroit inapproprié

C’est apparemment ce service qui, d’entente avec le Département fédéral des affaires étrangères, a eu l’idée d’orner le sapin par une symbolique de circonstance. Mal joué. Car «le sapin de la Ville ne doit pas être associé à des symboles religieux. C’est le sapin de toutes et tous, de tous les citoyens, laïcs comme croyants», soutient Olivier Arni. Si la crèche de la Nativité est retournée dans un entrepôt, elle n’y restera pas longtemps, assure le conseiller communal. «Elle sera mise en valeur dans un autre lieu plus approprié.» Un endroit qui pourrait être un site religieux comme la Collégiale, mais ce n’est qu’une piste parmi d’autres qui restent à explorer. Faut-il en déduire que le Conseil communal a voulu anticiper d’éventuelles récriminations provenant d’autres communautés religieuses? «Pas du tout. Nous ne cédons pas à la panique, c’est du pur bon sens. La Ville de Neuchâtel est à tout le monde, elle ne doit pas être associée à une croyance en particulier», coupe net Olivier Arni.

Le Conseil communal neuchâtelois ne cherche pas à laver plus blanc que blanc, et cette décision n’est pas conditionnée par les attentats de Paris, assure-t-il. «La crèche vivante du centre-ville, près du temple du, Bas est une initiative privée, elle fait partie du programme des animations de Noël et ne pose aucun problème», enchaîne Olivier Arni, en précisant que la crèche du Conseil fédéral n’a jamais été conçue pour le sapin communal.

Don aux Sept Sages

Peu de personnes étaient dans la confidence. L’hiver dernier, à l’occasion des réjouissances de Noël, le conseiller fédéral Didier Burkhalter avait invité ses six confrères du Conseil fédéral et quelques autres personnes à un repas à la cabane des Trois Tilleuls. Un abri dans la forêt de Chaumont réalisé par la protection civile. A cette occasion, la Ville de Neuchâtel commanda au bûcheron Marc Rinaldi cette sculpture de la Nativité pour l’offrir au Conseil fédéral. «Il y avait une dizaine de personnes qui participaient à ce repas», témoigne celui qui est champion du monde junior de bûcheronnage professionnel dans la discipline de l’ébranchage. Reconnaissants, les Sept Sages invitèrent le Chaumonnier à leur table. L’as de la tronçonneuse ne vint pas les mains vides. «J’avais sculpté un petit écureuil pour chacun d’eux», se souvient-il. Il espérait évidemment que sa crèche ornerait le Palais fédéral. Mais, pour quelque motif que ce fut, elle resta à Neuchâtel. Ville qui en possède une autre. «Il y a quelques années, j’ai aussi réalisé une crèche pour la Ville de Neuchâtel», assure Marc Rinaldi.


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