03.05.2012, 00:01  

Les rats se régalent dans les conduites

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Le rat s'accommode très bien des mauvaises habitudes humaines. Pour lui, les déchets sont une source de nourriture. 
PIXELIO.DE
Par SOPHIE MURITH

AUVERNIER - Avant d'être envahi par les rongeurs, le village prend le taureau par les cornes et informe ses habitants. Jeter de la nourriture dans les tuyaux relève de la fausse bonne idée.

Il n'y a pas de petites économies. L'introduction de la taxe au sac conduit ainsi certains à jeter leurs déchets alimentaires dans les toilettes ou l'évier pour gagner de la place sur leur balcon - l'odoriférant bidon vert du compost n'a jamais eu la cote - comme dans leur poubelle. Cet acte en apparence anodin a pourtant une conséquence directe: la prolifération des rats dans les canalisations. Les rongeurs viennent se nourrir directement à la source.

"C'est humain de vouloir payer moins cher", reconnaît Ferenc Sven Baumann, désinfestateur à Saint-Aubin. "Mais les rats pullulent." Habitué à chasser les rongeurs durant l'hiver - ils cherchent alors à se mettre à l'abri des frimas dans les habitations -, le dératiseur s'attend désormais à devoir les traquer durant toute l'année. En mars déjà, il tirait la sonnette d'alarme (notre édition du 15 mars). "Ils sont de plus en plus nombreux. Certaines communes prennent les choses en main, d'autres non."

Nourris et logés dans les conduites

Alerté par Ferenc Sven Baumann qui est intervenu auprès de Perchettes envahis par les rats, le Conseil communal d'Auvernier a réagi. A sa demande, l'administrateur adjoint Pierre-Alain Mollard a, dans le bulletin du village enjoint ses habitants à "trier correctement leurs déchets" , ajoutant qu' "une prolifération de rats deviendrait difficilement contrôlable, sans compter les nuisances sanitaires qui pourraient en résulter pour la collectivité" .

"Nous avons fait paraître cette information à titre préventif", rassure le fonctionnaire. "Pour l'instant, aucune nuisance n'a été détectée. Nous n'avons pas encore vu de rats traverser les rues." L'administrateur adjoint reconnaît toutefois des cas ponctuels d'invasions de bâtiment, dues notamment aux travaux entrepris dans le centre du village pour la mise en conformité des canalisations avec le plan d'évacuation des eaux. Les rats dérangés dans leurs égouts les quittent pour davantage de tranquillité. "Pour prévenir cela, un dératiseur avait déposé des pièges dans les infrastructures" , déclare Pierre-Alain Mollard.

Du côté des autorités sanitaires du canton, le rat n'est actuellement pas une préoccupation majeure. "Il y a plus de risque de se faire mordre par un chien" , relève en plaisantant Rebecca Anderau, médecin cantonal adjoint. "Même s'il n'est pas réjouissant de croiser un rat dans la rue ou dans sa cage d'escaliers."

La doctoresse déconseille fortement de s'approcher de ces rongeurs. "Il faut éviter de les toucher. En cas de morsure, il faut immédiatement consulter un médecin." La plaie doit être soignée et désinfectée rapidement pour éviter la contamination par les microbes et les infections. Le rongeur est également le vecteur de nombreuses maladies. "Mais nous n'avons encore jamais enregistré de cas de transmission de maladiepar le rat ", rassure Rebecca Anderau.


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