12.06.2017, 00:01  

Les bikers contre la violence conjugale

Abonnés
chargement
1/6  

 12.06.2017, 00:01   Les bikers contre la violence conjugale

MALTRAITANCE - Journée cantonale contre la violence domestique vendredi, et cortège vrombissant sur deux roues pour le Zonta club de Neuchâtel samedi, rappellent la complexité du problème.

La violence conjugale était au cœur des préoccupations, cette fin de semaine dans le canton de Neuchâtel. D’une part, le Département de l’éducation et de la famille organisait, vendredi, une journée cantonale sur la violence psychologique (voir ci-contre). D’autre part, le Zonta club de Neuchâtel s’est offert, samedi, une jolie vitrine pour dénoncer la violence faite aux femmes...

La violence conjugale était au cœur des préoccupations, cette fin de semaine dans le canton de Neuchâtel. D’une part, le Département de l’éducation et de la famille organisait, vendredi, une journée cantonale sur la violence psychologique (voir ci-contre). D’autre part, le Zonta club de Neuchâtel s’est offert, samedi, une jolie vitrine pour dénoncer la violence faite aux femmes grâce au concours des motards du Harley owner group (Hog) Neuchâtel chapter.

Pour l’occasion, une cinquantaine de bikers au cuir épais ont revêtu une chasuble jaune fluo mise à disposition par le club service féminin. Ainsi paré, le Hog a porté le message «stop violence» du Zonta durant sa virée de près de 200 km sur les routes neuchâteloises. Message qui s’est bruyamment répercuté sur la place des Halles, samedi peu après 15h, pour une dernière et spectaculaire parade.

Machos au cœur d’or

«Je ne connaissais pas le Zonta avant qu’il nous contacte pour cette collaboration», note Denis Frigerio. Le président du Hog neuchâtelois précise qu’aucun des bikers n’a rechigné à porter le gilet fluo par-dessus sa veste brodée. Derrière l’impression de «bad boys» tatoués aux gros bras, la sensibilité affleure: «On joue de cette image les week-ends pour entretenir en quelque sorte un mythe. Nous sommes des motards, oui, mais nous avons une âme, un cœur. Il est important de soutenir des causes comme celle-ci; la violence... c’est incompréhensible, et il faut le crier. Cette sortie donne aussi un sens au 25e anniversaire du chapter, que nous célébrons cette année», conclut le président du Hog.

La participation des «vrais» hommes qui dénoncent la violence faite aux femmes a évidemment réjoui les trente et une membres du Zonta club. Quel meilleur étendard que «ces motards à l’image de machos qui manifestent contre la violence?», apprécie Claudine Antonioli. La présidente de section de ce club service, dédié à l’amélioration et au respect de la condition féminine, rappelle que les violences de genre restent d’une préoccupante actualité, même en Suisse. «Nous ne sommes pas des militantes, mais la situation est trop banalisée. Il faudrait en parler au quotidien», considère Claudine Antonioli. Elle signale en outre que le Conseil national vient de ratifier la Convention d’Istanbul, un instrument du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique.

Préoccupations constantes des pros

Selon l’association Terre des femmes, 17 685 cas de violence domestique ont été dénoncés en Suisse l’an dernier à la police. Une femme décède tous les 20 jours de cette négation de l’altérité et une tentative de meurtre à l’encontre d’une femme est recensée chaque semaine.

Dans ce contexte, la violence psychologique, qu’elle soit exercée sur une femme ou un homme, a mobilisé, vendredi à Neuchâtel, les professionnels en contact avec des victimes ou des auteurs de violence conjugale ou sur leurs enfants. Cette journée cantonale sous l’égide de l’Office de la politique familiale et de l’égalité (OPFE) a notamment traité du poids de la justice dans les affaires de violences psychologiques. «Les injures constituent une infraction pénale, au même titre que les menaces ou la contrainte», rappelle Marie-Laure Béguin Mettraux. La collaboratrice scientifique à l’OPFE souligne que le site internet «violencequefaire.ch» mène une campagne de prévention au niveau romand. «On peut y poser des questions, même de manière anonyme, et ce sont des professionnels qui répondent», indique la spécialiste.

Directeur du centre Lavi, Olivier Robert souligne qu’il est important que les victimes d’abus de pouvoir ne se replient pas sur elles-mêmes. «Il faut pouvoir en parler à quelqu’un.» Chaque année, le centre Lavi traite plus de 400 cas de violence conjugale. La grande majorité des personnes qui consultent ce service sont des femmes. Davantage focalisée sur les violences psychologiques, Solidarité femmes offre aussi des consultations gratuites et confidentielles ainsi qu’un accueil d’urgence. «Nous suivons environ 150 femmes par année et en hébergeons le 10%. La moitié d’entre elles viennent nous voir pour des problèmes de violence psychologique», analyse Sophie Aquilon. La responsable de la structure souhaite que de nouveaux efforts soient portés sur la prévention.


Vous avez lu gratuitement
une partie de l'article.

Pour lire la suite :

Profitez de notre offre numérique dès Fr 2.- le 1er mois
et bénéficiez d'un accès complet à tous nos contenus

Je profite de l'offre !
Top