13.06.2012, 00:01  

Grands axes au secours des petits

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Par FLORENCE VEYA

RER-TRANSRUN - Pour le Conseil d'Etat, la Béroche n'est pas le parent pauvre.

Prendre en main son destin. C'est en ce sens que Philippe Gnaegi, tout frais président du Conseil d'Etat neuchâtelois, a ouvert, hier soir, la rencontre de l'exécutif cantonal au complet avec les habitants du district de Boudry pour débattre du RER-Transrun. Preuve de l'intérêt que suscite ce projet à 919 millions de francs, les sièges de la salle de spectacles de Saint-Aubin-Sauges ont tous trouvé preneur.

Cadences accélérées, rapprochements, développement, bref, tous les avantages de ce projet "historique" ont été réitérés aux citoyens de l'ouest du Littoral en vue de la votation du 23 septembre.

Des lèvres du public ont cependant émané des questions mettant au centre les enjeux purement locaux. "La Béroche sera-t-elle directement reliée à Lausanne?" A cela, Claude Nicati, ministre des transports, a évoqué la mise en place de trains régionaux, un par heure, pour rallier Lausanne, voire l'EPFL, en plus des ICN partant de Neuchâtel.

Un habitant de Bevaix a estimé que la Béroche était "le parent pauvre" de ce projet. "Lorsqu'on améliore un réseau de transports, toutes les régions finissent par en profiter", a contré Jean Studer, grand argentier du canton.

Son confrère Claude Nicati a renchéri en argumentant que l'amélioration "fois deux" irradierait en effet, dans toutes les régions du canton. "Alors pourquoi ne pas le faire aujourd'ui?" Le ministre des transports a parlé argent. "Nous n'avons pas grand-chose à apporter dans l'escarcelle de la mariée dans notre union avec le canton de Vaud. Par contre, lorsqu'il s'agira de relier le Jura à l'Arc lémanique, là ce sera jouable et rentable." Une Boudrysanne s'est, du coup, inquiétée de la rigueur financière évoquée par Jean Studer si le projet passait. "Rigueur ne signifie pas restrictions!" , a lancé celui-ci. "Nous ne réduirons pas la dette de ce canton en réalisant des économies. Nous devons aussi y apporter des richesses. Or, le développement appelle les richesses." Et de saluer l' "incroyable" développement des plateaux de Boudry et de Perreux avec l'arrivée de l'entreprise Celgene. Jean Studer a encore insisté sur "l'importance d'attirer des habitants travaillant sur l'Arc lémanique qui ne trouvent plus à se loger là-bas" , Thierry Grosjean a tiré un parallèle avec l'attrait des entreprises. Deux concepts "impossibles à réaliser sans des transports adéquats". Cette perspective a fait réagir un habitant de Fresens. "Où allons-nous loger tout ce monde? Je propose de dézoner la forêt de Chaumont et d'y créer de l'habitat."

Un citoyen de Vaumarcus a, pour sa part, ironisé sur le fait que le RER permettrait de gagner "six minutes" pour rallier Lausanne. Claude Nicati lui a rappelé qu'en plus ces ICN et des omnibus, "des trains régionaux accélérés seraient mis en fonction" . Cela tout en reconnaissant que des villages comme Chez-le-Bart ne seraient pas particulièrement bénéficiaires, "choix des gares mis à part". Sauf si l'on s'en tient au constat de Jean Studer: "En développant les grands axes, les petits finiront par être mieux desservis." Question de convaincre les incrédules, la conseillère d'Etat Gisèle Ory a articulé un chiffre sans appel: avec le RER, ce ne sont pas moins d '"un million d'heures de trajet" qu'économiseraient les usagers neuchâtelois des transports en commun.


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