10.07.2012, 00:01  

Camping sous l'autoroute en travaux

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Par NICOLAS DONNER

COLOMBIER - Paradis Plage subit depuis mars les travaux effectués sur l'A5. Avant les grandes vacances, les gérants espèrent que les nuisances sonores ne feront pas fuire les campeurs.

"L'autoroute, on la vit très bien, mais les travaux sur l'autoroute beaucoup moins" , situe Mary-Claude Perrenoud, gérante avec son mari, Jacques-Eddy, du camping Paradis Plage à Colombier. "Un groupe de Danois nous a fait part ce matin de leur mécontentement. C'est clair qu'entre être réveillés par les petits oiseaux ou des travaux..."

S'ils se déroulent sans problème (voir ci-contre), les travaux d'assainissement et de mise aux normes de l'autoroute A5 n'en posent pas moins certains au voisinage. Depuis le mois de mars, les ouvriers se succèdent en effet sur le tronçon entre Colombier et Serrières. Situé à quelques pas de l'autoroute, le camping subit d'inévitables désagréments, sonores notamment. "Les travaux ne sont pas particulièrement bruyants" , atténue Mary-Claude Perrenoud. " Sauf, comme en ce moment, quand ils font l'hydrodémolition. Ça dure trois semaines et on y aura droit à quatre reprises cette année."

Gérant du restaurant du camping, René Léoni ne comprend pas que les travaux ne soient pas arrêtés sur ce tronçon en juillet-août. "Ils pourraient reprendre à la fin des vacances. Mais ils ont leur planning et ne se soucient pas trop de ceux qui vivent en dessous" , s'indigne-t-il.

Au-delà des quelques réclamations des résidants, les travaux se traduisent également par la suppression d'une septantaine de places de parc et de six de camping. "Pour ces dernières, nous avons été prévenus quinze jours à l'avance. Cela n'est pas très correct" , regrette Mary-Claude Perrenoud.

 

La mauvaise période

 

Sachant que les deux tiers du chiffre d'affaires se font sur la période des grandes vacances pour le camping - "nous sommes normalement toujours plein" , dit la gérante -, il est surtout à craindre que les gens supportent les travaux cette année, mais qu'ils ne reviennent plus l'année prochaine. Si les résidants - environ 170 places - ont été avertis par courrier en début d'année, le camping a choisi de ne pas informer les touristes de passage sur sa page internet. "Vous croyez qu'on devrait?" , s'interroge Mary-Claude Perrenoud.

Tâchant de faire contre mauvaise fortune bon coeur, elle assure que les places éloignées - elles représentent la majorité - ne sont pas véritablement touchées par ces désagréments. "On a aussi décidé de compenser avec davantage d'animations. Il y aura de la musique ''live'' tous les jeudis soirs et des châteaux gonflables début août."

En outre, à la fin des travaux - l'inauguration du tunnel de Serrières est prévue en septembre 2013 -, le camping sera moins exposé aux bruits engendrés par le passage des véhicules sur l'autoroute. "La piste sud a déjà été refaite, et on perçoit une nette amélioration" , se réjouit Mary-Claude Perrenoud. Pour l'été à venir, elle espère surtout avoir un coup de pouce de la météo. "S'il fait beau, les gens passeront leur journée au lac et n'entendront pas les travaux!"

 

"On a été transparent sur le bruit"

 

Olivier Floc'hic, porte-parole de l'Office fédéral des routes (Ofrou), comprend tout à fait que des plaintes montent du camping. Mais les principaux concernés avaient été prévenus, selon lui. "On a été transparent avec la gérance sur le bruit occasionné par ces travaux. Les opérations d'hydrodémolition, qui consistent à exploser le béton existant, font du bruit, et on ne peut pas faire autrement ", déclare-t-il. Il souligne par ailleurs que l'Ofrou s'efforce de réduire au maximum ces nuisances, stipulant notamment le type d'outillages à utiliser. Mais le bruit demeure et il s'inscrira dans la durée. "Cet été sera le vrai problème. Avec le remplacement des bordures et des enrobés, il y a beaucoup de choses à faire sur le viaduc de Colombier. Les plannings sont très serrés. On a évidemment conscience que ça gêne en cette période estivale, mais nous devons respecter les délais, ce que nous sommes parvenus à faire jusqu'à présent" , assure-t-il.

Pour éviter des désagréments supplémentaires, les travaux lourds sont limités à la période entre 8h et 17 heures. "Et les travaux d'hydrodémolition sont les plus bruyants qu'il y aura durant tout le chantier" , rassure le porte-parole de l'Ofrou. Il évoque par ailleurs d'éventuelles compensations financières, "à l'heure du bilan" .

Et de finir sur une note positive: "C'est un mal pour un bien. La capacité d'absorption du bruit des nouveaux revêtements sera largement supérieure. On n'aura pas à repasser avant au moins quinze ans."


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