12.05.2016, 00:35

L’ancienne ferme des Arêtes nouveau lieu d’accueil

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 12.05.2016, 00:35 L’ancienne ferme des Arêtes nouveau lieu d’accueil

LA CHAUX-DE-FONDS Cette fois, c’est bon, le rural abandonné est racheté.

La ferme des Arêtes est vendue. A la grande satisfaction du Conseil communal. «Cela devenait urgent pour nous de trouver une solution afin d’éviter que ce bâtiment ne tombe encore plus en ruine, notamment la toiture», confie le président de la Ville Théo Huguenin-Elie. «La valeur patrimoniale est très intéressante, avec de belles pièces neuchâteloises, des poêles en faïence...

La ferme des Arêtes est vendue. A la grande satisfaction du Conseil communal. «Cela devenait urgent pour nous de trouver une solution afin d’éviter que ce bâtiment ne tombe encore plus en ruine, notamment la toiture», confie le président de la Ville Théo Huguenin-Elie. «La valeur patrimoniale est très intéressante, avec de belles pièces neuchâteloises, des poêles en faïence magnifiques.» Du coup, «nous souhaitions absolument éviter que cette ferme se dégrade tellement qu’un jour elle doive être détruite».

Touristique, obligatoirement

Une difficulté: la Ville n’a pas de projet à développer sur le site à l’heure actuelle. De plus, cette ferme, comme tout le site des Arêtes, est en zone touristique. «C’est une zone où les affectations sont extraordinairement réduites, et fatalement liées au tourisme.»

Il n’y a pas eu de vente ouverte, histoire d’éviter que quantité de familles, voire d’architectes voulant réaliser des PPE se présentent et qu’il faille refuser tout le monde. Or, en 2009-2010, un concours d’idées avait été organisé pour une réaffectation des lieux. Un projet avait été retenu: celui des époux Solange et Pascal Borel, «qui avaient présenté un projet de structure d’accueil pour les groupes de jeunes, avec des camps découverte, du sport... ainsi que la réhabilitation d’une partie habitable en chambres d’hôtes». Projet qui n’avait pu être réalisé, vu les investissements auxquels la Ville aurait dû consentir. Puis la Ville a repris contact avec les époux Borel, comme avec d’autres postulants de l’époque «qui ne se sont pas montrés intéressés».

Maintenant, «nous ne sommes plus sûrs de la rénovation totale, mais les Borel ont les reins suffisamment solides pour acheter le bâtiment et effectuer une partie des travaux, en imaginant des travaux par étapes. Ils vont commencer par une réhabilitation de la partie habitable, toujours en chambres d’hôtes».

Ce projet est réalisable car «la maison n’a quasi pas de valeur vénale».

Les époux Borel, continue Théo Huguenin-Elie, «sont des passionnés de ce lieu qui a, c’est vrai, un charme particulier, et souhaitent faire une partie des travaux eux-mêmes. Ils ont ce projet chevillé au corps»!

«On a pris de la bouteille»

Pascal Borel confirme. «On a cogité sur ce projet depuis huit ans! On a pris de la bouteille, on a analysé les demandes...»

On va y aller étape par étape «et nous espérons bien commencer les travaux cette année encore». Première chose à faire: une fouille, pour relier la ferme aux réseaux. Puis s’attaquer à la partie droite, où le couple prévoit quatre chambres d’hôtes. La partie gauche sera dévolue aux activités ludiques et sportives, à l’accueil de camps de vacances, de courses d’école. Mais c’est encore de la Musique d’avenir. En attendant, Pascal Borel connaît bien la région, il y habite. «C’est juste magnifique! Avec une piste de ski de fond juste à côté, une piscine, un terrain de sport, et puis, on sera une ferme en ville!»

L’acte de vente n’est pas encore signé mais le dossier est passé par les commissions immobilière et foncière et financière, puis est remonté au Conseil communal, partout avec préavis favorable.

«Certains craignent que l’on dilapide le patrimoine par cette vente, mais c’est le contraire!», précise encore Théo Huguenin-Elie. «Et il est très important de garder à ce site une affectation qui ait une philosophie ouverte et publique. Ce qu’on voulait éviter, c’était de vendre à un privé qui aurait planté des thuyas par là autour, et qu’on ne puisse plus traverser!»

La ferme des sorcières

Déjà à l’abandon dans les années 1990, l’origine de cette ferme est un mystère. «Nous n’avons pas de date de construction dans nos archives», explique l’architecte du patrimoine José Esteras. «Elle n’est pas répertoriée.» Mais elle figure déjà en 1908 sur des plans historiques de la ville. On y retrouve de petites touches faisant penser à une ferme neuchâteloise «mais le bâtiment est sans doute plus tardif, début du 20e ou fin du 19e».

Pour la petite histoire, comme toute maison vide, cette ferme abandonnée excitait les imaginations. Dans le voisinage, il paraît que certains l’appelaient la ferme des sorcières...

Un 4-étoiles resté dans les brumes

«La ferme des Arêtes complètement détruite», titrait «L’Impartial» du 23 octobre 1923. Une partie était occupée par le fermier M. Calame, et le propriétaire M. Frandelle avait déposé dans les combles des meubles de valeur. Le feu avait pris vers 8h du matin. Vers 9h, au centre de l’incendie se dressait une longue cheminée blanche «sur laquelle on lisait L.D. 1914».

Episode dramatique en avril 1965, avec mise aux enchères du bétail et de l’équipement du fermier de la ferme des Arêtes, obligé de quitter un domaine dans lequel il avait succédé à son père (la famille Kohler, qui occupait cette ferme depuis 40 ans). Le domaine avait été acheté «par une société étrangère au canton à des fins de construction». Dans les années 1980, chasse aux matous! En 1985, le service d’hygiène de la ville est alerté pour éliminer les chats squatters de la ferme des Arêtes. En 1987, on parle transformations: il s’agirait de créer trois appartements dans cette ferme.

Bien mieux encore: c’est un hôtel 4 étoiles qui se profile deux ans plus tard. «L’Impartial» du 29 septembre 1989 évoque un projet privé, soit un hôtel, 4 étoiles donc, de 39 à 59 chambres entre la ferme et la salle d’escrime du Centre sportif des Arêtes. Ce projet est devisé à 6 millions, selon le promoteur Kamel Abou-Aly. L’avenir de la ferme elle-même pourrait se profiler par la création de salles de séminaires par exemple. En novembre 1990, le Conseil communal votait la création d’une zone touristique aux Arêtes. La ferme désaffectée était cédée à la société Pickalbatross alors administrée par Kamel Abou-Aly. Cinq ans plus tard, signalait «L’Impartial» du 29 décembre 1995, rien n’avait été fait et la société avait fait faillite. L’administrateur avait annoncé son départ pour l’Egypte. Les droits de Pickalbatross ont été cédés à une société immobilière. Le 4-étoiles n’a jamais vu le jour.


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