04.07.2012, 00:01  

"Cartier, une opportunité à saisir"

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Par SYLVIE BALMER

LES BRENETS - Le président de commune Philippe Rouault est acquis au projet.

Philippe Rouault, vous attendiez-vous à une telle levée de boucliers contre le projet Cartier?

Nous avons été surpris par le ton des opposants et déçus que l'émotionnel prenne le pas sur l'objectivité. Les riverains devaient s'attendre un jour ou l'autre à voir construire cette zone! Pour rappel, vouée à du logement locatif, d'une moyenne de trois étages, ce qui ne dénaturerait pas moins le site. Pour être franc, je n'étais personnellement qu'à moitié séduit par le projet au départ, mais j'ai été convaincu par les explications de Cartier qui souhaite réaliser un beau projet, dans le respect de l'écologie.

De quand date la prise de contact avec Cartier et pourquoi n'avoir informé la population qu'au moment où débutaient les forages?

Un premier contact a eu lieu en 2008, soit avant la crise, à l'époque où beaucoup d'entreprises souhaitaient s'agrandir. Des contacts ont été repris en juillet 2010. Vu la configuration du terrain, Cartier devait s'assurer de la nature du sous-sol avant de se déterminer car d'importantes excavations devront être réalisées. Il était donc prématuré d'annoncer ce projet à la population.

Quelles seraient les conséquences d'un refus populaire?

Si l'implantation de Cartier était refusée, j'ai peur que ce soit un signal négatif pour les acteurs économiques, d'ici et d'ailleurs. Les Brenets passeraient pour des réfractaires. Or, dans une commune, soit on évolue, soit on décline.

Certains s'inquiètent de cette course en avant et dénoncent la perte d'un équilibre, avec des cités dortoirs agglutinées côté français et une concentration d'usines en Suisse...

C'est en effet la tendance. On le constate avec les embouteillages au Col-des-Roches. Mais, avec l'arrivée au pouvoir de François Hollande, cela pourrait s'inverser si la fiscalité s'équilibre des deux côtés.

Quelles retombées économiques sont prévues pour le village?

La vente de la parcelle communale, au prix de 125 francs/m2 - à titre comparatif, les terrains du Grand-Cernil pour des villas individuelles se sont vendus entre 110 et 125 fr./m2 - rapportera à la commune un peu plus d'un million. Ajouté à la taxe d'équipement de 765 000 fr., soit un total de 1,7 million. Selon les indications de Cartier (réd: qui prévoit d'engager entre 350 et 450 personnes, dont 65% de frontaliers), on estime que l'impôt frontalier rapportera entre 600 et 700 000 fr. de plus qu'actuellement (réd: en 2011, les 446 frontaliers employés aux Brenets, sur 960, ont rapporté 1,1 million). On peut s'attendre aussi à une augmentation conséquente des impôts des personnes morales même si un certain pourcentage pourrait être versé à la nouvelle péréquation. On doit aussi relever que cette manufacture de joaillerie permettra de diversifier l'industrie horlogère, d'assurer des entrées financières aux commerces locaux et qu'elle offrira des places de travail aux Brenassiers. Nous savons que certains ont déjà postulé!

Quel est le taux de chômage?

Il y 17 chômeurs aux Brenets, soit un taux de 2,9% sur une moyenne cantonale de 4,6%.

Cette manne financière pourrait-elle profiter aux villageois sous forme d'une baisse d'impôt?

Nous n'avons pas réfléchi en ce sens, la commune est déjà celle où on paie le moins d'impôt dans le haut du canton. Nous privilégions la réalisation de projets visant à améliorer la qualité de vie, comme la création de lieux d'accueil parascolaire ou de logements protégés.

Des extensions à venir?

Concernant le projet Cartier, non. Le projet est présenté ici dans sa version maximale. Il s'agira d'un bâtiment de 150x40m, d'une hauteur de 10,50m. Dans le reste du village, pour l'instant, nous n'avons pas d'autres projets à court terme.

Certains redoutent, en cas de départ de Cartier, que le village se retrouve avec une gigantesque coquille vide, telle Comadur...

La marque a choisi de s'implanter aux Brenets car elle considère le site comme un écrin. Connaissant le goulet du Col-des-Roches qui limite l'extension des entreprises, et les délais à 2030 pour la réalisation du contournement autoroutier, Cartier est peut-être plus clairvoyant que d'autres en choisissant de s'installer près de la frontière... Vu la configuration du terrain, les investissements seront lourds... Je doute donc que Cartier parte de sitô t.

Les répercussions côté trafic?

Actuellement 3000 véhicules traversent chaque jour le village sans s'y arrêter. Si le projet aboutit, un feu sera installé au niveau du parking des Pargots, ce qui dissuadera ceux qui traversent les Brenets pour gagner du temps. Nous espérons aussi l'extension de la ligne de bus jusqu'à Villers-le-Lac, une décision cantonale. On réfléchit aussi à agrandir le parking des Pargots.

Si le référendum aboutissait, verrait-on le Conseil communal démissionner en bloc comme lors du refus de la nouvelle école?

Le contexte est différent. Le 26 août, les Brenassiers voteront pour ou contre un projet Cartier. Alors que concernant l'école, c'était le désaveu d'un projet que le Conseil communal avait porté pendant dix ans.

RAPPEL DES FAITS

Les Brenassiers décideront le 26 août de l'implantation de Cartier joaillerie au Clos-Ferré. Si certains s'opposent à cette "source de nuisance" (nos éditions des 16 et 21 juin), le président de commune, Philippe Rouault, est convaincu qu'il s'agit d'une "opportunité à saisir". Interview.


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