26.06.2012, 00:01  

Le Parc se fera avec ceux qui le veulent

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Par GERARD STEGMULLER

NATURE - La décision du Bémont de ne pas approuver le contrat de parc liant la commune à l'Association pour le Parc naturel régional du Doubs ne constitue pas un coup d'arrêt fatal.

Il se fera! Parole de Gérard Cattin, le secrétaire de l'Association pour le Parc naturel régional du Doubs (APNRD). Le refus du Bémont n'est certes pas une bonne nouvelle pour les promoteurs d'un projet dont les premiers balbutiements remontent à... 1990! " On peut vivre sans Le Bémont ", assure Gérard Cattin. " On savait qu'il y avait de l'opposition. Au vrai, on s'attendait un peu à ce refus. Les opposants n'avaient pas beaucoup d'arguments de fond. Ils ont estimé qu'avec Jura Tourisme et plusieurs autres associations, cela suffit pour mettre en valeur cette région. Pour certains, le coût a été aussi déterminant. "

Avant vendredi dernier, les législatifs de sept communes - Les Brenets, Le Locle, La Chaux-de-Fonds, La Ferrière, Saignelégier, Montfaucon et Les Genevez - avaient ratifié le contrat de Parc de façon quasi unanime. Il n'y a carrément pas eu de débat. Au Bémont, dix citoyens ont voté non, cinq oui, et neuf se sont abstenus. " Le parc ne peut pas être pris en otage par dix personnes ", insiste le secrétaire. Qui lors de sa présentation dans les communes continue d'affirmer haut et fort que ce projet " ne comporte que des avantages ".

Confédération et cantons à la caisse

Au début de l'aventure, l'Office fédéral de l'environnement (Ofev) avait fixé ses conditions. Draconiennes. Du côté de la Confédération, on excluait un parc avec un "trou". Si une des 19 localités concernées (quatre neuchâteloises, une bernoise et 14 jurassiennes, dont les 13 des Franches-Montagnes) refusait, c'était l'ensemble du projet qui finissait à la poubelle. Mais l'Ofev a revu sa copie. En théorie, le périmètre du Parc naturel régional du Doubs s'étend sur une surface totale de 353 kilomètres carrés. Le Bémont en retrait, c'est 11 kilomètres carrés qui s'évaporent. Rien de dramatique, dans le fond. La contribution de la commune aurait dû s'élever à 978 francs annuellement. Dérisoire. " On nous dit que ça coûte. Effectivement. Mais cela rapporte aussi. Par année, la Confédération et les trois cantons concernés se sont engagés à verser 450000francs. Ce n'est pas rien ", ajuste Gérard Cattin.

Le Bémont était directement concerné au niveau de l'agritourisme (La Bosse), avec son auberge de jeunesse et la colonie des Rouges-Terres. Le village constitue également une porte d'entrée sur l'étang de la Gruère. Il faudra faire sans. La "casse" est limitée pour l'APNRD, vu que Le Bémont est une localité limitrophe, ne se situant pas au beau milieu du parc dont l'aspect transfrontalier, tant vanté par les promoteurs, n'a pas eu d'effet vendredi soir.

Cette semaine et la suivante s'annoncent décisives. Plusieurs communes franc-montagnardes - les plus importantes - vont se prononcer en assemblée. Rappel: c'est l'entité du Clos du Doubs avec ses 61 kilomètres carrés qui constitue la plus grande surface du futur parc, dont l'ouverture officielle demeure agendée au 1er janvier 2013.

Terme local

Coup d'arrêt, mais pas d'arrêt de mort non plus. A l'exception de Muriaux qui se penchera sur le dossier ce soir et dont les autorités n'ont jamais caché leur scepticisme face au projet, ailleurs, la résistance ne s'est pas organisée. Hier soir, le contrat de parc a été approuvé par les ayants droit de Saint-Brais (neuf oui, quatre non, une abstention) et des Enfers (14 oui, neuf non, trois abstentions). Selon le contrat de parc, et si un jour une commune qui a dit non décide de revenir à de meilleures intentions, celle-ci devra attendre un peu. " Avant la fin 2015, je ne vois pas comment le périmètre du parc pourrait être agrandi ", confirme le secrétaire de l'APNRD.

Le même demeure très "serein". " Des gens réfléchissent en terme local. Mais le parc, c'est un ensemble, un tout. Il apporte une grande attractivité à la région. Il ne faut pas l'oublier. " Car s'il est impossible d'inverser le cours du Doubs, véritable colonne vertébrale du projet et trait d'union avec le Pays horloger français, il est par contre possible d'inverser le cours des choses.

L'APNRD est persuadée que le temps travaille en sa faveur. Le contrat de parc porte sur la période 2013-2022.


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