03.07.2015, 00:01  

Geosatis, championne de l'innovation jurassienne

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José Demétrio, entouré par Michel Thentz et Michel Probst. 

   J. BERNHARD

LE NOIRMONT - Les bracelets électroniques de la start-up ont séduit les membres du Gouvernement.

Trois ministres. Oui, trois ministres - Michel Probst, Charles Juillard et Michel Thentz - se sont déplacés au Noirmont, hier en fin d'après-midi, pour chanter les louanges d'une entreprise du lieu. Geosatis Technology SA a reçu le prix très convoité de l'innovation et de l'excellence décerné par le Gouvernement jurassien.

Davantage que les 10 000 francs qui récompensent la start-up noirmonière pour son développement de bracelets électroniques de géolocalisation des détenus, ce qui fait l'ampleur de l'événement, c'est surtout sa rareté. De quoi rameuter (presque) tout l'exécutif cantonal. Car, en principe, ce prix n'est remis que tous les deux ans. Et la dernière société franc-montagnarde qui l'a décroché était Horométrie SA, aux Breuleux, en 2011. Clin d'oeil au passé, le ministre de l'Economie, Michel Probst, a aussi rappelé que le premier récipiendaire, en 1986, était, lui aussi, taignon. Il s'agit de Nicolas Crevoisier (Lajoux), digne inventeur de la girolle. Une époque où le terme "start-up" ne s'employait pas à tous les apéros d'entreprise...

 

Imaginés à Lausanne, produits au Locle

 

Bien malin celui qui peut prédire si, dans 30 ans, les bracelets de Geosatis connaîtront le même succès commercial que l'outil dressant la tête-de-moine. Bien malin surtout celui qui ose la comparaison... Une chose semble pourtant sûre: les activités de Geosatis ont du potentiel. A une époque où la surpopulation des prisons est un problème quasi global, "il existe une forte demande pour le type de produit que nous avons conçu" , rapporte le CEO José Demétrio, créateur de l'entreprise en compagnie d'Urs Henkeler et James Colli-Vignarelli.

Né d'une idée élaborée en 2010 sur les bancs de l'EPFL avec un rouleau de scotch comme modèle (!), le bracelet de Geosatis est en constant développement. Sa commercialisation a été lancée il y a moins d'une année. Les marchés visés: l'Afrique du Sud (20 000 détenus potentiels), le Brésil...

Cinq cents exemplaires ont pour l'heure été produits, au Locle, chez Cloos Electronic. "Son directeur, Robert Klossek, a cru en nous depuis le début" , se félicite José Demétrio, 38 ans, Lausannois établi aux Emibois. Confirmation que, si Geosatis a été imaginé sur les bords du Léman, c'est avant tout une aventure bien jurassienne. Une aventure qui a réussi à attirer de la matière grise de toute la Romandie. Parmi les 15 personnes qui y travaillent, on compte par exemple un Valaisan et même un Genevois. Ils auraient pu travailler chez Google, Logitech... Sacré tour de force!

Si Geosatis a posé ses valises dans les Franches-Montagnes, c'est grâce notamment aux synergies avec l'industrie régionale et à la proximité avec l'horlogerie. En parallèle des bracelets géolocalisés, la société planche d'ailleurs sur l'élaboration d'une montre connectée. Le soutien du canton du Jura et de la promotion économique a également joué un rôle prépondérant dans le choix des jeunes entrepreneurs de l'EPFL. JBE


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