22.02.2012, 00:01  

Les toxicomanes ne sont pas avantagés

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CANTON DE BERNE - Une motion UDC ciblait les drogués propriétaires de chiens.

Expert canin reconnu loin à la ronde, le Gouvernement bernois est catégorique: les toxicomanes propriétaires de chiens n'ont aucun privilège par rapport aux maîtres non possédés par le démon de la drogue. Il contredit en cela une motion UDC, selon laquelle les premiers nommés seraient favorisés.

Les motionnaires relèvent que les maîtres de chiens toxicomanes ont rarement un quotidien structuré. "Ils sont souvent agressifs et imprévisibles. Cela peut entraîner des troubles de comportement chez le chien, qui devient alors un danger pour les enfants ou les passants."

Lesquels grommellent encore qu'il est "inadmissible que des toxicomanes touchent 1500 à 2000fr. par an des services sociaux pour nourrir leur chien ou l'emmener chez le vétérinaire et utilisent l'argent pour s'acheter de la drogue".

D'une manière générale, la réponse gouvernementale laisse supposer que les membres de l'exécutif n'ont pas peur d'être mordus. Les toxicomanes qui possèdent un chien ne doivent pas être jugés autrement que les autres propriétaires de canidés. Le Service vétérinaire du canton applique d'ailleurs cette prescription avec rigueur, toujours prêt à mordre s'il flaire la moindre infraction.

Le Conseil exécutif estime que deux points de la motion peuvent être acceptés, mais surtout classés comme étant réalisés. Le premier stipule que les propriétaires de chiens doivent suivre la formation obligatoire même s'ils sont toxicomanes. Tel est bien le cas: les maîtres de toutous qui ne disposent pas de l'attestation de compétences reçoivent un seul avertissement du Service vétérinaire. Le cas échéant, ce dernier ordonne des mesures administratives à l'encontre des propriétaires ou les dénonce aux autorités de poursuite pénale.

Autre requête acceptée, mais également considérée comme déjà réalisée: celle prévoyant qu'en cas d'inobservation des dispositions légales de 2008 concernant la formation obligatoire du possesseur de clebs, une interdiction de posséder un tel animal soit prononcée et que les services sociaux ne versent plus d'argent pour entretenir l'animal.

Or donc, on peut déjà ordonner la saisie immédiate du toutou et même l'interdiction totale et de durée illimitée de détenir des animaux. "Mais, de toute façon, les services sociaux ne versent aucune subvention pour chien" , glisse, tout miel, l'Ours de Berne.

Par contre, pas question d'obliger les services sociaux de signaler à la commune ceux qui, parmi leur clientèle, possèdent un cabot. "La majeure partie des bénéficiaires de l'aide sociale qui possèdent un chien ne sont pas des toxicomanes. Ils répondent de surcroît aux exigences d'une détention conforme aux besoins des animaux tout aussi bien que les autres groupes de la population" , martèle le gouvernement.

Et puis, la mesure entraînerait des frais administratifs jugés disproportionnés. D'où le rejet de ce point de la motion.

Ultime point de l'intervention refusé par le gouvernement, celui réclamant que la banque de données fédérales Anis, à laquelle les communes signalent le numéro des puces implantées, enregistre également les cours obligatoires suivis ou encore à suivre par les propriétaires de chiens.

Pour la Berne plantigrade, l'idée n'est certes pas inintéressante. Toutefois, l'établissement au niveau fédéral d'une banque de données au sens de la motion est en cours d'examen. Le Conseil exécutif préférerait cette solution, plus intéressante qu'une action isolée et de surcroît, onéreuse. PAB


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