16.03.2012, 00:01  

La volonté précoce de rayonner

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SAINT-IMIER - Mémoires d'ici et les pionniers jurassiens du tourisme hivernal.

BOB A MONT-CROSIN

On venait de loin pour participer aux compétitions de bob de Mont-Crosin. On montait les engins à cheval. Saint-Imier comptait deux pilotes de niveau romand et suisse, Canton et Munari. Emotion vintage garantie sur le site de Mémoires d'Ici (www.m-ici.ch).

RESIDENCES SECONDAIRES

La promotion immobilière a connu quelques incursions. Un projet de centre touristique est inauguré en 1969 aux Pontins. Il devait accueillir jusqu'à 1000 résidents. Mais finalement, le centre sera plus modeste. Quant aux résidences secondaires, elles sont devenues permanentes.

Velléité immobilière

YVES-ANDRE DONZE

Avant la disparition définitive des taches de neige dans le paysage, Mémoires d'ici invite les internautes à découvrir un dossier sur les pionniers du tourisme hivernal dans le Jura bernois jusqu'aux années 1960. Le dossier, préparé par Anne Beuchat et Pierre-Alain Bassin, a été complété par un nouveau carnet d'images où l'on découvre que la région possédait tout l'arsenal d'un tourisme hivernal de pointe: piste de bob, tremplin de saut, piste de descente, piste de ski de randonnée et apparition des premières remontées mécaniques. A la clé de ce développement précoce, une farouche volonté de faire connaître la région en zone urbaine, notamment auprès des Bâlois.

Un potentiel de skieurs

Pierre-Alain Bassin explique que le moteur touristique a été la création du funiculaire du Mont-Soleil, qui a permis un essor incroyable de la station. En 1936 y est fondée l'Ecole suisse de ski du Jura bernois sous l'égide de la Société de développement de Saint-Imier.

Autre facteur de développement: l'essor des lignes des chemins de fer de la vallée de Tavannes, de Tramelan et du Vallon de Saint-Imier. Ceci grâce à la proximité des domaines skiables qu'offrait la région. Les ski-clubs et les sociétés de développement ont joué les relais jusqu'à la création de Pro Jura en 1938, issue de la Société jurassienne de développement (1903). C'est justement à partir du fonds d'images et de vignettes des années 1930 à 1950 de Pro Jura que le dossier a été réalisé.

"Cette conscience de faire connaître les lieux du tourisme hivernal du Jura bernois est née avec la mise en valeur de Mont-soleil et de Tramelan. Les rapports des sociétés de développement mettaient déjà en évidence les beautés naturelles du paysage" , explique le chasseur de mémoire. " De plus, les ski-clubs, émanations du Club alpin suisse, avaient compris que s'ils voulaient attirer un public d'un certain volume, il fallait promouvoir leurs activités sportives jusque dans les villes de Bâle, de Soleure et de Berne. Ils avaient compris que la région avait un réel potentiel de skieurs."

Pro Jura s'évertuera donc à coordonner la pub et à faire la promotion culturelle et touristique de toute la région. Editant des prospectus, l'association avait dû attendre 10 ans avant de faire un dépliant sur les sports d'hiver dans les années 1920, faute de neige. On parlait déjà de réchauffement climatique. L'originalité de la publicité souligne pourtant cette volonté d'aller chercher une clientèle assez loin, d'après le créateur du dossier, la clientèle locale ne suffisant pas.

"Ce qui m'a frappé en premier lieu" , reprend Pierre-Alain Bassin , "c'est les cohortes de Bâlois qui venaient au Moron dans les années 1930. Beaucoup de témoignages contemporains évoquent cet exode urbain précoce comme l'apparition d'extraterrestres."

La création de 16 remontées mécaniques dans les années 1960 souligne enfin ce formidable engouement pour les sports.

Quatre d'entre elles ont disparu depuis, dont le télésiège de Nods-Chasseral. L'esprit de marketing régnait donc en maître pour lancer des compétitions de bon niveau. Saut à Tramelan, ski de fond à Mont-Soleil et courses de bob à Mont-Crosin en témoignent.


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