16.12.2013, 10:42  

Le plurilinguisme dans les SMS analysé

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Les chercheurs ont constaté que les utilisateurs de SMS font preuve d'une "certaine virtuosité" dans le maniement des langues et des expressions.

Communication - Une étude de l'Université de Neuchâtel révèle lundi que dans les SMS provenant de Suisse romande, l'anglais domine de loin les mots étrangers insérés, avec plus de 70%, dans les messages rédigés en français.

Utiliser des mots étrangers dans ses SMS, c'est d'abord afficher son appartenance à une communauté "branchée". Ce constat résulte d'une analyse des pratiques plurilingues dans plus de 5000 messages provenant de Suisse romande.

L'utilisation de plus d'une langue dans la communication par SMS et par WhatsApp est largement répandue: "Yo! Je te call et on chill un maximum". Traduction: "Salut ! Je t'appelle et on se prend un maximum de bon temps !". Le Centre de linguistique appliquée de l'Université de Neuchâtel s'est penché sur ces idiomes.

S'agissant des langues utilisées, c'est l'anglais qui domine de loin les mots étrangers insérés, avec plus de 70%, dans les messages rédigés en français, révèle lundi l'Université de Neuchâtel dans le cadre du projet interuniversitaire sms4sciences. Suivent l'italien (8,9%), l'allemand (6,6%), l'espagnol (6,1%) et le suisse allemand (3,1%).

Les mots étrangers sont ainsi fréquemment utilisés pour des salutations, des adieux, des excuses, voire des expressions d'intimité. "lol (laugh at lound), "mdr" (mort de rire), "tschüssli", "ciao bella". Cette alternance fait aussi référence aux modes de communication (phone call, news, se facebooker) et aux activités de temps libre (chiller, rider, roller party).

Ces éléments deviennent alors constitutifs d'un certain style qui s'affiche comme "branché", voire d'un code mixte qui donne au message une touche "cool", estime Etienne Morel, auteur d'une thèse de doctorat, cité dans le communiqué de l'Université de Neuchâtel.

Richesse de l'écriture

Les chercheurs ont constaté que les utilisateurs de SMS font preuve d'une "certaine virtuosité" dans le maniement des langues et des expressions. "Ils affichent sur un mode ludique une volonté d'affiliation à une communauté globalisée, mobile, cosmopolite et translinguistique", constate Simona Pekarek Doehler, professeure au Centre de linguistique appliquée.


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