09.10.2017, 01:42

L’industrie neuchâteloise encouragée à produire en Russie

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Une usine à Samara.

 09.10.2017, 01:42 L’industrie neuchâteloise encouragée à produire en Russie

ÉCONOMIE Un séminaire organisé à Neuchâtel par le Swiss Center Samara décrit les affaires sur les bords de la Volga.

La Russie, débouché qui a pu être important pour certains secteurs de l’industrie de l’Arc jurassien, est devenue plus difficilement accessible pour beaucoup de PME de la région: force du franc (et faiblesse du rouble), barrières administratives, sanctions internationales…

Comment franchir tout de même ces difficultés? Pourquoi pas, en allant produire directement en Russie! C’est la démarche proposée par le Swiss Center Samara. Installé dans la ville d’un million d’habitants sur les...

La Russie, débouché qui a pu être important pour certains secteurs de l’industrie de l’Arc jurassien, est devenue plus difficilement accessible pour beaucoup de PME de la région: force du franc (et faiblesse du rouble), barrières administratives, sanctions internationales…

Comment franchir tout de même ces difficultés? Pourquoi pas, en allant produire directement en Russie! C’est la démarche proposée par le Swiss Center Samara. Installé dans la ville d’un million d’habitants sur les bords de la Volga, ce «business center» est Neuchâtelois.

Le canton a initié la démarche sur le modèle du Swiss Center de la Confédération à Shanghai, grâce à la loi cantonale d’appui au développement économique. Vendredi, l’organisation a mis sur pied un séminaire à la haute école ARC, pour encourager les PME à s’installer au cœur de la Russie industrielle.

Automobile, aéronautique, espace, communication: le tissu local de la région est très diversifié. Des géants européens comme Bosch s’y sont installés pour produire notamment des pièces pour l’automobile.

Les responsables du Swiss Center ont livré une multitude d’informations sur les raisons et les moyens d’aller produire en Russie. Une porte d’entrée sur le marché qui permet d’éviter de nouvelles barrières que le pays a mis en place au profit de sa propre industrie.

Patience et vodka

Mais le plus parlant, dans ces cas-là, reste encore l’expérience. Plusieurs patrons ont évoqué des cheminements contrastés. La vie (économique, en tout cas) ne semble pas simple en Russie, à en croire Daniel Schmidt, CEO de Fischer Spindle. L’entreprise produit des broches (une pièce de machines-outils). En Russie, il est installé non pas à Samara, mais à Novossibirsk, et ne fait que des réparations et des assemblages. La production, elle, se déroule en Suisse ou en Allemagne. Ses clients finaux se trouvent dans l’automobile ou l’aviation, par exemple. Le tableau que le boss dresse des affaires semble rude, mais il se dit «un patron heureux». «Il n’y a pas autant d’argent qu’avant la crise financière et les sanctions (suite à l’invasion de l’Ukraine). Mais c’est compensé par des progrès sur le plan des infrastructures», raconte-t-il. Il faut compter avec «une culture radicalement différente de la nôtre. Vraiment très différente», insiste le patron voyageur. Il passe vite sur l’abondance de vodka, et insiste un peu plus sur l’administration: pour des collaborations avec des entités en mains de l’Etat, il faut compter un plein-temps pour s’occuper des requêtes. Et ne jamais compter sur des paiements trop rapides. «Nous n’avons jamais perdu un rouble. Mais parfois, il a fallu attendre. Longtemps». Ses conseils: «Trouver un partenaire de confiance.

Pour le reste, il dit ne pas travailler avec des expatriés, mais pouvoir compter essentiellement sur du personnel local. «Ils en veulent, on peut confier des équipes à des gens de moins de trente ans bien formés.» Ils bossent bien, les bacheliers de la Volga.


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