07.08.2012, 00:01  

"J'entre au département du non"

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Par FRANÇOISE KUENZI

CONSEIL D'ETAT - Thierry Grosjean a pris les commandes de l'Economie et des Finances. Et cette semaine, il est seul au Château. Pas de quoi paniquer.

Thierry Grosjean, dans quel état d'esprit abordez-vous cette rentrée, avec la reprise en mains du département de Jean Studer en plus du vôtre, l'Economie?

Je connais la lourdeur de la tâche, mais ce département a été extrêmement bien conduit et organisé, tant par Jean Studer que par son secrétaire général Claude-Henri Schaller. Et comme il s'agit d'un département comportant des services très transversaux, comme les finances, le service juridique ou les ressources humaines, je connais déjà assez bien son fonctionnement.

Et les dossiers, vous les connaissez déjà?

Le gros dossier, c'est évidemment le budget 2013, c'est ma priorité. Je reçois ces jours-ci les derniers chiffres des départements, il s'agira de boucler le budget pour début septembre. Mais vous savez, les gros dossiers, c'est l'ensemble du Conseil d'Etat qui les traite. Donc nous les connaissons tous assez bien.

La journée de Thierry Grosjean, elle commence quand?

J'arrive en général à mon bureau à 7h. Et entre les séances, les rendez-vous quotidiens avec les secrétaires généraux ou les secrétaires des départements, les rendez-vous, au Château ou à l'extérieur, je termine en général ma journée vers 21h-22h. Enfin, pas maintenant: durant les vacances d'été, c'est plus calme...

Entre le départ de Jean Studer et les vacances de vos collègues, vous êtes le seul ministre au Château cette semaine...

(il prend un air faussement important en rigolant): Absolument, je passe du Consulat à l'Empire!

Lorsque vous êtes entré en fonction, il y a 18 mois, vous vous attendiez à une telle charge de travail?

Oui, je n'ai jamais imaginé que ce serait différent. Et c'est vrai qu'en reprenant les finances, en plus de mon département, je cours quand même un certain risque, ça peut être une peau de banane. Ces deux départements représentent tout de même 29 services de l'Etat. Mais je n'ai pas de calendrier concernant une réélection éventuelle, je l'ai toujours répété. Je suis avant tout au service de l'Etat et de la population.

Vous donnez l'impression d'avoir pris de l'assurance, ces derniers mois. Vous êtes boosté par le redémarrage de la raffinerie de Cressier?

Mais c'est normal que l'on prenne de l'assurance avec l'expérience: quand vous débarquez dans un département dont personne d'autre ne voulait, avec beaucoup à reconstruire (réd: après l'affaire Hainard), vous commettez forcément quelques maladresses ou naïvetés. Si j'avais été un universitaire spécialiste d'économie internationale, jamais je n'aurais cru au rachat de la raffinerie! On ne se serait peut-être pas autant battus pour la sauver. Alors ce que j'espère, c'est que même si je prends "de la bouteille", comme vous dites, je ne perdrai pas cette façon que j'ai d'aborder les dossiers, de manière ouverte et humaine.

A part le budget 2013, quels seront les autres grands chantiers du DJSF?

Il y a l'assainissement de la caisse de pensions, Prévoyance.ne. Jusqu'ici, la première étape des discussions a été positive. Ensuite, Police neuchâteloise, avec l'unification des polices neuchâteloise et jurassienne, sans oublier l'intégration, début 2013, de la police de la Ville de Neuchâtel, ainsi que la reconduction des mandats de prestations avec les autres communes... Mais attention: je n'assure que la suppléance du département! Je ne saurais usurper les prérogatives de mon futur collègue...

Le canton de Neuchâtel est sur la voie du redressement de ses finances: vous le constatez au budget 2013?

Dans tous les domaines, la tendance est positive: les deux projets de fiscalité ont passé, le Conseil d'Etat est uni derrière le RER, Microcity est bientôt terminé. Et le canton a tout de même remboursé 600 millions de francs de dettes. Les deux tiers l'ont été grâce à l'or de la BNS, d'accord, mais pour 200 millions, ce sont nos propres efforts! Désormais, tous les départements sont conscients qu'il faut continuer dans la voie des économies, et je sens une forte volonté d'aller dans ce sens. Avec les Finances, j'ai un peu l'impression d'entrer dans le département du non!

Parce que l'Economie, c'est le département du oui?

(il sourit) C'est un département où notre rôle est de soutenir, donc par la force des choses, on dit plus facilement oui...

LE CONTEXTE

Chef du Département neuchâtelois de l'économie, Thierry Grosjean assure au Conseil d'Etat la suppléance du département laissé vacant par le départ de Jean Studer: celui de la justice, de la sécurité et des finances (DJSF). Et ceci en tout cas jusqu'à la fin de l'automne, après l'élection complémentaire du 14 octobre. Cela représente, pour le moins expérimenté des conseillers d'Etat, 29 services de l'Etat à gérer.

Une douzaine d'implantations

Et au Département de l'économie, tout roule? Selon Thierry Grosjean, et selon le rapport d'activités trimestriel avril-juin du Service de l'économie, il semble bien que oui. Christian Barbier, nouveau chef du service, est entré en fonction le 1er août, en remplacement de Patrick Cossettini. Et les projets ne manquent pas. Ainsi, le rapport fait état de 644 projets de développement en cours de traitement ou bénéficiant d'un suivi, " portés par des entreprises neuchâteloises, des associations, des consortiums ou des collectivités publiques ". Il mentionne également 68 projets portés par des acteurs externes au canton, que suit l'Office de promotion économique.

Depuis le début de l'année, Thierry Grosjean évoque une douzaine d'implantations d'entreprises étrangères. Sans vouloir les nommer, celles-ci étant très réticentes à évoquer leur présence lorsque leurs affaires n'ont pas encore vraiment démarré, il dévoile cependant qu'" après avoir accueilli à Neuchâtel, l'an passé le Swiss Russian Industrial Business Club, c'est autour de la China Business House de prendre ses quartiers à Neuchâtel. " Elle signe aujourd'hui un accord avec l'Etat de Neuchâtel. Objectif: renforcer les relations commerciales entre la Suisse et la Chine et séduire les investisseurs étrangers.


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