22.06.2012, 00:01  

" Il a fallu convaincre nos troupes "

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Nouveau président du Conseil d'Etat, Philippe Gnaegi est allé défendre une nouvelle fois devant les députés le subtil équilibre entre investissement pour le RER et redressement des finances cantonales. 
ARCHIVES RICHARD LEUENBERGER
Par PROPOS RECUEILLIS PAR NICOLAS WILLEMIN ET PASCAL HOFER

GRAND CONSEIL - Le renforcement du lien entre RER et équilibre budgétaire n'a pas convaincu le PLR qui a manifesté sa mauvaise humeur. Le président PLR du Conseil d'Etat a dû intervenir.

Deux commissions du Grand Conseil (la commission de gestion et des finances et la commission législative) ont planché hier matin sur la nouvelle version du décret du Conseil d'Etat concernant le RER et l'équilibre budgétaire, suite à l'avis de droit du constitutionnaliste Pascal Mahon. Selon nos informations, ces séances ont été pour le moins animées. Des députés PLR souhaitaient en effet dissocier complètement les deux objets, faire une première votation populaire en septembre sur l'équilibre budgétaire et une seconde en novembre sur le RER. Ce qui a déclenché la colère de la gauche qui a donc proposé l'inverse.

Pour le moins inquiet de la tournure que prenaient les événements, le Conseil d'Etat a envoyé son président, le PLR Philippe Gnaegi, pour expliquer aux députés l'importance de sa nouvelle proposition, soit la limitation à 25 ans de l'exigence d'équilibre budgétaire, la durée correspondant au remboursement de l'emprunt RER. Interview.

Le Conseil d'Etat a-t-il vraiment craint que son projet ne passe pas la rampe de la commission de gestion et des finances?

Philippe Gnaegi : Il faut arriver uni au Grand Conseil qui se prononcera mardi prochain. Les partis politiques doivent donner un signal positif à la population. Si on entre dans des divergences au Grand Conseil, c'est le projet tout entier qui est menacé. Le risque, c'est qu'il n'y ait ni RER, ni équilibre budgétaire. Et c'est ce que j'ai dit aux députés. Notre projet permet d'inscrire l'équilibre budgétaire, que souhaite la droite, dans la Constitution neuchâteloise.

C'est le parti qui est majoritaire au Conseil d'Etat qui critiquait le plus le projet du Conseil d'Etat?

Avec Claude Nicati, nous avons dû effectivement convaincre nos troupes, c'est-à-dire le PLR, qu'il y a un immense avantage de lier le RER avec l'équilibre budgétaire. Cette solution est politiquement et juridiquement acceptable. Avec la limitation de la temporalité de l'équilibre budgétaire à 25 ans, nous fortifions l'unité de matière.

Mais il y a toujours un risque de recours?

Oui, comme toujours, mais le Conseil d'Etat, dans son ensemble, est convaincu qu'on répond à l'unité de matière et à la volonté du parlement qui avait voté à une très large majorité le premier projet du gouvernement. La droite a tout à gagner à cette nouvelle version. Certes l'équilibre budgétaire est limité à 25 ans, mais franchement, dans 25 ans, je vois mal la population revenir en arrière sur ce principe.

Vous avez convaincu les deux commissions du Grand Conseil. Vous êtes donc optimiste pour mardi prochain?

Oui, je suis confiant et j'espère qu'une grande majorité des députés approuveront notre nouvelle proposition. Depuis des années, la droite dit qu'elle veut l'équilibre budgétaire. Avec le projet actuel, nous assurons cet équilibre et nous nous payons le RER.

Ç a devrait rassurer la droite?

C'est rassurant pour tout le monde. Et il faut quand même le dire, politiquement, c'est la gauche qui fait le plus grand effort.

C e que vous voulez promouvoir c'est l'équilibre entre l'investissement et le redressement des finances?

Ce n'est pas que ça. Il s'agit d'une dynamique nouvelle pour le canton. Cela nous permettra d'attirer des entreprises, de loger de nouveaux habitants. Et cet effort est soutenu par les réformes fiscales. Nous sommes vraiment à la croisée des chemins.

Le Conseil d'Etat affiche désormais une vraie unité derrière ce projet. Ce qui ne semble pas avoir toujours été le cas...

Au départ, c'est vrai que personnellement je n'étais pas totalement convaincu. J'avais des réticences, des doutes pour des raisons financières. Mais maintenant, je suis totalement convaincu qu'avec tout ce qui se passe dans ce canton, avec la dynamique qui se met en place, nous devons dire oui à ce RER. Je ne connais aucun canton qui se soit développé économiquement sans avoir un bon réseau de transports. C'est une réalité. C'est donc l'avenir du canton qui est en jeu. Et nous en sommes tous convaincus au sein du Conseil d'Etat.

Et que répondez-vous aux régions périphériques du canton qui ne voient pas l'intérêt du RER?

Plus un canton est riche, plus ces régions périphériques profiteront de la richesse de ce canton. Par ailleurs, il s'agit d'un investissement pour l'avenir, pour les jeunes. Nous devons avoir des équipements attractifs et ce sera le cas avec le RER.


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