16.11.2016, 00:01  

Identités neuchâteloises sous la loupe des universitaires

Abonnés
chargement
«Identités neuchâteloises» est le premier ouvrage sociologique publié par l’Institut neuchâtelois. Une quinzaine d’universitaires ont contribué à ce travail collectif d’une actualité brûlante.

 16.11.2016, 00:01   Identités neuchâteloises sous la loupe des universitaires

SOCIÉTÉ Cahier de l’Institut neuchâtelois consacré à la question migratoire.

Un travail collectif sur un thème d’une brûlante actualité: le 36e cahier de l’Institut neuchâtelois, «Identités neuchâteloises», se penche sur la question migratoire sous les angles historique, démographique, sociologique, culturel et politique. Edité par la maison locloise G d’Encre, il a été présenté hier à La Chaux-de-Fonds.

Le point de départ? Jusqu’à présent, l’Institut neuchâtelois n’a publié aucun ouvrage à...

Un travail collectif sur un thème d’une brûlante actualité: le 36e cahier de l’Institut neuchâtelois, «Identités neuchâteloises», se penche sur la question migratoire sous les angles historique, démographique, sociologique, culturel et politique. Edité par la maison locloise G d’Encre, il a été présenté hier à La Chaux-de-Fonds.

Le point de départ? Jusqu’à présent, l’Institut neuchâtelois n’a publié aucun ouvrage à caractère sociologique. «Nous voulions ouvrir la porte», confie Jacques Ramseyer, coordinateur de la publication. «Très vite, il est apparu que Neuchâtel a été marqué par l’immigration et l’émigration.»

Le professeur Gianni D’Amato, directeur du Forum suisse pour l’étude des migrations et de la population ainsi que du programme de recherche national «On the Move», a été contacté. Celui-ci a réuni autour de lui une quinzaine d’auteurs. Ils sont tous liés à l’Université de Neuchâtel, à l’exception de Céline Maye, responsable du Service cantonal de la cohésion multiculturelle.

Complexité

«Nous montrons dans cet ouvrage la complexité de ce canton. Il montre aussi que ce n’est pas un canton exceptionnel, des réalités locales et le caractère socio-économique des étrangers», relève Gianni D’Amato. «Ce sont des questions très pointues. L’Université de Neuchâtel est à la pointe des recherches sur la migration.»

«Il n’y a peut-être pas‘un’Neuchâtelois», renchérit Francesco Garufo, professeur assistant à l’université. «C’est la question plurielle des approches, des idées aussi. Ce qui nous intéresse, c’est de montrer cette complexité. Des moments forts également de l’histoire neuchâteloise, les questions syndicales, patronales. Neuchâtel a aussi été à la pointe sur le multiculturel. En discuter, c’est en prendre acte.»

L’ouvrage, après deux premières parties historiques et démographiques, se penche donc sur de nombreux aspects sociologiques. Que ce soit la ségrégation sur le marché du travail, l’intégration, la communauté roumaine ou encore le champ politique avec l’évolution du droit de vote et d’éligibilité des étrangers. Il analyse aussi la gestion politique et administrative dans le domaine de l’asile.

Deuxième génération

Quels enseignements peut-on tirer de cette somme de travaux? «La ségrégation des genres est un des aspects à prendre en compte», résume Gianni D’Amato. «L’idée aussi de l’importance de la formation sur le tertiaire et comment tout le monde n’a pas pu en profiter. La thématique de la deuxième génération également. Comment ces gens doivent négocier la question identitaire.»

L’Institut neuchâtelois y voit une occasion de contribuer à une meilleure compréhension de l’ensemble des personnes qui vivent sur le territoire neuchâtelois. Pour Jacques Ramseyer, l’ouvrage permet de «prendre distance en réfléchissant sur ce qu’est un Neuchâtelois».

Alors, c’est quoi? Citant l’archéologue Michel Egloff, Philippe Terrier, président de l’institut répond: «C’est une variété de Cro-Magnon celtisé, teinté de Romain et de Germain christianisés. En tous points, par conséquent, un véritable Européen.»

Une table ronde

Pour la sortie du livre,le Club 44 de La Chaux-de-Fonds organise demain à 20h15 une table ronde sur le thème «Migrations et identités neuchâteloises». Elle réunira les universitaires Gianni D’Amato, Francesco Garufo et Ellen Hertz, qui ont tous travaillé à l’édition du cahier de l’Institut neuchâtelois. «Je suis ravie que le Club 44 puisse permettre le passage d’un travail pointu à la cité, aux gens», relève sa déléguée culturelle Marie-Thérèse Bonadonna.

Illustration, soutien et défense du patrimoine

«L’Institut neuchâtelois est une association privée qui a pour but d’illustrer, de soutenir et de défendre le patrimoine culturel du canton», rappelle son président Philippe Terrier. Il compte environ 500 membres. Tous les deux ans, il publie un cahier. Les derniers ont eu trait à l’affiche neuchâteloiise, les milieux naturels ou encore le théâtre. Il décerne aussi un prix chaque année. «Le principal prix culturel privé dans le canton», rappelle son président. L’Institut neuchâtelois organise aussi des activités pour les lycéens, académiques et professionnels, et pour les jeunes vivant en institution.


Vous avez lu gratuitement
une partie de l'article.

Pour lire la suite :

Profitez de notre offre numérique dès Fr 2.- le 1er mois
et bénéficiez d'un accès complet à tous nos contenus

Je profite de l'offre !
Top