09.03.2017, 00:01  

Gens du voyage suisses accueillis

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L’aire de passage sera ouverte dès le mois de juin de cette année. Ensuite, elle permettra aux groupes de Yéniches de séjourner, un mois maximum, d’avril à octobre, avec au maximum une douzaine de caravanes.

 09.03.2017, 00:01   Gens du voyage suisses accueillis

VAUMARCUS - Une aire de passage sera bientôt mise à disposition des Yéniches.

La très attendue stratégie cantonale sur le transit et le séjour des communautés itinérantes a été présentée hier après-midi à la presse par le gouvernement neuchâtelois.

Cette stratégie fait l’objet d’un rapport d’information au Grand Conseil, que les députés ont reçu immédiatement après la conférence de presse, les médias étant par ailleurs priés de ne rien publier avant 22h (lire...

La très attendue stratégie cantonale sur le transit et le séjour des communautés itinérantes a été présentée hier après-midi à la presse par le gouvernement neuchâtelois.

Cette stratégie fait l’objet d’un rapport d’information au Grand Conseil, que les députés ont reçu immédiatement après la conférence de presse, les médias étant par ailleurs priés de ne rien publier avant 22h (lire l’encadré).

Le plan d’action du canton répond à deux objectifs. D’une part, il s’agit de mettre à la disposition des Yéniches et Manouches/Sinti suisses une aire de passage qui leur permette de s’établir périodiquement dans le canton de Neuchâtel durant la belle saison. C’est le lieu dit «Vers Rive», à Vaumarcus, facile d’accès par l’autoroute et la route cantonale, qui a été retenu. D’autre part, le Conseil d’Etat entend prendre des mesures pour mieux gérer les transits et les activités commerciales des convois itinérants européens.

En proposant la nouvelle aire, qui sera aménagée, le canton répond à une exigence constitutionnelle, rappelle le conseiller d’Etat Laurent Favre. A Neuchâtel, la situation actuelle «n’est pas satisfaisante», souligne le gouvernement. En effet, le séjour des gens du voyage suisses est rendu difficile puisqu’aucune aire officielle n’existe. Quant aux conséquences du transit des gens du voyage européens, «elles s’avèrent souvent problématiques, le cadre relatif à l’occupation de terrains et à leurs activités économiques étant trop souple».

Le Conseil d’Etat entend «garantir le respect des lois et du cadre de vie de la population neuchâteloise». Mais il attend également «qu’une stratégie durable soit mise en œuvre au niveau national».

Le cadre législatif, tant fédéral que cantonal, est inefficace et lacunaire en regard des défis de cohabitation avec le mode de vie nomade.

Ainsi, s’agissant du commerce itinérant, le Conseil d’Etat estimait la législation fédérale «laxiste» et souhaitait son renforcement. Et c’est justement sur proposition neuchâteloise qu’une modification de la loi sur le commerce itinérant a été validée par les Chambres fédérales lors de la session d’hiver 2016. Elle durcit les dispositions d’octroi d’autorisations de pratiquer ce type d’activités.

Les nouvelles dispositions conditionnent l’octroi de l’autorisation à la transmission d’un accord de séjour du propriétaire du terrain sur lequel le requérant est installé. La nouvelle base légale permet également le retrait de l’autorisation lorsque la situation le justifie.

Au niveau cantonal, un examen est en cours afin d’établir une nouvelle législation. Les dispositions évaluées doivent dissuader les installations de convois sur des terrains privés sans l’accord du propriétaire et obtenir rapidement une décision d’ordre d’évacuation. Cas échéant, les forces de l’ordre seraient requises pour mettre en œuvre cette décision.

Par ailleurs, le Conseil d’Etat a fait le constat que le canton ne peut pas, à l’heure actuelle, se passer d’un site permettant le transit des convois européens. L’année 2016, riche en péripéties, l’a clairement démontré. Le site de Pré-Raguel sera dès lors remis à disposition dès le 1er avril 2017. Hormis la taxe de séjour usuelle, une caution sera désormais prélevée à l’arrivée pour chaque caravane et restituée si l’état des lieux est jugé convenable au moment du départ. Cette mesure doit permettre de faire respecter la salubrité des alentours.

A l’instar d’autres cantons, Neuchâtel a rendu la Confédération attentive à la nécessité d’une planification des aires de transit à l’échelle nationale. Les travaux ont ainsi été relancés et un avant-projet de plan d’actions a été présenté au mois de décembre 2016. Dans l’optique d’une planification suprarégionale, le canton de Berne, qui revoit actuellement sa planification pour une aire de transit, a été approché. Les contacts sont donc établis pour mettre en œuvre de manière pérenne une solution coordonnée, voire commune, à l’horizon 2020.

La population a été informée hier soir

Attention, terrain miné! Lors de la conférence de presse, hier après-midi, le conseiller d’Etat Laurent Favre a demandé aux médias de ne pas enregistrer, ni filmer, la séance publique d’information dont le lieu et l’heure sont restés confidentiels jusqu’à la fin de la présentation du rapport aux médias. Il s’agissait d’éviter «tout dérapage médiatique, toute surenchère sensationnaliste ou populiste qui risquerait de faire échouer le projet», a expliqué le conseiller d’Etat.

Sur place, les médias ont néanmoins pu travailler en toute quiétude. Le conseiller d’Etat a présenté le dossier à la population, invitée par un tout ménage.

La cabane forestière était comble. Les citoyens, échaudés par les problèmes causés par l’installation intempestive de gens du voyage européens il y a quelques années, voulaient surtout être rassurés.

Le représentant de la communauté yéniche, Albert Barras, a su le faire avec doigté. Il a expliqué qu’il fallait éviter tout amalgame. «Nous sommes des citoyens suisses, nous payons des impôts et nous faisons notre service militaire et mon véhicule est immatriculé dans le canton de Fribourg.»

Le conseiller communal Olivier Bovey a expliqué que c’est la commune qui avait proposé cet emplacement, car un autre terrain était envisagé, sur la commune de Saint-Aubin, mais à deux pas du village.

Laurent Favre a aussi indiqué que cette aire serait sécurisée avec une barrière verrouillée. D’autre part, elle est une garantie d’éviter l’installation de gens du voyage européens, pour qui, par ailleurs, l’Etat rouvre Pré-Raguel. Les inquiétudes sur le démarchage ont été levées: le règlement interdira aux occupants de la place de frapper aux portes à Vaumarcus. Une citoyenne s’est même «réjouie de pouvoir rencontrer ces compatriotes qui vivent différemment de nous».

contexte

Dès le mois de juin prochain, les gens du voyage suisses disposeront à Vaumarcus d’une nouvelle aire de transit. Quant aux étrangers, ils seront comme jusqu’ici autorisés à s’installer à Pré-Raguel (La Vue-des-Alpes), mais ils seront plus solidement encadrés.


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