13.06.2012, 00:01  

Des études décisives lancées sur la chirurgie stationnaire

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A l'hôpital de La Chaux-de-Fonds. Le projet du Conseil d'Etat n'a pas été adopté définitivement. 
DAVID MARCHON
Par PASCAL HOFER

HOPITAL NEUCHATELOIS - La localisation à La Chaux-de-Fonds toujours pas décidée.

Les nouvelles études portant sur la répartition des activités au sein de l'Hôpital neuchâtelois ont été lancées par le Département cantonal de la santé.

De nouvelles études? Tout n'est donc pas réglé?

Non, pas tout. Au mois d'avril, après des années d'études (déjà), de tergiversations et de tensions en tout genre, une très large majorité du Grand Conseil a donné son feu vert au projet hospitalier du Conseil d'Etat. Le gouvernement avait en effet fait ses choix, sans lesquels les instances dirigeantes de l'Hôpital neuchâtelois pouvaient difficilement aller de l'avant.

Enfin!, se sont donc réjoui de très nombreux acteurs de ce dossier. Il y a cependant un bémol. Ou plutôt, pour rester dans le langage musical, un soupir. Et lorsque la musique reprendra, la donne pourrait être modifiée en profondeur: le projet du Conseil d'Etat prévoit que l'essentiel de la chirurgie stationnaire (celle qui débouche sur un séjour à l'hôpital) soit localisée à La Chaux-de-Fonds. Le parlement cantonal approuve ce choix. Toutefois, estimant que le rapport du gouvernement était incomplet - manque de chiffres en particulier, le Grand Conseil n'a pas encore pris une décision définitive. Le "vrai" feu vert tombera cet automne.

D'ici là, le Conseil d'Etat a pour tâche d'"étudier la faisabilité, les coûts de fonctionnement et l'efficience de l'Hôpital neuchâtelois en ce qui concerne la concentration sur un site de la chirurgie stationnaire à La Chaux-de-Fonds". Etude qui doit être comparée avec une variante envisagée il y a bientôt trois ans: la centralisation à La Chaux-de-Fonds de tout ce qui concerne "l'appareil locomoteur", en particulier l'orthopédie, avec maintien de la chirurgie sur les deux sites.

Où en est-on aujourd'hui? Réponse de la ministre Gisèle Ory: " Le Département de la santé a demandé à l'Hôpital neuchâtelois de lui fournir jusqu'à la mi-juin une photographie de l'état actuel de ses services de chirurgie et d'orthopédie, afin de connaître de manière précise qui travaille en chirurgie et en orthopédie, et quels sont les coûts actuels. Il s'agit également de repérer les interdépendances de manière à cerner les conséquences exactes d'un changement d'organisation. "

Un mandataire à choisir avant les vacances

Puis viendra le temps de l'étude proprement dite. Par qui sera-t-elle menée? La conseillère d'Etat explique: " Le département a rencontré une délégation de la commission santé du Grand Conseil, qui lui a proposé quatre experts: deux bureaux de consulting étrangers et deux experts romands. Nous avons rédigé une proposition de mandat et nous l'avons envoyée à ces quatre experts en leur demandant une offre. Nous espérons un retour ces tout prochains jours. Ces offres seront ensuite examinées par le département et présentées à la commission santé du Grand Conseil. Un mandataire devrait pouvoir être choisi avant les vacances d'été. "

Le dossier, avant d'être transmis au conseil d'administration de l'Hôpital neuchâtelois, est donc toujours dans les mains des autorités politiques. Dont les décisions définitives seront fondamentales, puisque l'organisation et la localisation de la chirurgie, de l'orthopédie et de toutes les autres disciplines opératoires auront des impacts importants sur de nombreux autres services (soins intensifs, imagerie médicale, gynécologie, physiothérapie, stérilisation, unités de jours, etc.).

Activer la rénovation des blocs opératoires

En plus de l'étude demandée au sujet de la chirurgie stationnaire, le Grand Conseil, au mois d'avril, a modifié le projet du gouvernement sur plusieurs points. Parmi ceux-ci, les travaux de rénovation de l'hôpital de La Chaux-de-Fonds et la réflexion à mener sur un site unique de soins aigus.

Pour le site de La Chaux-de-Fonds, les députés ont demandé au Conseil d'Etat de faire en sorte que "les investissements nécessaires soient entrepris immédiatement" . L'opération est aujourd'hui lancée, comme l'explique Gisèle Ory: "Mon département a demandé à l'Hôpital neuchâtelois de lui fournir une liste des travaux à entreprendre et un calendrier de réalisation. L'HNe a entamé ce travail. Une planification est en voie d'établissement. Nous avons en particulier demandé à l'HNe d'activer les travaux de rénovation des blocs opératoires, travaux qui avaient été décidés début 2010 par le précédent conseil d'administration et qui sont maintenant devenus urgents. Le département va suivre la réalisation de ces travaux régulièrement en mettant ce point à l'ordre du jour de chacune de ses rencontres avec l'HNe."

Définir ce que l'on veut

Pour ce qui est du site unique de soins aigus, les députés ont demandé au gouvernement "un crédit d'engagement pour réaliser une étude, dans un délai de trois mois" . Là aussi, la "machine" est lancée, comme le décrit la ministre de la Santé: "Mon département est en train de rédiger un concept d'étude, ce qui est très complexe. Il s'agit tout d'abord de définir ce que l'on veut faire dans cet hôpital unique de soins aigus et quelles seront les prestations qui devront être fournies. Il faut donc examiner chaque service actuel et évaluer les développements possibles. En fonction de cette réflexion, il faut établir un cahier des charges du nouvel hôpital: prestations à fournir, surfaces nécessaires, équipements, etc. Pour gagner du temps, nous avons demandé au canton de Vaud de bien vouloir nous fournir le cahier des charges de l'hôpital de Rennaz et à l'HNe d'examiner ce cahier des charges et de le modifier en fonction de ses propres réflexions."

Rennaz, c'est la petite commune vaudoise située près de Villeneuve qui accueillera le nouvel hôpital Riviera-Chablais des cantons de Vaud et du Valais. A savoir: un hôpital de soins aigus et d'urgences de 300 lits à Rennaz, auquel s'ajouteront deux centres de traitements et de réadapation (CTR), l'un à Vevey, l'autre à Monthey, de chacun 75 lits, avec antenne médicochirurgicale pour le traitement des petites urgences. "Le principe général est de concentrer les soins aigus sur un seul site, les suites de traitement et la réadaptation sur les deux autres sites" , lit-on sur le site internet du futur hôpital de Rennaz.

"Le Conseil d'Etat a pour objectif de remettre un rapport au Grand Conseil et de solliciter un crédit d'engagement dans le courant de l'automne" , conclut Gisèle Ory. PHO


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