28.07.2012, 00:01  

Cuche & Barbezat s'accrochent

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Par PROPOS RECUEILLIS PAR SANTI TEROL

CONSEIL D'ETAT - Le duo d'humoristes pense représenter la majorité silencieuse.

Benjamin Cuche, allez-vous retirer votre candidature avec Jean-Luc Barbezat ou allez-vous faire durer le suspense jusqu'à la date limite du 27 août?

Nous n'avons pris aucune décision car nous ne nous sommes plus revus depuis quelques semaines. Jean-Luc est parti en vacances en Islande et moi en France. Nous avons pris acte de la réponse de la Chancellerie cantonale qui refuse que nous nous présentions à deux pour ce poste de conseiller d'Etat. Mais nous allons discuter sérieusement de la suite à donner à notre démarche dès ces prochains jours.

Cette annonce ressemble à un coup monté. Le programme du théâtre Montreux-Riviera parle depuis le mois de juin de votre spectacle de mars 2013, en évoquant déjà votre candidature au Conseil d'Etat...

Nous avons rédigé ce texte bien avant que Jean Studer n'annonce sa démission. Nous ne pouvions pas le savoir! Puis, je vous rappelle que lors de la dernière Revue, à Neuchâtel, nous évoquions déjà cette hypothèse. A l'époque, cela faisait suite à l'affaire Hainard. Nous disions déjà que n'importe qui peut siéger au Conseil d'Etat dans le canton de Neuchâtel. Pour notre nouveau spectacle, nous avons gardé le thème du pouvoir. On voulait parler des élections, et on le fera lors de notre passage, en avril prochain, au théâtre du Pommier, à Neuchâtel. Car là, on tombera en même temps que les élections pour la nouvelle législature. Quant au contenu proprement dit du spectacle, je ne peux vous en parler puisque nous ne créons les textes que les derniers mois avant la première.

Ce ne serait donc pas une stratégie de votre producteur pour faire mousser vos prochaines représentations?

Mais nous n'avons pas de producteur... (rires). Ce n'est pas cela qui va nous faire remplir les salles. Je vous parle du théâtre du Pommier, pas d'une arène avec des centaines de places à rentabiliser tous les soirs. Nous ne sommes pas dans cette logique, même si, bien entendu, on le fait avec un côté amusé. Non, vraiment, il n'y a aucun lien!

Vous vous êtes tout de même moqués de votre public avec la vidéo instituant une pseudo-primaire entre vous et Jean-Luc Barbezat. Finalement, vous ne vous êtes pas départagés...

Non, nous ne nous sommes moqués de personne. Le comptage des centaines de votes enregistrés sur notre site internet n'était pas représentatif. En fait, en tant que vieux couple, nous avons retiré l'impression que nous sommes "indépartageables". Dans ces conditions, j'ai à coeur de défendre une double candidature au Conseil d'Etat. Car, petit à petit, nous apprenons des choses. Comme par exemple que nous n'avons pas besoin de déplacer nos papiers dans le canton (réd: ils sont domiciliés dans le canton de Vaud) pour être candidats. Après, si nous sommes élus, oui.

Votre nouvel appétit politique s'apparente tout de même un peu à un feuilleton estival.

On aurait pu abandonner tout de suite. Mais les gens qu'on croise dans la rue nous encouragent. Ils nous répètent: "Allez-y!" Même au camping en vacances, les Neuchâtelois que j'ai rencontré nous poussent avec des encouragements. Cela fait écho à la vidéo de la primaire qui a été suivie par des milliers de personnes sur Youtube (réd: plus de 8000 visionnages!).

En fait, vous êtes en train de vous faire dépasser par les événements. Non?

Je ne crois pas que nous nous soyons fait piéger à notre propre jeu. Nous avons constaté jusqu'ici que les gens comptent sur nous. Ils nous disent: "Vous, vous pouvez dire à la classe politique que ce type de succession par une élection tacite n'est pas acceptable" . Maintenant, c'est un rôle que nous devons assumer.

Est-ce comme si le gag avait soudainement trop gagné en importance?

Si l'on continue dans cette démarche, ce sera pour aller au-delà du gag. Mais jusqu'où aller et de quelle manière?, nous nous posons sérieusement la question même si, pour raison de vacances, il est encore trop tôt pour se déterminer. Mais cela ne saurait tarder.

Dans ce contexte, n'avez-vous pas l'impression aujourd'hui de vous faire forcer la main?

Je ne dirais pas cela. Je pense plutôt que l'on se sent investi d'une espèce de devoir civique dès lors que population semble nous plébisciter. Nous avons ouvert notre gueule et les gens veulent qu'on continue! Alors, si nous décidons de maintenir notre candidature, nous nous devrons d'ouvrir le débat. Et nous devrons le faire plus sérieusement que jusqu'à présent pour que cela ait du sens.

LE CONTEXTE

Jean-Luc Barbezat et /ou Benjamin Cuche ont-ils une chance d'accéder au Conseil d'Etat? Sauf tremblement de terre, ni l'un ni l'autre ne succéderont au démissionnaire Jean Studer! Les deux humoristes le savent certainement mieux que quiconque même s'ils ont fait le buzz en annonçant, le 25 juin, leur intention de briguer le siège vacant au gouvernement neuchâtelois. Entretien avec Benjamin Cuche, cueilli au retour de vacances en Avignon .


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