18.04.2012, 00:01  

Attaquée, Gisèle Ory se défend

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Gisèle Ory: "La prise de position du PLR est incompréhensible, et malvenue, puisqu'elle tombe à un moment où nous sommes en train de chercher un consensus." 
CHRISTIAN GALLEY
Par PASCAL HOFER

HOPITAUX - Le PLR demande que l'ensemble du Conseil d'Etat pilote le dossier.

Il y a ceux qui y verront une basse attaque politicienne. Et ceux qui se féliciteront de la démarche du Parti libéral-radical neuchâtelois. Toujours est-il que ce dernier demande que ce soit désormais le Conseil d'Etat dans son ensemble, et non plus Gisèle Ory, qui pilote le dossier hospitalier. Dans un communiqué diffusé hier à 14h, intitulé "Madame Ory, ça suffit!" , le PLR considère que "la cheffe du Département de la santé fait fi des principes élémentaires d'une gouvernance collégiale" .

Le PLR fonde son opinion sur le fait que les résultats d'une étude demandée par la conseillère d'Etat au sujet des coûts d'un éventuel site unique de soins aigus ont "fuité" dans les médias (notre édition de samedi passé). "Des chiffres et des lettres ont été jetés en pâture par la presse, au nez et à la barbe des collègues de Gisèle Ory. Combien d'études encore pour que Mme la cheffe du département obtienne les résultats espérés?"

Au téléphone, Damien Humbert-Droz, président du PLR, va jusqu'à parler de "rupture de la collégialité" : "Les quatre collègues de Gisèle Ory ne savaient apparemment pas qu'elle avait commandé cette étude et encore moins que les résultats lui étaient parvenus. Nous regrettons cette nouvelle démonstration de ce que nous estimons être un entêtement nuisible pour l'avenir du canton. Et à partir du moment où le Département de la santé est responsable de ce qui s'est passé, nous demandons au Conseil d'Etat, dans son ensemble, de prendre les choses en main."

 

"C'est incompréhensible"

 

Autant de propos qui étonnent la première intéressée: "Cette attaque est curieuse, incompréhensible et infondée" , réagit Gisèle Ory. "Pas plus tard que ce mardi à midi, le Conseil d'Etat et des représentants du Grand Conseil ont tenu une séance de travail au sujet du dossier hospitalier. Elle s'est déroulée dans un climat très constructif et sans la moindre attaque à mon égard... La prise de position du PLR est donc incompréhensible, et malvenue, puisqu'elle tombe à un moment où nous sommes en train de chercher un consensus."

Gisèle Ory s'étonne également sur le fond: "Le PLR ne sait-il pas que le dossier hospitalier a été traité par l'ensemble du Conseil d'Etat? Le gouvernement a tenu plusieurs séances spéciales l'automne dernier à ce sujet avant de définir son plan stratégique." La ministre de la Santé conteste également le fait qu'elle aurait tenu ses quatre collègues à l'écart: "J'ai commandé l'étude en question après que des députés m'ont demandé de fournir un certain nombre de chiffres. J'ai reçu la semaine dernière, donc pendant les vacances, des pré-résultats, que j'ai transmis lundi à mes collègues."

La fuite? "Ça n'en est pas vraiment une. Seuls deux chiffres ont été diffusés - d'ailleurs déjà connus - de cette étude non terminée."

Le Conseil d'Etat n'en a pas moins décidé de suspendre l'étude commandée par Gisèle Ory afin, explique-t-elle, "de voir quels chiffres précisément seront demandés par les députés".

Au final, Gisèle Ory fait l'analyse suivante: "Visiblement, quelques membres du PLR veulent affaiblir la position du Conseil d'Etat avant la séance du Grand Conseil de la semaine prochaine."

 

Halte aux fuites

 

Président du Parti socialiste, Baptiste Hurni fait quant à lui part du soutien de son parti "au Conseil d'Etat et plus spécialement à Gisèle Ory. C'est au gouvernement, et à lui seul, de décider si un dossier doit être géré par un ou plusieurs conseillers d'Etat." Il ajoute: "Non seulement il n'y a pas eu rupture de la collégialité, mais Gisèle Ory est victime de ces fuites. Depuis l'affaire Hainard, il y en a sans cesse, et elles minent profondément et durablement le canton. Il faut impérativement que le Conseil d'Etat trouve un moyen d'y mettre un terme, car elles brisent à chaque fois le fonctionnement normal des institutions."

Sur le fond du dossier, tant Damien Humbert-Droz que Baptise Hurni se disent optimistes: "Le groupe de députés est en train de se mettre d'accord."


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