17.07.2017, 18:58  

Alphonse de Lamartine: "Ces habitants du Jura ressemblent aux muézimes"

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Lamartine a évoqué les Montagnes neuchâteloises.

Littérature - A la suite d’un voyage dans le canton de Neuchâtel en 1812, l'homme politique et écrivain romantique, Alphonse de Lamartine évoque les Montagnes.

Du 18e à l’aube du 21e siècle, de nombreux écrivains ont évoqué le Pays de Neuchâtel. Professeur honoraire à l’Université de Neuchâtel, Philippe Terrier leur a consacré un ouvrage, dont une édition enrichie a été dévoilée ce printemps.

Homme politique, écrivain romantique, Alphonse de Lamartine (1790-1869) fait partie de ces auteurs inspirés par la région. Il l’a décrite, ainsi que certains de ses habitants, dans plusieurs livres, notamment les «Nouvelles confidences».

Lamartine est venu deux fois au Pays de...

Du 18e à l’aube du 21e siècle, de nombreux écrivains ont évoqué le Pays de Neuchâtel. Professeur honoraire à l’Université de Neuchâtel, Philippe Terrier leur a consacré un ouvrage, dont une édition enrichie a été dévoilée ce printemps.

Homme politique, écrivain romantique, Alphonse de Lamartine (1790-1869) fait partie de ces auteurs inspirés par la région. Il l’a décrite, ainsi que certains de ses habitants, dans plusieurs livres, notamment les «Nouvelles confidences».

Lamartine est venu deux fois au Pays de Neuchâtel. De son premier séjour, en 1812, on ignore tout. Son deuxième passage, par contre, est documenté par les propres mémoires de l’écrivain. Le poète en herbe fuit son pays pour ne pas devoir servir Napoléon au moment des Cent-Jours en 1815. Il rencontre notamment un mystérieux abbé Lafond, censé mener les partisans du roi Louis  XVIII à La Chaux-de-Fonds. L’entretien tourne court.

"Avertir les hommes d’en bas de la fuite inaperçue du temps"

L’auteur ne s’en intéresse pas moins aux fermes des paysans horlogers autour de la ville. On peut lire dans «Cours familiers de littérature»: «On sait que de Besançon, de Saint-Claude, de Morez, au Locle et à La Chaux-de-Fonds, jusqu’aux plateaux de Saint-Fergues (sic) qui dominent le bassin de Genève, presque tous les chalets isolés, bâtis au milieu des pâturages, cachent un atelier domestique d’horlogerie! Chose étrange! Ces solitaires, pour qui les heures ne marquent que le retour périodique des mêmes saisons et l’immobilité du temps sur le cadran de leurs occupations toujours les mêmes, sonnent par tout l’univers les heures agitées de la vie des villes. Ces habitants du Jura ressemblent aux muézimes (sic, pour muezzins) des cités de l’Orient, qui se tiennent sur les hauteurs de l’atmosphère, au sommet des minarets, pour chanter l’heure et pour avertir les hommes d’en bas de la fuite inaperçue du temps, qui glisse entre les doigts de l’homme comme l’eau.»

Lamartine redescend ensuite à Neuchâtel, puis à Vincy au-dessus de Rolle. «De là gagne le village savoyard de Narnier, en face de Nyon», écrit Philippe Terrier. «Où l’on sait qu’il se trouve le 18 juin 1815, jour de la défaite de Napoléon à Waterloo.»

Pourquoi lire Lamartine?

Aujourd’hui, Lamartine fait encore partie des incontournables de la littérature française du 19e siècle. Les impressions de Sandrine Zaslawsky de la Bibliothèque de la Ville de La Chaux-de-Fonds.

Pourquoi faut-il lire Lamartine?

Parce qu’il est un des grands poètes romantiques français.

Quel livre de Lamartine faut-il lire?

Ses œuvres poétiques. «Le lac» par exemple. Le poète y évoque le lac du Bourget qu’il a visité autrefois avec sa bien-aimée, depuis décédée. Ce poème a rencontré un grand succès et rendu Lamartine célèbre.

Quelle place occupe le livre les «Nouvelles confidences» dans son œuvre?

Une place marginale. Il s’agit de souvenirs et de récits de voyage. Lamartine est connu avant tout comme poète et comme homme politique, c’est d’ailleurs pour des raisons politiques que Lamartine est venu à La Chaux-de-Fonds.

Mais ce sont uniquement ses œuvres poétiques qui ont été éditées dans la prestigieuse collection de La Pléiade. Les «Nouvelles confidences» ont toutefois été rééditées en 2007. L’édition dont dispose la bibliothèque date de 1856 et n’a jamais été empruntée depuis 2010!


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