07.10.2017, 00:13

La fronde s’organise contre Theresa May

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Mercredi, Theresa May a été interrompue dans son discours  par un comédien qui lui a remis un faux avis de licenciement.

 07.10.2017, 00:13 La fronde s’organise contre Theresa May

Par FLORENTIN COLLOMP - le figaro

Mayday! Mayday! Theresa May tousse, et c’est le Parti conservateur qui s’enrhume. Après la prestation désastreuse de la première ministre en clôture du congrès tory, mercredi, à Manchester, une rébellion est lancée pour la pousser dehors.

Lors de ce rassemblement annuel des militants, elle devait à tout prix réaffirmer son autorité sur un parti en proie aux divisions...

Mayday! Mayday! Theresa May tousse, et c’est le Parti conservateur qui s’enrhume. Après la prestation désastreuse de la première ministre en clôture du congrès tory, mercredi, à Manchester, une rébellion est lancée pour la pousser dehors.

Lors de ce rassemblement annuel des militants, elle devait à tout prix réaffirmer son autorité sur un parti en proie aux divisions sur le Brexit et aux rivalités internes. Mais son discours de clôture a viré à la catastrophe. Une méchante toux et la menace d’une extinction de voix ont transformé la grand-messe en un calvaire. De plus, la première ministre a été ridiculisée par le canular d’un comédien qui a réussi à l’interrompre pour lui remettre un faux avis de licenciement «de la part de Boris» Johnson, le ministre des Affaires étrangères qui convoite son poste à Downing Street.

Pour couronner le tout, les lettres du slogan «Construire une Grande-Bretagne qui fonctionne pour tous» affiché derrière elle ont commencé à se détacher les unes après les autres à la fin du speech.

La convaincre à renoncer

Si le fond a été éclipsé par ces incidents en série, il n’était de toute façon pas de nature à remettre de l’ordre dans un parti au pouvoir en pleine crise depuis son recul aux législatives anticipées convoquées par sa chef en juin. Déjà affaiblie, la première ministre a donné l’image d’un leader sur les rotules.

Les rebelles ne prennent même plus la peine de se cacher. «On ne peut pas continuer comme ça. Je pense qu’il est temps de gérer cette question du leadership et de nombreux collègues sont de mon avis», affirme Grant Shapps, ex-président du Parti conservateur et ancien ministre. Il prétend être à la tête d’une trentaine de députés tories qui souhaitent renverser Theresa May. Selon les statuts du parti, 48 noms sont nécessaires pour déclencher un vote de défiance au Parlement. Mais les comploteurs souhaitent user d’une méthode «douce» pour convaincre directement la première ministre de renoncer.

Des poids lourds du gouvernement, dont la ministre de l’Intérieur Amber Rudd, pourtant citée comme une remplaçante potentielle de May, et celui de l’Environnement Michael Gove, son ancien rival dans la course à Downing Street, sont venus à sa rescousse pour lui réaffirmer leur soutien.

Beaucoup critiquent les manigances intéressées de Grant Shapps. Quant à Theresa May, elle s’est expliquée hier: «Ce dont le pays a besoin, c’est d’un leadership calme et c’est ce que j’apporte, avec le plein soutien de mon gouvernement.» Elle devrait sauver sa peau pour l’instant. Mais la manœuvre de déstabilisation est lancée. FLORENTIN COLLOMP - le figaro


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