07.12.2017, 01:06

Donald Trump reconnaît Jérusalem

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Donald Trump a officiellement proclamé hier que les Etats-Unis reconnaissent Jérusalem comme la capitale d’Israël.

 07.12.2017, 01:06 Donald Trump reconnaît Jérusalem

Par Philippe Gélie

PROCHE-ORIENT Le président américain a reconnu hier Jérusalem comme capitale de l’Etat hébreu et annoncé le transfert de l’ambassade.

Donald Trump a officiellement proclamé, hier, que les Etats-Unis reconnaissent Jérusalem comme la capitale d’Israël: «J’ai déterminé que c’était dans l’intérêt des Etats-Unis et de la poursuite de la paix entre Israël et les Palestiniens», a-t-il dit lors d’une déclaration solennelle dans le salon diplomatique de la Maison-Blanche.

Le président américain ne s’est pas entièrement aligné sur la position...

Donald Trump a officiellement proclamé, hier, que les Etats-Unis reconnaissent Jérusalem comme la capitale d’Israël: «J’ai déterminé que c’était dans l’intérêt des Etats-Unis et de la poursuite de la paix entre Israël et les Palestiniens», a-t-il dit lors d’une déclaration solennelle dans le salon diplomatique de la Maison-Blanche.

Le président américain ne s’est pas entièrement aligné sur la position israélienne en évitant de qualifier Jérusalem de «capitale unifiée», comme l’affirme la loi d’annexion votée par la Knesset en 1980. Il a cependant fait un éloge appuyé de la démocratie israélienne, à laquelle la communauté internationale «a refusé quelque capitale que ce soit. Aujourd’hui, nous reconnaissons simplement l’évidence», a-t-il dit. En guise de justification diplomatique, il a affirmé: «C’est une simple admission de la réalité. La reconnaissance de ce fait est une condition nécessaire pour atteindre la paix.»

Prévenu des risques de violences et de déstabilisation régionale, Trump a appelé «au calme, à la modération et aux voix de la tolérance». Ayant écarté les objections de ses ministres de la Défense et des Affaires étrangères, il a reconnu qu’il y aurait «bien sûr des désaccords et des dissensions». Mais il a assuré que son geste «ne déviait en rien de l’engagement américain en faveur du processus de paix» ou ne valait «prise de position sur les questions du statut final». Washington continue à soutenir une solution à deux Etats, «si c’est la décision des parties».

Transfert sur des années

Donald Trump a ordonné au département d’Etat de commencer les préparatifs en vue du transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. Une décision justifiée par sa promesse de campagne – à l’instar de plusieurs de ses prédécesseurs, qui ont selon lui «manqué de courage». Il s’abrite aussi derrière «le soutien bipartisan au Congrès», où une loi avait été adoptée à une large majorité en 1995 – et a été réaffirmée par un Sénat unanime il y a six mois.

Ce consensus semble plus fragile aujourd’hui, mais les élus pris à leur propre jeu gardent le silence. Un «robuste plan de sécurité» a dû être actionné «pour protéger nos ressortissants et nos ambassades au Moyen-Orient», admet le département d’Etat. La loi de 1995 ordonne le transfert de l’ambassade sous peine d’une réduction de moitié des fonds destinés à l’entretien et à la sécurité des représentations américaines dans le monde. Une dérogation permet cependant de s’y soustraire au nom de la sécurité nationale, levier actionné chaque semestre par les locataires de la Maison-Blanche depuis vingt-deux ans. Donald Trump a fait de même hier pour la deuxième fois, et il continuera d’utiliser cette «dispense» jusqu’à la fin de son mandat. Le transfert effectif de l’ambassade doit s’étaler sur «trois ou quatre ans», préviennent ses conseillers. La nécessité d’accommoder un millier d’employés et les contraintes de sécurité «excluent de simplement poser une plaque marquée ambassade» sur le Consulat général à Jérusalem.

Désamorcer les conséquences

Le champion de «l’Amérique d’abord» peine à décrire les avantages du virage à 180 degrés qu’il impose à la diplomatie proche-orientale des Etats-Unis. Comme il l’avait fait en dénonçant l’accord nucléaire avec l’Iran, il s’emploie plutôt à désamorcer les conséquences concrètes de son geste, cherchant à en tirer un bénéfice intérieur tout en évitant les désagréments d’une réaction internationale négative. Il réjouit l’électorat évangélique avec son parti pris pro-israélien – assorti d’une méfiance affichée envers les musulmans, cibles d’une politique de visas restrictive. Mais son geste «n’affecte pas les questions qui restent à négocier», affirme un membre du Conseil de sécurité nationale. «Nous reconnaissons que les limites géographiques (de la «capitale» d’Israël) sont sujettes à discussions. Et nous ne touchons pas au statu quo sur les lieux saints. Nous laissons un espace aux Palestiniens pour avancer.»

L’entourage du président minimise également les mises en garde que lui ont adressées, ces derniers jours, les dirigeants arabes et européens, y compris Emmanuel Macron. «Tous ceux à qui nous avons parlé veulent rester impliqués dans le processus de paix», assurent ses conseillers. «Nous n’attendons pas de rupture de la part d’une des parties ou d’un des facilitateurs.»

Pour les experts Dennis Ross et David Makovsky, de l’Institut du Moyen-Orient à Washington, si le président voulait vraiment atteindre «le deal par excellence» qu’il convoite, il devait choisir ses paroles avec soin: «Aucun sujet ne met davantage les dirigeants arabes sur la défensive que Jérusalem. On ne peut préempter les négociations en adoptant la position d’Israël sur la ville.»

Mais Donald Trump poursuit peut-être un autre but: «Ce serait un pas positif s’il amenait les Palestiniens à comprendre qu’ils doivent être beaucoup plus réalistes à l’égard de ce qu’ils peuvent attendre d’un accord de paix», estime, dans «The Hill», James Phillips, de la Heritage Foundation, un think-tank conservateur très influent auprès de l’Administration. Le Figaro


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