17.06.2015, 00:01  

Athènes attaque le Fonds monétaire

chargement

DETTE - En même temps, Alexis Tsipras prêt à faire des gestes vers les créanciers.

Le premier ministre grec, Alexis Tsipras, a dénoncé, hier, la "responsabilité criminelle" du Fonds monétaire international (FMI) dans la situation du pays. "Le moment est venu pour que les propositions du FMI soient jugées non seulement par nous, mais surtout par l'Europe, car l'Europe doit discuter non seulement pour la Grèce, mais aussi pour l'avenir de la zone euro", a-t-il lancé devant le groupe parlementaire de son parti, Syriza (gauche radicale).

Deux jours après l'échec des discussions entre Athènes et ses créanciers, Alexis Tsipras a également dénoncé "l'insistance" de la troïka (FMI, Commission européenne et Banque centrale européenne, BCE) " à poursuivre un programme qui a clairement échoué ".

Cette attitude "ne peut pas relever de l'erreur ou du zèle excessif. Le plus probable est qu'elle est au service d'une motivation politique. Elle semble vouloir envoyer le message à la Grèce et aux peuples européens qu'un mandat populaire ne peut pas changer les choses", a-t-il ajouté.

Et d'accuser les "institutions" de vouloir "sans doute faire une démonstration de force destinée à tuer toute tentative de mettre fin à l'austérité".

Pour les créanciers et surtout pour le FMI, de nouvelles baisses dans les retraites sont nécessaires. Mais le gouvernement Tsipras rejette catégoriquement cette proposition, estimant que l'augmentation des recettes publiques sera effectuée via la lutte contre l'évasion fiscale et le durcissement des lois contre les fraudeurs.

Recherche d'appuis

Plus tôt dans la journée, Alexis Tsipras avait reçu successivement Stavros Theodorakis, leader du petit parti To Potami (centre-gauche), la présidente du Pasok (socialiste), Fofi Gennimata, et Dora Bakoyannis, numéro deux du principal parti d'opposition, la Nouvelle Démocratie (ND, droite).

Les deux femmes, issues de la précédente coalition ND-Pasok, ont surtout appelé le gouvernement à tout faire pour éviter une rupture des négociations pouvant aboutir à une sortie de l'euro.

Stavros Theodorakis, pour sa part, a relancé l'espoir d'une reprise des discussions. Il a assuré qu'Alexis Tsipras lui a confié être prêt à faire "deux ou trois gestes" vis-à-vis des créanciers, et "espère" que les créanciers "pourront faire certains pas en arrière".

Réunion de l'Eurogroupe demain

Selon un spécialiste du dossier, Athènes n'a plus les moyens de payer ce mois-ci à la fois les salaires et les retraites - paiements considérés comme primordiaux par le gouvernement - et les 1,5 milliard d'euros qu'il doit au FMI le 30.

Dans ce contexte, la réunion des ministres des Finances de la zone euro, prévue demain à Bruxelles, pourrait être celle de la dernière chance pour donner à Athènes les 7,2 milliards d'euros de prêts qu'ils attendent depuis août. ATS


  Vous devez être identifié pour consulter cet article

Top